Mission Olivennes sur le P2P : l'UFC-Que Choisir confie 7 propositions

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 14 Novembre 2007 à 19h53 - posté dans Peer-to-Peer

Les conclusions de Denis Olivennes sur la lutte contre le piratage sur Internet devaient être communiquées début novembre. C'est repoussé à décembre au plus tôt. Devant la complexité du problème, l'UFC-Que Choisir a présenté aujourd'hui les solutions qu'elle préconisait. Sans surprise, elles se concentrent sur l'offre et non sur la répression.

Selon toutes vraisemblances, le rapport de Denis Olivennes remis à la ministre de la Culture ne devrait pas préconiser une chasse généralisée au P2Piste, faute de possibilité juridique, technique et économique de mettre en place des radars sur toutes les connexions à Internet. Elle ne devrait pas non plus, comme le suggère follement le SNEP, proposer un filtrage obligatoire chez l'internaute lui-même, ou le blocage des protocoles d'échange les plus utilisés. En revanche, elle devrait proposer un système d'envoi d'e-mails aux internautes pris en flagrant délit de piratage par un organisme public, et la suspension de l'abonnement à Internet pour l'internaute multi-récidiviste.

Pour l'UFC-Que Choisir, une telle politique de "riposte graduée" serait inefficace. L'association fait voler en éclats les propos de Denis Olivennes, qui avait osé parler de consensus dans la presse autour de cette idée. "La répression gratuite doit être abandonnée car elle est vouée à l'échec", a fusillé Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs. Selon lui, la menace judiciaire est sans conséquence chez l'internaute qui ne se laisse pas dissuader. De plus, "il existe des obstacles majeurs" a précisé Audray Bailleux, du service juridique de l'UFC-Que Choisir. Sauf à marcher totalement sur le respect de la vie privée et considérer comme l'ont fait certains tribunaux qu'une adresse IP n'est pas une donnée nominative (ce qui est une interprétation contraire au droit européen), les procédés de chasse à l'internaute ne pourraient se faire que sous l'oeil vigilant de la CNIL.

L'Association a rappelé que la répression n'avait jamais marché, et qu'elle était inutile. Plutôt que dépenser énergie et ressources dans la répression, l'UFC suggère de les dépenser dans une offre qui rencontre réellement la demande, et la dynamise. Il ne s'agit pas de prôner la gratuité, car il y a bien un consentement à payer chez l'internaute, mais simplement de réajuster notamment les prix pour qu'ils correspondent mieux à ce qu'attendent les internautes. Parmi les propositions de l'UFC figure ainsi celle, surprenante, de la création d'un régulateur pour fixer les prix de la musique en ligne. L'Association constate en effet que les 4 majors, qui se partagent 85 % du marché, restent butées sur un tarif d'environ 0,80 euros par titre, ce qui ne laisse aucune marge de manoeuvre aux revendeurs pour dynamiser leur offre.

Par ailleurs, parmi les autres propositions clés de l'Association, figure l'interdiction des exclusivités, à l'image de celle signée avec Warner par Orange pour le dernier album de Madonna, ou avec France Télévisions pour le service de Rewind TV. Face au piratage, ces exclusivités ne sont de toute façon que virtuelles, et appauvrissent l'offre légale. On notera aussi la proposition faite d'indiquer clairement la répartition des revenus des différents ayant droits, ce qui pourrait bien au contraire freiner la consommation si les majors continuent à ne proposer que des contrats à moins de 10 % de royalties à leurs artistes...

Les sept propositions de l'UFC pour lutter contre le piratage sont, en bref : (via Silicon.fr)

  1. Abandonner la voie répressive
  2. Eviter les solutions de filtrage technique
  3. Réguler les prix du marché pour le rendre plus concurrentiel
  4. Diversifier l'offre et l'exploitation des catalogues
  5. Ne pas réitérer les accords d'exclusivité, source potentielle de piratage
  6. Ne plus utiliser de DRM (verrous techniques)
  7. Favoriser la transparence, par exemple indiquer la part revenant à un artiste dans un achat
Publié par Guillaume Champeau, le 14 Novembre 2007 à 19h53
 
 
10
Commentaires à propos de «Mission Olivennes sur le P2P : l'UFC-Que Choisir confie 7 propositions»
 
Couper la connexion internet pour les p2pistes ? :shifty: Donc comme ça plus de téléphone de courrier électronique, plus d' achat par internet possible ect... :Hein:
Dommage que cette mission ne porte pas le nom "Bazot"...
Ces propositions sont très intelligente, seulement elles sont inaccpetables vis-à-vis du système de penser stupide et primitif des majors.

Pour les majors => Perdre fric = Pas bien, Gagner fric = Bien.
Impossible de voir sur le long terme en prenant en compte l'esprit humain, pour eux, ça demande trop de ressources.

Voilà comment je vois les choses pour l'avenir :

Abandonner la voie répressive => Jamais ils le feront. Le pirate est vilain, car il fait perdre de l'argent en faisant pas ce qu'on lui dit. C'est un mouton hors de l'enclot, il doit être sanctionné.

Eviter les solutions de filtrage technique => Pas génial, car ça permettrait d'espionner le consommateur donc d'optimiser la publicité, donc gagner du fric, donc bien.

Réguler les prix du marché pour le rendre plus concurrentiel => Tu rêves là ?
Favoriser la concurrence ??? On est pas dans le capitalisme ici ! On est en dictature économique. Moins il y a de concurrence et mieux c'est.

Diversifier l’offre et l’exploitation des catalogues => Mouais, peut passer.

Ne pas réitérer les accords d’exclusivité, source potentielle de piratage => Accord d'exclu = Fric = Bien => Jamais ils ne le feront.

Ne plus utiliser de DRM (verrous techniques) => Inenvisageable au début, mais les balles dans le pied qu'ils se sont tirés commence à leur apprendre les bonnes manières.

Favoriser la transparence, par exemple indiquer la part revenant à un artiste dans un achat => :mdr: :ptdr:

PS : Fais attention Kad :
Selon lui, la menace judiciaire est sans conséquence chez l'internaute qui ne se laisse pas dissuadér.
le dernier point qui consiste à informer combien récupère l'artiste est vraiment très bien vu. je fais parti de ceux quoi ont des regrets à prendre des fichiers sur le p2p. le fait qu'on me dise qu'un artiste va toucher X euros sur ce que je donne me mettrait davantage en confiance et me ramenerai (du moins plus fréquement) vers la vente légale de disque (sans drm of course)
J'imagine bien le truc tient, de plus en plus de personnes partagent des connexions wi-fi. Admettons 5 voisins dans un petit immeuble, il suffit qu'un seul déconne et les 5 sont privés d'internet et ne pourront plus acheter en ligne, sur fnac.com par exemple.....

après tout , si ils ont envie de se tirer une balle dans le pied.....
live, le 01/01/1970 - 01:00
le dernier point qui consiste à informer combien récupère l'artiste est vraiment très bien vu. je fais parti de ceux quoi ont des regrets à prendre des fichiers sur le p2p. le fait qu'on me dise qu'un artiste va toucher X euros sur ce que je donne me mettrait davantage en confiance et me ramenerai (du moins plus fréquement) vers la vente légale de disque (sans drm of course)
1% de 0,8€, ça fait combien ? :biggrinthumb:
Sauf à marcher totalement sur le respect de la vie privée et considérer comme l'ont fait certains tribunaux qu'une adresse IP n'est pas une donnée nominative (ce qui est une interprétation contraire au droit européen)
Certains tribunaux français ont jugé qu'une adresse IP n'est pas une donnée nominative et c'est contraire au droit européen, c'est ça ?
Ou il faut comprendre l'inverse, ces tribunaux ont considéré que c'était une donnée nominative alors que le droit européen dit que non ?

Merci d'avance de me préciser cela car j'ai peur de mal comprendre la phrase.
live, le 01/01/1970 - 01:00
le dernier point qui consiste à informer combien récupère l'artiste est vraiment très bien vu. je fais parti de ceux quoi ont des regrets à prendre des fichiers sur le p2p. le fait qu'on me dise qu'un artiste va toucher X euros sur ce que je donne me mettrait davantage en confiance et me ramenerai (du moins plus fréquement) vers la vente légale de disque (sans drm of course)
Ou alors ça te dégoûterait définitivement d'acheter quoi que ce soit. :indifferent:

@Chappy : cetains tribunaux français ont considéré qu'une adresse IP n'est pas une donnée nominative, sous prétexte qu'une adresse IP ne donne pas l'identité de la personne qui utilisait l'ordinateur à ce moment là. L'Europe est partie dans l'autre sens, ce qui est à mon avis logique, sachant que lorsqu'on utilise une adresse IP lors d'un procès, c'est pour taper sur le titulaire de l'abonnement et non sur la personne qui utilisait effectivement l'ordinateur à ce moment là (pour simplifier hein, il n'y a pas forcément qu'un seul ordinateur derrière une IP publique).
Actaruss, le 01/01/1970 - 01:00
live, le 01/01/1970 - 01:00
le dernier point qui consiste à informer combien récupère l'artiste est vraiment très bien vu. je fais parti de ceux quoi ont des regrets à prendre des fichiers sur le p2p. le fait qu'on me dise qu'un artiste va toucher X euros sur ce que je donne me mettrait davantage en confiance et me ramenerai (du moins plus fréquement) vers la vente légale de disque (sans drm of course)
1% de 0,8€, ça fait combien ? :biggrinthumb:
oui malheureusement ce n'est pas suffisant... :shifty:
*** En revanche, elle devrait proposer un système d'envoi d'e-mails aux internautes pris en flagrant délit de piratage par un organisme public, et la suspension de l'abonnement à Internet pour l'internaute multi-récidiviste.***

CLUB - INTERNET fonctionne déja comme cela en transmettant les messages des tiers BSA etc...
Le problème c'est qu'aucun des fichiers que l'on m'a repproché de mettre partage, n'a jamais été présent sur mon disque dur.
J'ai d'ailleurs toujours répondu à CLUB-INTERNET que je m'étonnais qu'ils se laissent manipuler par ces organisations
Donc on peut légitiment être très inquiet, car en cas de mise en cause, quelle est la preuve qui fait foi.
La bonne foi d'un utilisateur d'Emule ne vaut pas bien chère façe à un Mail du BSA.
D'ailleurs le simple fait d'utiliser Emule est suspect, il suffit de constater le filtrage organiser par tous les FAI sur EMule.
Je pense même que ceux qui utilisent Emule à titre professionnel (Ratiatum et et autres utilisateurs...) devraient se regrouper pour déposer une plainte auprès des FAI pour entrave et manquement à leur obligation de bande passante.

Enfin dans une société idéale :bienvu:
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