Sarkozy amorce la chasse aux pirates avec le président de la Fnac
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 26 Juillet 2007 à 10h50 -
posté dans Société 2.0
"Tout ce que j'ai dit avant les élections, je le ferai après". La formule de Nicolas Sarkozy est bien connue, et s'appliquera aussi au téléchargement illégal de musiques et de films sur Internet. Le gouvernement a annoncé mercredi la mise en place d'une commission chargée d'étudier les moyens de renforcer la lutte contre le téléchargement illégal, dont la composition risque de soulever quelques interrogations...
"Je serai donc vigilant dans ce domaine, il faut que chacun prenne sa part dans la lutte pour la protection des droits. Vous pourrez compter sur moi", avait déjà prévenu Nicolas Sarkozy dans une allocution aux professionnels du cinéma, à Cannes. Quelques semaines plus tard, ses conseillers recevaient à L'Elysée les représentants de l'industrie du disque. Totalement opposé à la licence globale qu'il voit comme la manifestation d'un "jeunisme", Sarkozy était venu au secours de l'industrie culturelle lorsque Renaud Donnedieu de Vabres avait échoué à faire obstacle à la proposition socialiste. Depuis, il rêve de redonner aux Martin Bouygues (TF1) et autres Jean-Bernard Levy (Vivendi) l'oligopole sur la diffusion des oeuvres dont ils ont jouit à la fin du 20ème siècle. Une distribution limitée est une information contrôlée. Ainsi la commission devra étudier trois pistes, rapportées par Reuters :
C'est très probablement le retour au système de riposte gradué pourtant censuré une première fois par le conseil constitutionnel. Le gouvernement souhaite que les internautes reçoivent d'abord un message envoyé par le fournisseur d'accès, avant que celui-ci ne coupe totalement l'accès du délinquant. Sans autre forme de procès. Christine Albanel, la nouvelle ministre de la Culture, a déjà fait savoir son intérêt pour cette proposition. On sait que l'UMP est aussi favorable à une obligation de filtrage qui pèserait sur les fournisseurs d'accès à Internet. Pour siéger à cette commission, le gouvernement devrait choisir des personnalités reconnues pour leur neutralité et leur vision progressiste. Denis Olivennes, le PDG de la Fnac, auteur d'un livre selon lequel "La gratuité c'est le vol" et dirigeant de la plate-forme de musique en ligne FnacMusic, est ainsi déjà assuré d'avoir sa place. Ne fallait-il pas d'abord mettre en place une commission sur l'opportunité de créer cette commission ? Cela fait déjà plus de dix ans, avec l'adoption des traités sur la protection des DRM à l'OMPI en 1996, que l'on cherche à lutter juridiquement et judiciairement contre le piratage numérique. Jamais sans le moindre effet, puisque la prise de pouvoir des citoyens sur la distribution des oeuvres est inscrite dans le sens de l'histoire et qu'aucune loi, aussi répressive soit-elle, ne peut se dresser comme un caillou au milieu d'un torrent. Nicolas Sarkozy, adepte de la culture du résultat et du "tout est possible", pense sans doute qu'il peut faire plier ces félons d'internautes là où tous les pays du monde ont échoué. Sauf à entrer en dictature, la France échouera aussi. Et n'oublions par la désormais traditionnelle piqûre de rappel : à lire aussi
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Commentaires à propos de «Sarkozy amorce la chasse aux pirates avec le président de la Fnac»
'Amon, le 01/01/1970 - 01:00 Mais pour savoir si un fichier correspond lui-même à un autre, ils doivent alors eux-même le télécharger et entrer dans leur illégalité, non ?'Neuro', le 01/01/1970 - 01:00 Les FAI refusent de sanctionner directement les internautes
un quote de la page 2 de cet article : http://www.zdnet.fr/...ites/internet/0,...371683-1,00.htm Si un ayant droit transmet à un FAI l'adresse IP d'un internaute soupçonné de contrefaçon, celui-ci pourra l'identifier, et lui adresser un courrier d'avertissement, poursuit-il. « Mais jamais nous ne fournirons automatiquement l'identité du client à l'ayant droit », prévient de Martino. « Sur ce point, nous sommes fermes : nous ne fournissons ces données qu'à des officiers de police judiciaire, mandatés par un tribunal. » Sur le second volet envisagé, qui impliquerait des sanctions au niveau de l'abonnement du pirate (réduction de débit, résiliation...), l'AFA oppose déjà une fin de non-recevoir : « Un FAI ne subit pas de préjudice direct à cause du piratage, donc nous ne pouvons pas prendre de mesures contre un de nos clients. Ce serait illégal, de même qu'imposer une sanction qui n'a pas été réclamée et validée par un juge. » Oh my god! On va pouvoir télécharger encore longtemps! J'imagine mal un juge s'encombrer de dossiers de piratages... 'muscardin', le 01/01/1970 - 01:00 'Amon, le 01/01/1970 - 01:00 Mais pour savoir si un fichier correspond lui-même à un autre, ils doivent alors eux-même le télécharger et entrer dans leur illégalité, non ?tout à fait, ils le font bien chez les stups donc....
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90% de ce qui se trimballe sur les reseaux P2P est plus assimilable a du commerce qu'a de la culture. ce que vous 'decouvrez' sur les reseaux p2p, c'est les meme artistes qui sont promotionnés en TV ! ce que vous telechargez sur le P2P, c'est les series a la con made in USA que nous passent les TV en boucle et en serie ...
Evidemment que le P2P tue un modèle économique et non la culture.