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Wat the fuck ? Chope ton deal de 9 % brut chez EMI

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 09 Mai 2007 à 19h29 - posté dans High-Tech

Depuis le 7 mai et jusqu'au 17 juin 2007, WAT.tv (filiale de TF1) et la maison de disques EMI organisent un grand radio-crochet avec quatre contrats chez EMI à la clé. Mais attention aux conditions contractuelles...



Le langage tout droit sorti des spécialistes de la communication frise le ridicule, autant que le nom de l'opération : WAT the fuck. "C'est quoi ce bordel ?", c'est pourtant le nom de l'opération très sérieuse de découverte de talents lancée par WAT, la filiale web 2.0 de TF1, et la maison de disques EMI. Les deux partenaires, qui ont multiplié les initiatives communes autour de WAT depuis le lancement de la plate-forme, donnent vie au projet de simili-Star Academy dont nous avions parlé il y a plusieurs semaines (Olivier Abecassis, si vous lisez ces lignes, il ne sert à rien de s'énerver - encore - de la comparaison).

Lancée à grand renfort de newsletter la semaine dernière, WAT the fuck vise à faire émerger de nouveaux talents de la musique sur Internet, quelque soit leur genre musical. Avec à la clé 4 contrats chez EMI, la maison de disques britannique.

Mais il ne suffit pas d'être talentueux dans la musique ou le chant. Il faut aussi (surtout ?) avoir un grand talent de networker pour fédérer autour de soi une communauté, et donc faire économiser des frais de marketing. La leçon Kamini a bien été apprise. "Crée ta page, tu mets un max de sons et d'images, ensuite tu rameutes tes potes, ta famille, tes voisins, tes exs, tu les fais tous voter pour toi. Il faut que tu deviennes incontournable sur le web via ta page WAT et tu prouveras au jury professionnel que c'est toi qui mérites d'être l'artiste WAT the fuck", peut-on entendre dans la vidéo de présentation :



9 % de droits d'auteurs pour le gagnant, hors abattements

D'après les informations présentées dans le règlement du jeu, "Le contrat d'enregistrement exclusif qui sera proposé au gagnant prévoit [...] une redevance égale au minimum à 9% du Prix de Gros Hors Taxes (base BIEM avec abattements usuels)". Les abattement sur base BIEM peuvent faire baisser la redevance réellement perçue de 10 à 20 %, voire plus, pour des motifs plus ou moins obscurs de frais pour pochette ou de rabais clients, par exemple. Au final, sur un album issu de "Wat the fuck" que le public paiera 16 euros TTC, l'internaute vainqueur du contrat avec EMI gagnera autour de 1,10 euros par CD vendu. "Seul le contrat d'enregistrement exclusif prévoira la rémunération exacte du candidat gagnant, pour chaque mode de circuit de distribution", prévient le règlement.

Evidemment, personne ne viendra mettre le couteau sous la gorge de l'artiste pour qu'il signe le contrat proposé...

... Sauf que :

"En participant au Concours et en acceptant les règlement du Concours, vous vous engagez d'ores et déjà à accepter le contrat d'exclusivité présenté".
 
Publié par Guillaume Champeau, le 9 Mai 2007 à 19h29
 
 
10
Commentaires à propos de «Wat the fuck ? Chope ton deal de 9 % brut chez EMI»
 
Est-ce bien légal, de faire "accepter" un contrat d'exclusivité pas encore donné ?

Est-ce légal de demander à quelqu'un de s'engager sur des bases inconnues ?
J'en doute...
:eek: Ils se rendent compte de ce que veut dire le mot fuck ?? C'est pas parce que tout le monde le dit aux US, qu'il faut l'écrire ! "Maman, maman! je veux m'inscrire à la Putain de Bordel Academy!" :shifty:
A moins que ce soit pour afficher tout de suite la couleur: "Wat te fuck (avec son contrat...)!"

Je suis sur le c-u-l.
Ces gens là savent vraiment parler aux jeunes :shifty:
C'est chaud quand même. :eek:

C'est ce qu'on doit appeler la maison de disque décomplexée :

- envoie nous "ton son" (pas besoins que ça soit beau mais ça y ose pas encore le dire)

- notre jury de la vente va constater officiellement le nombre de vote pour ta bouse

- nous allons souler toute la planéte avec ton nouveau tube, en faire des sonneries de téléphone et des remix encore plus débile

- puis nous on garde 91% du fric que ça aura engendré

Buzz le frog à encore de longues années devant lui... :vomi:

Ah oui ! Un grand bravo pour le titre : WAT the fuck :clap:

Ben oui les jeunes faut leur parler en insulte sinon ils comprennent pas. Moi j'aurais mis : "karchérise ta mère !" ou bien encore "allez tous vous faire foutre !" mais bien plus réaliste "EMI vous encule à sec !" :beer:
C'est vrai que ça laisse dubitatif...

Pi on a bien sûr droit aux silhouètes de guitares électriques, vous savez celles qu'on ne voit quasiment jamais sur la scène française (au moins dans les grands médias), ou qu'on entend pas (Obispo et sa Jackson Warrior ? :rolleyes: )
'Prozac', le 01/01/1970 - 01:00
Est-ce bien légal, de faire "accepter" un contrat d'exclusivité pas encore donné ?

Est-ce légal de demander à quelqu'un de s'engager sur des bases inconnues ?
J'en doute...
De prime abord j'ai eu des doutes aussi.

Ceci dit, en participant au concours, on se doit d'accepter le règlement dudit concours. Or puisque ce règlement indique qu'en participant au concours on accepte le contrat futur, ça peut très bien être légal. Autrement dit, si on ne veut accepter par avance un contrat dont on ne connaît pas la teneur, on ne participe pas au concours proposé.

Évidemment, ça ne doit pas être écrit dès la première ligne dans le règlement du concours, mais bon, ça c'est comme dans tous les contrats, faut aller lire les petites lignes et les renvois d'astérisques en bas de page :mince:
C'est légal dès lors que les éléments substantiels sont prévus. C'est pour ça qu'ils précisent la rémunération minimale des 9 %.

Reste à voir si dans un contrat d'édition musicale la rémunération est vraiment le seul élément substantiel. J'en doute, mais seul un tribunal peut, le cas échéant, en juger.
Finalement, j'applaudits à deux mains cette initiative "Wat the fuck" :biggrinthumb:

Certains vont se dire :Hein: voir même :eek:, que Pieno 76 est devenu complètement :-p mais ... :non:

Je m'explique :

Le rôle normal d'une maison de disque est de :
- Produire l'artiste, c'est à dire lui trouver les moyens techniques et financier pour enregistrer le master de son album.
- Promouvoir ce dernier

En contre partie de quoi l'artiste recoit un % de redevance sur les ventes.

Il existe aussi un second mode de fonctionnement normal des maisons de disques, de plus en plus répendu - Hervé Rony master of the SNEP dixit - c'est que la prod elle même est faîte par l'artiste (qui pour cela doit monter une boîte de prod) ou une prod indépendante, qui ensuite donne l'album en license à la maison de disque chargée de promouvoir le disque (= la major), contre un % bien supérieur à ce qu'il obtiendrait en contrat d'artiste et en conservant la propriété de ses masters (ainsi qu'une certaine liberté artistique)

Or, avec les moyens techniques actuels, dans bien des styles modernes (Rap, RnB, Variété dans une certaine mesure, pop, rock, electro, dance...), produire son album à la qualité des meilleurs studios est devenu accessible avec du matos que toute assoce à peu près correctement pourvue peut se payer (et encore là, on est déjà dans le pharaonique, en électro, un bon séquenceur, quelques bons plugs VST et un bon soft de mastering et ça passe...). Bref, pour peu que l'on se débrouille un peu, la partie production est entièrement à la portée de 95% des artistes.

Bref, la notion de maquette au sens de "brouillon" n'a plus vraiment cours de nos jours. Ainsi, et c'est bien normal, le seul intéret que présente un major pour un artiste ayant une structure capable de faire un bon son est l'aspect promotion.

Avec Wat the Fuck - et les initiatives du même genre qui ne manqueront pas de fleurir dans les prochains temps - l'aspect promotion est la aussi laissé à la charge de l'artiste. Et il va de soi qu'une bonne promo "2.0", même si on a plein de potes, ne peut marcher que si le produit est bon autant techniquement qu'artistiquement.

Bref avec Wat the Fuck, la maison de disque reporte tout le travail sur l'artiste... mais ne lui donne qu'a peine 1% de plus que sur un contrat normal...

Autant dire que si ça continue comme ça, les artistes, qui ne sont dans leur majorité pas plus cons que les autres, se diront bien vite que la major ne leur apporte rien de plus que l'autoprod (à condition d'être label au moins associatif, certes). Et ce jour la, les artistes ne se tourneront plus vers elles et là elles seront vraiment foutues...

Donc mon conseil aux majors : Faîtes gaffe, signez un max de licences, parce que sinon les indés vont monter leur propre circuit sans vous, et ceux dans tous les styles musicaux.

Et quand on sait que les indés défrichent de nos jours tous les terrains, de l'underground le plus profond aux tubes Crazyfrogissimes, on se dit que vraiment, pour les majors, c'est les licences ou la mort !
Pieno 76, je plussoie.
Et je dirai même plus : si je fais un tube qui cartonne sur le net, et que j'autoproduit mes cd, quel magasin de distribution va se payer le luxe de refuser de le mettre en présentoir ?
Et les distributeurs étant multinationaux, si mon tube a une vocation mondiale, il se retrouvera vite distribué dans d'autres pays.
'julinde', le 01/01/1970 - 01:00
Pieno 76, je plussoie.
Et je dirai même plus : si je fais un tube qui cartonne sur le net, et que j'autoproduit mes cd, quel magasin de distribution va se payer le luxe de refuser de le mettre en présentoir ?

Bon, la il reste le problème de la gestion de stocks mais :

- Il reste la solution de la distribution numérique (téléchargement légal... sans DRM si possible !) à 100% au début du moins. La, aucun problème : Un seul master, une duplication à l'infini.

- Signer un contrat de distrib (avec un distributeur, pas une major), mais la, tu dois quand même fournir les CDs. Comment fais-tu si ton distrib t'en demande 20000 pour débuter (ils prennent rarement en dessous). Tu stocke ou tout ces CDs ? Même si ce ne sont que de minces singles, je sais ce que ça représente comme espace... c'est énorme !
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