Mort d'eDonkey : c'est l'avenir légal que l'on tue
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 13 Septembre 2006 à 10h13 -
posté dans High-Tech
La RIAA a gagné sa défaite. En signant un accord à l'amiable avec l'éditeur Metamachine qui lui verse 30 millions de dollars de compensation, la RIAA a mis fin à eDonkey. Mais à quel eDonkey ? Loin d'être une victoire, c'est la légalité du P2P qui s'éloigne un peu plus.
L'agence de presse Associated Press l'annonçait hier soir : "La firme derrière le célèbre logiciel de partage de fichiers en ligne eDonkey a accepté de payer 30 millions de dollars pour éviter des poursuites éventuelles pour violation de droits d'auteur par l'industrie du disque, selon des documents judiciaires déposés mardi". Le site officiel du site confirme la fermeture du logiciel, avec un message sans doute dicté par la RIAA, d'un ton menaçant destiné à faire naître la paranoïa chez les P2Pistes ("votre adresse IP a été loggée"). Mais il y a eDonkey et eDonkey.
Il y a le réseau eDonkey, et le logiciel eDonkey. L'accord révélé cette semaine ne porte que sur le second. Or le réseau eDonkey, inventé par MetaMachine en 2000, repose depuis déjà plusieurs années pour large partie sur le logiciel libre eMule. Selon les estimations, le logiciel open-source dominerait de 85 à 95 % du réseau eDonkey qui, par nature, n'est pas contrôlable. La mort officielle du logiciel eDonkey vient donc simplement débrancher un âne électronique qui était jusque là maintenu artificiellement en vie par ses créateurs. Malgré les congratulations de la RIAA, l'accord ne constitue en rien une victoire contre le P2P illégal. Il prolonge au contraire une lutte acharnée entamée depuis l'affaire Grokster contre les seuls éditeurs de logiciels de Peer-to-Peer qui ont démontré une volonté de créer un modèle économique viable et profitable à tous. La somme des 30 millions de dollars égalise le chèque signé par BearShare lorsqu'il a fermé ses portes en mai dernier, mais reste très loin derrière les 115 millions de dollars versés par Kazaa. IMesh, WinMX et i2hub ont eux aussi capitulé au cours des derniers mois. L'industrie ne veut pas tuer l'illégalité mais la concurrence Avec la mort d'eDonkey, il ne reste guère plus sur la scène du Peer-to-Peer que les logiciels open-source qui, non contents d'être déjà les plus utilisés depuis l'apparition d'eMule et BitTorrent, sont aussi et surtout ceux qui par nature ne voudront et ne pourront négocier avec la RIAA ou l'industrie du cinéma. En mars de cette année, MetaMachine avait annoncé la préparation d'une nouvelle sortie d'eDonkey, suite à l'échec de négociations pour créer un service légal appuyé par l'industrie du disque. Le fait qu'ils préfèrent aujourd'hui capituler et verser 30 millions de dollars au lobby de l'industrie musicale montre à quel point les portes de la négociation devaient leur être fermées. Et ceci démontre probablement aussi et surtout quelle est la véritable stratégie des majors du disque aux Etats-Unis et dans le monde. On ne peut pas croire un instant qu'une industrie si bien organisée soit si naïve et ignore totalement que ce type d'arrêt de mort coupe tout espoir de transformer des logiciels de P2P populaires en services marchands légaux, et au contraire renforce le P2P illicite appuyé sur les outils open-source. Ils semblent témoigner au contraire de la volonté de l'industrie du disque de limiter au maximum le nombre d'acteurs légaux de la distribution marchande, afin de pouvoir mieux les contrôler et organiser leur tarification uniforme. Tout acteur qui ne souhaiterait pas rentrer dans le moule serait contraint de mourir. Ca n'est probablement pas un hasard si les seuls outils de P2P qui ont réussi à ouvrir une version légale (iMesh et Bearshare) ou qui en annoncent une (Mashboxx) délèguent la gestion de leur catalogue payant à Snocap, un service contrôlé de main ferme par les majors de l'industrie du disque. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Mort d'eDonkey : c'est l'avenir légal que l'on tue»
'gargoui1', le 01/01/1970 - 01:00
On ne peut pas croire un instant qu'une industrie si bien organisée soit si naïve et ignore totalement que ce type d'arrêt de mort coupe tout espoir de transformer des logiciels de P2P populaires en services marchands légaux, et au contraire renforce le P2P illicite appuyé sur les outils open-source.
Contradictoire puisque le logiciel eDonkey ne représente qu'une partie infime du réseau. Si eDonkey était devenu "légal" la partie illicite open-source le serait'elle devenu aussi ? Arrêtez de nous faire croire que le P2P illégal peut devenir une formidable outil de vente légal (et ainsi le légitimer) et que tous les pirates peuvent demain devenir consommateur. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le "succès" des anciens services P2P devenus légaux. Le P2P c'est avant tout malgré vos discours un outil de téléchargement massif d'oeuvre culture sans débourser un centimes. le P2P c'est avant tout un protocole réseau qui permet d'échanger des données (son, images, vidéos, livres...) en se passant du modèle classic "client/serveur". C'est l'imprimante numérique de Gütember du troisième millénaire! Les machines, de plus en plus puissantes, couplées à des connexions haut débits, peuvent ainsi partager des fichiers, des ressources (grid computing), VoIP etc... les applications numériques s'appuient sur la convergence des media et des techniques formant ainsi un pôle pour les systèmes d'information professionnel ou grd public. C'est ça le P2P et pas seulement le partage de fichiers copyrightés! Abus de langage d'un hermétique aux nouvelles technologies Tout aussi hermétique (ou par simple volonté de ne pas regarder la réalité en face ?) que de ne voir le P2P que sous l'angle technique, mais pas de l'usage qui en ait fait. Mais je suis bien d'accord c'est l'usage que l'on fait d'une techno qui la rend illégale ou pas, pas la techno elle même (d'ailleurs personne ne critique le grid ou la VoIP). C'est amusant ici, à chaque fois que l'on a pas la même vision d'être immédiatement traité d'hermétique ou pro-DADVSI... très "secte" comme comportement je trouve. Pourtant le P2P c'est l'ouverture, le partage, pas le renfermement sur soi même et la non écoute des autres... Et l'on parle de "communauté" ! 'gargoui1', le 01/01/1970 - 01:00
Ou est la valeur ajoutée dans un service P2P ? La gratuité justement. Je ne suis pas persuadé que si demain arrivé un service identique en tout point à eMule (ergonomie, recherche, quantité d'oeuvres, qualité, MP3, sans DRM...) -ou autre-, mais payant, il rencontrerait un succès commercial fulgurant.Lis ça. 'gargoui1', le 01/01/1970 - 01:00 dire qu'iTunes fonctionne est un bien grand mot puisque qu'une récente étude (http://sokborey.blogspot.com/2006/09/ipod-ne-veut-pas-toujours-dire-lgal.html) démontre que 83% des utilisateurs d'iPod n'achète pas de musique mais aurait plutôt tendance à la télécharger (gratuitement !). A noter d'ailleurs que je suis loin d'avoir rippé tous mes CD (par contre j'ai rippé pas mal de 33 tours ^^), et que mon baladeur est loin d'être plein. 'gargoui1', le 01/01/1970 - 01:00
Abus de langage d'un hermétique aux nouvelles technologies Tout aussi hermétique (ou par simple volonté de ne pas regarder la réalité en face ?) que de ne voir le P2P que sous l'angle technique, mais pas de l'usage qui en ait fait. Mais je suis bien d'accord c'est l'usage que l'on fait d'une techno qui la rend illégale ou pas, pas la techno elle même (d'ailleurs personne ne critique le grid ou la VoIP). C'est amusant ici, à chaque fois que l'on a pas la même vision d'être immédiatement traité d'hermétique ou pro-DADVSI... très "secte" comme comportement je trouve. Pourtant le P2P c'est l'ouverture, le partage, pas le renfermement sur soi même et la non écoute des autres... Et l'on parle de "communauté" ! oui oui je t'écoute enfin je te lis renfermé sur moi même la Netéthiquette faisant office d'oeillères... LOL mais c'est quoi ta communauté à toi alors? Quelles sont les valeurs que tu partages? celle du fric? celle des majors? t'es un pôte à PN en peau de serpent?
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Ou est la valeur ajoutée dans un service P2P ? La gratuité justement. Je ne suis pas persuadé que si demain arrivé un service identique en tout point à eMule (ergonomie, recherche, quantité d'oeuvres, qualité, MP3, sans DRM...) -ou autre-, mais payant, il rencontrerait un succès commercial fulgurant. Mais pour valider votre et théorie (un service P2P ce n'est pas que la gratuité) pourquoi ne lancez vous pas un tel service, comme cela nous pourrions juger de son potentiel plutôt que sur de longue discussion... Rien ne vaut un test "in situ" pour valider une théorie.
Pour iTunes plusieurs chose. premièrement iTunes ne trouve pas ses racines dans un ancien service P2P reconverti. Deuxièmement dire qu'iTunes fonctionne est un bien grand mot puisque qu'une récente étude (http://sokborey.blogspot.com/2006/09/ipod-ne-veut-pas-toujours-dire-lgal.html) démontre que 83% des utilisateurs d'iPod n'achète pas de musique mais aurait plutôt tendance à la télécharger (gratuitement !). Comment cela fonctionne pour iTunes : une personne achète un iPod, elle va naturellement installer iTunes, elle surf, achète quelques titres sur le portail et ne trouve pas grand intérêt à payer sa musique et finalement retourne sur eMule pour télécharger (Heureusement que l'iPod est compatible MP3). iTunes n'est que la bonne conscience de Steve Jobs vis à vis de l'industrie du disque, Apple est avant tout un vendeur d'équipement, pas de contenu.