Pour le moment, ni Netflix ni les grands FAI français ne se pressent pour annoncer des chiffres qui donneraient une idée du succès du lancement de la plateforme de SVOD en France, et de son impact sur la bande passante. Le sujet est pourtant crucial puisque c'est en grande partie autour de Netflix que se cristallise le débat sur la neutralité du net aux Etats-Unis, et partout où il s'installe. Le prestataire en est réduit à signer des chèques pour avoir le droit de vivre sur les réseaux de certains opérateurs, en attendant peut-être de déployer une architecture en P2P qui lui permettrait de rééquilibrer les charges.

Faute de chiffres précis, nous en sommes réduits à quelques maigres indices.

Une cellule de veille de France Télévisions qui édite Méta-Media.fr a ainsi noté que le petit fournisseur d'accès à internet local K-Net, qui fournit essentiellement de la fibre optique à moins de 10 000 abonnés en France, publie sur son site des graphiques en temps réel du poids des différents réseaux privés, ou "AS", connectés au siens. Le plus gros des AS est Google, suivi par les opérateurs et hébergeurs Orange, Free, Level 3, OVH, SFR ou Neo Telecom. 

Mais déjà, Netflix arrive en 10ème position des AS sur le réseau de ce petit opérateur, avec près de 520 GB de données reçues de Netflix en 24 heures, loin devant les 268 GB d'Apple ou les 153 GB d'Amazon. Même le spécialiste des CDN LimeLight, grand concurrent d'Akamai et fournisseur de serveurs de cache pour des services de vidéo à la demande français, arrive derrière Netflix. Quant à Dailymotion, qui se rêvait en concurrent de YouTube, il ne génère "que" 180 MB depuis 24 heures, soit trois fois moins que Netflix.

Les données sont évidemment à prendre pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire un indice biaisé par la spécificité de K-Net, mais elles restent intéressantes. Visiblement, Netflix a eu raison de voir gros pour son réseau français, malgré la pauvreté de son catalogue.

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