La Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI) s'est réjouie mardi d'une action massive entreprise à l'encontre des utilisateurs allemands d'un serveur eDonkey. 130 perquisitions ont eu lieu, et 3.500 P2Pistes sont visés en Allemagne.

C’est par un logiciel spécialement conçu que les autorités de Cologne et Bergheim ont espionné pendant deux mois le traffic vers un serveur eDonkey hébergé en Allemagne. A la demande de l’IFPI, 14 Go de logs plus tard, 40.000 adresses IP de délinquants présumés ont été relevées, dont 3.500 appartenaient à des utilisateurs allemands aujourd’hui passibles de poursuites pénales et civiles. Un premier filtre a permis de dégager 130 foyers où l’on partageait plus de 500 fichiers protégés par le droit d’auteur. Ces maisons là ont été fouillées et une centaine d’ordinateurs ont été saisis, avec quelques milliers de CD gravés.

« Au nom de l’indsutrie du disque, l’IFPI remercie la police pour un grand travail d’équipe et un très beau succès de l’enquête« , s’est félicité Michael Haentjes, président de la branche allemande de l’IFPI. Il considère que cela envoie un signe fort selon lequel l’anonymat n’est qu’illusoire sur les réseaux P2P. Il ignore ou feint d’ignorer qu’eMule n’a jamais été conçu pour garantir l’anonymat, contrairement à d’autres réseaux comme MUTE ou Share, en plein développement.

« La plupart des gens savent clairement que le partage de fichiers sans permission est illégal, malheureusement il faut des actions juridiques comme celle-ci pour créer un véritable impact sur le comportement« , a regretté pour sa part John Kennedy, le président de l’IFPI, qui avait fait le déplacement pour l’occasion à Cologne. Ce dernier n’oublie pas pour autant de préciser qu’il y a « un très large choix de services légaux offerts aux consommateurs« . « Il n’y a vraiment aucune excuse pour voler de la musique en ligne« , conclue Kennedy.

Contrairement à l’affaire Razorback où le serveur eDonkey/eMule était visé directement et a été saisi par les autorités suisses, les autorités allemandes ont préféré ici s’attaquer aux utilisateurs. Le parquet aurait jugé que le serveur en lui-même n’était pas illégal et qu’il ne devait donc pas faire l’objet d’une saisie. Aucune information n’a cependant filtré sur l’identité du serveur. Avec 14 Go de logs, il ne pouvait s’agir que d’une très petit serveur, nous ont confié des spécialistes.

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