Il n'y a pas qu'en Europe que la taxe pour copie privée est remise en cause. Au Canada, l'Association Canadienne de l'Industrie du Disque (CRIA) demande aussi sa suppression...

Quand les majors de l’industrie du disque demandent quelque chose au gouvernement d’un pays, vous pouvez être certain que ça n’est pas dans un élan de générosité pour le bien des consommateurs. Et comme que nous l’indiquions à propos du groupe de lobbying européen récemment formé, « supprimer la taxe sur la copie privée est une idée qui derrière ses apparences libérales cache en réalité un profond idéologisme de contrôle des libertés individuelles.« .

Preuve en sont les propos du président de la CRIA, Graham Henderson, rapportés de BillBoard par le professeur Michael Geist. « Nous ne voulons pas de taxe sur la copie privée qui, dans les faits, sanctionne le vol sur Internet« , indique ainsi Henderson au magazine américain. Actuellement au Canada, le droit à la copie privée est reconnu sur les téléchargements, même ceux réalisés grâce aux réseaux P2P. Il ne s’agit pas d’un vol comme le prétend le président du SNEP canadien, mais bien d’un droit effectivement justifié par le paiement d’une taxe sur la copie privée.

La CRIA, raconte Michael Geist, a été le premier supporter de cette taxe dans les années 1980 et 1990. « Après avoir passé 15 ans à se battre pour la taxe, il a fallu moitié moins de temps à l’organisation pour vouloir désormais s’en débarasser« , note M. Geist, qui note que la suppression de la taxe irait contre les intérêts des artistes et des collectifs qui ont bénéficié de plus de 150 millions de dollars canadiens (environ 108 millions d’euros) en rémunération pour copie privée.

Mais la religion des majors de l’industrie du disque se nomme désormais « DRM ». Dans un monde où la copie privée est impossible, la taxe pour la copie privée ne se justifie plus et les disques peuvent se vendre un par un, sans marché gris. « Nous entrons dans un environnement où tout sera protégé contre la copie ou quasiment protégé contre la copie« , se réjouit ainsi Graham Henderson.

Même si l’efficacité des DRM est un doux rêve inatteignable dans la réalité, le faire croire permet aux majors de faire pression sur le législateur pour retirer la taxe et condamner sévèrement toute copie non autorisée qui constituait encore hier une copie privée.

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