Les ordinateurs portables de deux conseillers de la commissaire européenne Neelie Kroes ont été piratés lors du Forum sur la gouvernance de l'Internet (IGF), la semaine passée. A mots à peine couverts, Bruxelles accuse l'Azerbaïdjan, qui accueillait l'évènement.

La semaine dernière avait lieu du 6 au 9 novembre le septième rendez-vous annuel du Forum sur la gouvernance de l'Internet (IGF), placé sous la tutelle des Nations Unies. Il s'agit d'un rassemblement de personnalités du monde entier, qui se retrouvent une fois par an dans une capitale différente pour discuter des problématiques liées à Internet, et des éventuelles réponses à apporter. Il n'y a ni membres de l'IGF, ni pouvoir décisionnel, mais le rendez-vous est néanmoins un lieu où se préparent les décisions qui seront prises dans d'autres instances, et les futurs traités adoptés par les états.

Cette année, l'IGF se tenait à Baku, en Azerbaïdjan, un pays classé parmi les pires mauvais élèves du monde par Reporters Sans Frontières pour son irrespect de la liberté de la presse, et ses méthodes démocratiques régulièrement contestées. Sur son blog, la vice-présidente de la Commission Européenne Neelie Kroes, en charge de l'Agenda Numérique de l'Europe, raconte qu'elle a "hésité pendant très longtemps" à se rendre à Baku, à cause de son "gouvernement avec une attitude inquiétante à l'encontre de la liberté et de la démocratie".

Mais surtout, la Commissaire révèle que pendant son séjour, "mes conseillers ont eu leurs ordinateurs hackés". A mots à peine voilés, Neelie Kroes accuse le gouvernement d'Azerbaïdjan d'être derrière le piratage. Elle regrette en effet dans le même paragraphe d'avoir été empêchée d'entrer en contact avec avec des prisonniers politiques, et affirme que des activistes présents sur place ont été harcelés. "Tant pis pour l'ouverture" (de l'Azerbaïdjan), écrit-elle en gras dans le texte.

Interrogé par la BBC, le porte-parole Ryan Heath précise que deux conseillers de la commissaire Kroes se sont rendus compte des attaques sur leurs ordinateurs grâce à des avertissements envoyés par Apple selon lesquels "des tiers" auraient accédé aux ordinateurs. Il n'est pas clair si les avertissements étaient générés par des logiciels de sécurité (ce qui semble le plus probable), ou si Apple a contacté la Commission.

"Je suppose que c'était une forme d'espionnage", a commenté Ryan Heath. Les ordinateurs vont être inspectés pour voir quelles données ont éventuellement été acquises par les hackers. 

De son côté, l'Azerbaïdjan a nié toute implication. Le gouvernement demande à la Commission de déposer une plainte formelle pour provoquer l'ouverture d'une enquête pénale, et accuse Neelie Kroes de chercher à nuire à l'image du pays.

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