La Commission européenne est intervenue dans les débats sur le Do Not Track en affirmant que l'enjeu n'est pas de savoir si le réglage sera activé par défaut. Pour Bruxelles, l'enjeu est de fournir une information claire sur l'utilité du Do Not Track.

Début juin Microsoft a fait savoir que la prochaine version de son navigateur web bloquerait par défaut le pistage publicitaire en activant la future norme Do Not Track (DNT), actuellement développée par le W3C. Avec cette annonce, qui concernera uniquement Internet Explorer 10 sous Windows 8, Microsoft est devenu ainsi le premier éditeur à déployer d’office cet outil. Un choix loin d’être désintéressé.

Mais pour l’entreprise américaine, c’est surtout une bonne occasion de donner l’impression d’être du côté des internautes en généralisant une fonctionnalité qui améliore sensiblement leur vie privée. Le Do Not Track permet en effet de désactiver le suivi d’un utilisateur. Concrètement, il s’agit de demander aux publicitaires de diffuser des annonces génériques à la place des publicités ciblées. Mais l’instruction n’est pas contraignante.

Pour la Commission européenne, l’enjeu n’est cependant pas de savoir s’il faut oui ou non activer par défaut le Do Not Track. C’est l’éducation de l’internaute qui compte. Dans une lettre (.pdf) adressée au W3C et repérée par ZDNet, Bruxelles considère qu’il ne faut pas s’échiner à déterminer quel est le bon réglage par défaut du Do Not Track, parce que ce n’est pas déterminant dans un sens comme dans l’autre.

En revanche, le directeur en charge de la société de l’information et des médias au sein de la Commission européenne juge qu’il faut plutôt informer l’utilisateur de ce qu’est le Do Not Track, les choix possibles, leurs implications et la manière dont il peut modifier le paramètre. Lors du lancement d’un navigateur ou de sa mise à jour, une fenêtre (pop-up) pourrait par exemple jouer ce rôle.

La position de la Commission européenne a pour objectif de tracer un trait d’union entre la position de Microsoft, pour une activation par défaut, et celle d’autres éditeurs comme Mozilla. La fondation considère visiblement qu’il est préférable d’interdire l’activation par défaut du Do Not Track. Toute la question est de savoir quelle sera la ligne adoptée par le W3C, qui doit finaliser la norme d’ici la fin de l’année.

Une majorité d’acteurs reconnait toutefois que plus tôt le Do Not Track sera en place, mieux ce sera. « Un déploiement rapide du DNT sera une bonne chose » a affirmé Bruxelles.

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