Le ministère de la culture a annoncé que le projet de bibliothèque numérique européenne était maintenu malgré les difficultés rencontrées dans son programme par Google.

Comme nous l’indiquions aujourd’hui, Google a décidé de mettre en veille son programme de numérisation Google Print suite à des problèmes dans la gestion des droits d’auteur des œuvres numérisées. Google souhaite en effet imposer aux éditeurs la charge de signaler les œuvres qui ne doivent pas être numérisées, alors que les éditeurs, dans la lignée du droit d’auteur traditionnel, demandent à Google de requérir systématiquement l’autorisation avant toute numérisation.

Au niveau européen, le projet de Google de numériser quelques 15 millions d’ouvrages stockés dans les universités américaines avait soulevé les craintes des défenseurs de la culture du vieux continent. Jean-Noël Jeanneney, le président de la Bibliothèque Nationale de France, avait ainsi tirer une sonnette d’alarme relayée en personne par Jacques Chirac au niveau européen. Ainsi s’est très vite décidé le pilotage d’un projet de création de Bibliothèque numérique européenne, pour rivaliser avec l’initiative privée américaine. Voir ses livres numérisés, c’est se donner une chance de voir son histoire et sa culture continuer à illuminer les autres (même si toute la numérisation du monde ne vaut rien sans un outil et un projet solide d’indexation des contenus numérisés, point trop souvent écarté du débat).

Visiblement, le ministère de la Culture est résolu à faire au moins aussi bien que Google. « L’annonce faite par Google d’une pause dans son programme de numérisation des livres ne modifie en rien le projet de création d’une Bibliothèque numérique européenne, voulu par le Président de la République« , indique ainsi le ministère dans un communiqué. « Plus que jamais, il est nécessaire que la France et l’Europe travaillent ensemble pour préserver la diversité culturelle et bâtir par des projets concrets une Europe de la culture« , ajoute-t-il.

Le cabinet du ministre Donnedieu de Vabres se permet même de donner quelques leçons à la firme de Mountain View : « Cet épisode [la pause de Google] démontre s’il en était besoin la nécessité d’un dialogue avec les éditeurs et les titulaires de droits sur les livres, pour construire cette Bibliothèque dans le respect des droits de propriété intellectuelle. C’est la raison pour laquelle le comité de pilotage associe, outre des industriels, des universitaires et des bibliothécaires, des représentants des éditeurs. Tous ensemble, nous devons construire au service du livre et de la lecture, une bibliothèque numérique destinée à aider les créateurs, favoriser les professionnels, promouvoir les œuvres et à servir l’ensemble de nos concitoyens« 

Pour continuer sur sa lancée, le ministère réunira pour la seconde fois le comité de pilotage du projet de création de la Bibliothèque numérique européenne le mardi 30 août prochain.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés