Pour réduire le niveau de piratage des jeux vidéo dans le monde, l'Entertainment Software Association (ESA) invite le représentant américain au commerce extérieur à réévaluer la situation. L'ESA vise en particulier trois pays européens (France, Italie et Espagne) et deux pays en développement (Russie et Chine), et propose de brandir la menace de la sanction commerciale.

Voilà qui ne va pas redorer le blason tricolore aux États-Unis. L’Entertainment Software Association (ESA), le lobby du jeu vidéo, a de nouveau pointé du doigt la France en matière de piratage de logiciels. Selon l’association américaine, l’Hexagone fait partie d’un groupe de cinq pays accusés d’être à l’origine de plus de la moitié du piratage mondial de jeux vidéo.

Hormis la France, l’ESA a également épinglé deux autres pays européens (l’Espagne et l’Italie), la Russie et la Chine. L’association assure que pas moins de 54 % des échanges illicites dans le monde en 2010 ont été générés par l’activité P2P de la France, l’Espagne, l’Italie, la Russie et la Chine. Un niveau « extrêmement élevé« , s’est alarmé l’ESA.

Les craintes de l’ESA s’appuient sur le rapport spécial 301, un document dont le rôle est de surveiller l’activité des pays étrangers en matière de propriété intellectuelle. Concrètement, il s’agit d’une liste de pays établie par le représentant au commerce extérieur et l’International Intellectual Property Alliance (IIPA). Cette liste permet aux États-Unis de déterminer les nations qui ne coopèrent pas suffisamment.

« Notre industrie continue de croître aux États-Unis, mais des niveaux épidémiques de piratage en ligne affectent les ventes et la croissance dans un certain nombre de pays, incluant l’Italie, la Chine, l’Espagne, le Brésil et la France, où l’on voit des volumes étourdissants d’échanges peer-to-peer impliquant des jeux vidéo de premier plan » a réagi Michael Gallagher, le directeur de l’ESA.

« Les éditeurs de jeu perdent des opportunités pour vendre des produits à l’exportation, et les États-Unis perdent la possibilité d’étendre notre commerce extérieure, et les consommateurs de ces pays perdent les avantages locaux d’avoir un marché du jeu vidéo en plein essor » a-t-il poursuivi.

Au regard d’une situation jugée dramatique, l’ESA a appelé le représentant américain au commerce extérieur à durcir sa politique à l’égard de l’Espagne, en inscrivant le pays dans la liste de surveillance prioritaire (Priority Watch List). Le rapport spécial 301 permet ainsi au représentant américain de déterminer quels pays peuvent être frappés par des sanctions commerciales.

À l’heure actuelle, seules la Russie et la Chine – parmi les cinq pays épinglés par l’ESA – sont présentes dans cette liste. L’Espagne, le Brésil et l’Italie sont un cran en dessous, dans la liste de surveillance (Watch List). La France, en revanche, n’est pour le moment inscrite dans aucune catégorie. Mais la situation pourrait prochainement évoluer si le niveau de piratage ne baisse pas.

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