Universal et Sony Music ont décidé, au moins en Grande-Bretagne, de vendre les singles le jour-même de leurs premières diffusions sur les radios.

On pensait que cette technique marketing avait été abandonnée de longue date par l’industrie musicale, mais l’article publié ce week-end par le Guardian nous plonge dans un anachronisme pourtant bien réel. Le journal britannique rapporte que deux maisons de disques, Universal et Sony Music, ont décidé de vendre les singles dès leur entrée dans les programmations musicales des stations de radio, pour contrer le piratage. Elles ont en effet réalisé que les jeunes audiophiles n’attendaient plus que la musique sorte plusieurs semaines plus tard dans les bacs pour chercher à l’acquérir, et obtenaient sous le manteau les copies réalisées notamment grâce aux diffusions sur les radios numériques. Quelque chose qui semble évident depuis des années, mais que les deux labels réalisent apparemment seulement maintenant.

En effet pendant des années, les maisons de disques ont fait la promotion des disques en demandant aux stations de radios (parfois par la corruption) de les diffuser en boucle, avant leur sortie chez les disquaires, pour faire grimper l’excitation des consommateurs. Mais « attendre n’est pas un mot qui fait partie du vocabulaire de la génération actuelle« , reconnaît David Joseph, le directeur d’Universal Music. « Ce que nous avons découvert sous l’ancien système c’est que les recherches de chansons sur Google ou iTunes atteignaient leur pic deux semaines avant de devenir disponibles à l’achat, ce qui voulait dire que le public se lassait, ou qu’il avait déjà piraté les nouveaux singles« , dit-il.

Sony et Universal Music ont donc ensemble décidé de vendre leur musique au moment-même où elles apparaîtraient sur les ondes, ce qui paraît d’une logique confondante. Comment ont-elles pu attendre plus de dix ans après l’arrivée de Napster pour prendre ce genre de mesure ?

La décision semble tout droit inspirée des difficultés à faire adopter une loi Hadopi en Grande-Bretagne. « Bien que le piratage de chansons à la radio est aussi vieux que le radio-cassette enregistreur, les maisons de disques pensent que leur décision va démontrer aux ministères qu’elles jouent leur rôle dans la bataille contre le piratage« , écrit le Guardian. Faut-il en plus leur remettre une sucette et leur dire bravo ?

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