Le projet MusOpen ambitionne de ré-enregistrer les plus grandes oeuvres du répertoire de la musique classique, afin de placer ensuite ces enregistrements dans le domaine public. Pour concrétiser ce plan, le site a organisé une collecte de fonds. Plus de 51 000 dollars ont été réunis.

C’est indéniablement une réussite. Lancée le 26 août dernier sur Kickstarter, la levée de fonds initiée par MusOpen a largement atteint ses objectifs. En effet, le projet a reçu près de cinq fois plus de promesses de dons que le seuil fixé au départ (11 000 dollars). À l’heure actuelle, la somme totale dépasse les 51 700 dollars. Et il reste encore dix-huit heures pour amasser encore plus d’argent.

Démarré il y a deux ans, le projet de MusOpen veut tout simplement libérer la musique classique des droits d’auteur exclusifs. En effet, si de nombreuses œuvres sont tombées dans le domaine public depuis des dizaines d’années, les enregistrements sonores actuellement disponibles sont couverts par la propriété intellectuelle, ce qui empêche de fait le public de jouir complètement des catalogues des grands noms de la musique classique.

Pour se débarrasser de ces chaînes, l’idée un peu folle d’Aaron Dunn, le fondateur de MusOpen, était alors toute simple : engager un orchestre professionnel qui accepterait de ré-enregistrer un certain nombre d’œuvres du répertoire classique afin d’obtenir des enregistrements de grande qualité et libres de droit. L’orchestre renoncerait alors à ses droits contre une importante somme d’argent.

Maintenant que l’objectif des 11 000 dollars a été atteint, comment utiliser au mieux cet argent ? De nombreux orchestres professionnels existent de par le monde, mais tous n’ont pas la même réputation. Par conséquent, tous ne sont pas accessibles au même prix. Comme le fait remarquer Nate Anderson, une formation comme l’Orchestre philharmonique de Londres assurerait à MusOpen une visibilité importante pour assurer la pérennité du projet. Mais l’enregistrement d’une seule œuvre pourrait nécessiter la mobilisation de tous les dons.

À l’inverse, MusOpen pourrait se tourner vers un orchestre moins réputé sur la scène internationale. La visibilité médiatique sera moins forte, mais le projet pourra au moins enregistrer plus qu’une seule œuvre. À titre d’exemple, selon Ars Technica, il faudrait « seulement » entre 10 000 et 15 000 dollars pour engager l’Orchestre philharmonique de Prague.

À quelques heures de la fin de la levée de fonds, Aaron Dunn va devoir rendre ses derniers arbitrages. Et composer avec l’enthousiasme des participants qui ont mis la main à la poche pour concrétiser les ambitions de MusOpen.

( photo : BY )

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