Un ponte de l'industrie porno voit le piratage comme une publicité

Julien L. - publié le Mercredi 18 Août 2010 à 16h15 - posté dans Société 2.0

Pour le président de Private Media Group, le piratage est un excellent moyen pour promouvoir des contenus et se faire de la publicité facilement. Les échanges illicites sur peer-to-peer ne peuvent pas être vaincus ; selon lui, il es essentiel que les industries s'adaptent en explorant de nouvelles voies et en élaborant de nouveaux modèles économiques.

D'ordinaire, les industries culturelles sont farouchement opposées au piratage des contenus. Elles considèrent que les échanges gratuits de fichiers multimédias sur les réseaux peer-to-peer sont à l'origine de leurs difficultés. Pour s'en sortir, il est donc capital de lutter contre le piratage pour ne plus subir d'importantes pertes, selon l'axiome désormais bien connu qu'un fichier téléchargé est une vente perdue dans le commerce.

Cependant, cette opinion n'est pas partagée par l'ensemble de l'industrie de contenu. Des voix discordantes s'élèvent pour tenir un autre discours, à contre-courant de la tendance générale. Si la grande partie de ces "trublions" est issue de l'industrie culturelle traditionnelle, d'autres viennent d'industries de contenu moins attendues.

C'est le cas du directeur exécutif de Private Media Group, un groupe spécialisé dans les contenus pour adultes. Selon Berth Milton, le piratage sur Internet est une bonne occasion de promouvoir des contenus et de se faire une publicité à moindre frais.

"Nous serons très contents de voir de plus en plus de personnes pirater nos contenus et de plus en plus d'entre eux les apprécier" a déclaré Berth Milton dans un entretien accordé à NewTeeVee. Une position qui détonne à l'heure où les industries pornographiques se dressent également contre le piratage.

"Je pense que c'est une bataille perdue d'avance. Je regarde mes propres enfants, parce que c'est le meilleur moyen de savoir comment le marché évolue. Ça ne sert à rien si je leur dit que c'est illégal de télécharger. Dès qu'ils ferment la porte de leur chambre, ils téléchargent".

Avant d'ajouter "qu'ils ne sont pas effrayés si quelqu'un piste leur adresse IP. Ils s'en moquent tout simplement. C'est un nouveau monde et nous devons l'accepter" a-t-il conclu. Pour le président de Private Media Group, il est donc essentiel que l'industrie du divertissement explore de nouvelles voies, élabore de nouveaux modèles économiques, puisque cette bataille du piratage ne peut pas être remportée.

Les propos de Private Media Group ne sont cependant pas si surprenants au regard de l'historique de la société. En 2002, le groupe avait essayé de se rapprocher de Napster, l'un des tous premiers services peer-to-peer à être massivement adopté par les internautes. À l'époque, le groupe aurait proposé un million d'actions à 2,41 dollars l'action pour acquérir le logiciel.

La position de Berth Milton tranche donc avec la politique en vigueur dans l'industrie pornographique. Cette année, une campagne vidéo mettant en scène différentes célébrités du monde du X cherchait à prévenir les internautes des risques du téléchargement illicite. Le message était alors limpide : téléchargements illégaux = vol".

Publié par Julien L., le 18 Août 2010 à 16h15
 
 
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Commentaires à propos de «Un ponte de l'industrie porno voit le piratage comme une publicité»
 

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damienbizeau, le 22/01/2012 - 04:42

internautes mal avertis contre la HADOPI qu'en pensez-vous maintenant ? Toujours aussi fiers ?
Je suppose que vous imaginez une grande victoire de la part de l'industrie du divertissement. Suffisament grande pour justifier les copiés/collés sur tous les supports que vous spammez.
Si vous fréquentiez le milieu que vous semblez tellement honnir au lieu de vous contentez d'infos superficielles, vous sauriez que MU c'est que dalle. Des sites de DDL du meme genre c'est pas ce qui manque (Fileserve,
Videobb, Hotfile, Rapidshare, Filesonic, Depostfile, Filefactory, FreeUploading, Videozer etc...)
et certains sont hors de portée des lois américaines.
D'autre part, la loi DADVSI qui allait mettre fin au piratage, puis HADOPI qui allait aussi y mettre fin se sont révélées des pétards mouillés, et enfin le modèle économique de MU contredit le discours usuel. Le site dégageait des bénéfices avec du gratuit(et puis HADOPI n'a rien à voir avec la fermeture de MU)
Donc fiers, non, mais pas plus honteux que fiers.
On s'en cogne dans notre grande majorité, on utilisait MU comme on utilise d'autres vecteurs. Mais propagande de guerre oblige MU est présenté comme le vecteur essentiel du piratage, parce que ça la foutrait mal de dire qu'il a fallut une enquete avec une telle débauche de moyens pour aboutir à rien du tout en terme d'impact réel. Sauf pour ce qui est du streaming. Je reconnais que là, c'était le seul site à ma connaissance qui proposait un service de streaming. Bah, désormais au lieu de mater une vidéo en streaming, les gens la téléchargeront sur un des concurents de MU, voilà tout.

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