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La RIAA lie la hausse du piratage avec la destruction d'emplois

Julien L. - publié le Mardi 27 Juillet 2010 à 09h43 - posté dans Société 2.0

S'appuyant sur des statistiques fournies par le département du travail américain, la RIAA affirme que le piratage est en train de dévaster le nombre de musiciens en activité. À en croire le graphique, le nombre de musique enregistrée et le nombre de personnes employées dans ce secteur sont en baisse constante depuis dix ans.

Le piratage a-t-il un impact négatif sur le nombre de musiciens en activité aux États-Unis ? La RIAA en est convaincue. Selon l'association interprofessionnelle américaine chargée de défendre les intérêts de l'industrie musicale, le piratage a largement contribué à détruire des emplois dans le domaine de la musique. Et d'étayer ses affirmations en s'appuyant sur les statistiques fournies par le département du travail américain.

Ainsi donc, à en croire le graphique affiché sur le blog de la RIAA, le nombre de ventes de musique enregistrée (laquelle d'ailleurs ? La RIAA ne précise pas ce que cela recouvre) et le nombre de personnes travaillant dans la sphère musicale ont chuté quasi continuellement depuis 1999, hormis un très léger mieux dans les années 2003-2004. On serait donc passé de près de 45 000 groupes en activité il y a dix ans à environ 35 000 aujourd'hui. Même chose pour les ventes, qui auraient fondu de moitié, pour tomber aux alentours de 8 milliards de dollars.

Et la RIAA n'a pas choisi sa date au hasard. 1999 est l'année où Napster a commencé ses activités, avec les développements que l'on sait. La chasse au piratage a finalement contraint le service mettre la clé sous la porte, tout en ayant un effet secondaire très indésirable pour les ayants droit : le développement accéléré de solutions alternatives décentralisées et de plus en plus nombreuses.

Un lien que n'a pas manqué de mettre en avant la RIAA dans sa conclusion : "voici une autre façon de prouver que le téléchargement illégal affecte l'ensemble de la chaine de création et d'investissement dans la musique". Cette intervention de la RIAA sur le thème de l'emploi dans le secteur de la création musicale n'est pas surprenante.

Un mois plus tôt, deux chercheurs américains avaient présenté une étude qui affirmait que les échanges peer-to-peer avaient au final un effet bénéfique global dans la société. Et Felix Oberholzer-Gee de l'université d'Harvard et Koleman Strumpf de l'université du Kansas d'affirmer par la suite que le P2P pouvait favoriser la création, aussi étonnant que cela puisse paraitre.

"La publication de nouveaux livres a augmenté de 66 % entre 2002 et 2007. Depuis 2000, les sorties annuelles de nouveaux albums de musique ont plus que doublé, et la production mondiale de films a bondi de plus de 30 % depuis 2003" avaient-ils notamment expliqué. Les chiffres sur la musique avancés par les deux experts peuvent surprendre, tant ils semblent entrer en contradiction avec les données fournies par la RIAA.

En effet, comment la publication de nouveaux albums peut-elle doubler depuis 2000 alors que le nombre d'artistes semble en net recul depuis dix ans ? Pour la RIAA, c'est très clair : l'étude est biaisée car elle s'appuie sur des éléments qui ne doivent pas rentrer - selon l'association - dans le champ des "nouveautés".

"Par exemple, ces chiffres incluent la republication d'anciens albums, les nouvelles compilations de chansons existantes et les versions numérisées d'albums déjà présents dans le catalogue" avance la RIAA, convaincue de la justesse de ces chiffres. En effet, SoundScan - à l'origine de ces données - a augmenté le nombre de ces détaillants (en particulier les détaillants non-traditionnels) dans son échantillon au fil des ans.

De quoi fournir une vision plus nette du marché ? Peut-être. Mais ce qu'oublie de préciser la RIAA, c'est que la republication d'anciens albums et la création de compilations de chansons existantes étaient des pratiques antérieures avant l'émergence des logiciels peer-to-peer. Ce sont des pratiques largement admises dans l'industrie du disque. Même si ces éléments ne sont pas neufs au même sens qu'une nouvelle chanson, il s'agit tout de même d'un nouvel arrivage sur le marché du disque.

Publié par Julien L., le 27 Juillet 2010 à 09h43
 
 
15
Commentaires à propos de «La RIAA lie la hausse du piratage avec la destruction d'emplois»
 
Le piratage crée un nombre gigantesque d'emplois parmi les avocats et les fabriquants de DRM (et aussi chez les fabriquants de systèmes de filtrage, mais ça c'est moins comique)
Même si c'était vrai (on peut douter de la fiabilité des études de la RIAA), resterons les artistes obnubilés par autre chose que des considérations pécuniaires : la musique par exemple.
Il est temps de remettre certaines personnes à leur place.
On fait moins de cas pour les pertes d'emplois dans la sidérurgie, le textile, l'agriculture, les rémouleurs, les allumeurs de réverbères, les vitriers et matelassiers ambulants, etc, etc...
Haha la RIAA, toujours aussi drole.
La prochaine fois ils nous sortiront quoi ? Pirater provoque le cancer ? Pirater tue des chatons ?

Tant qu'ils penseront que la musique est intimement liée au pognon ils iront droit dans le mur.
Tant que l'Homme sera Homme il y aura de la création artistique. Quelle que soit sa forme. Et les majors ne sont ni utiles, ni indispensables dans le processus.

Leur modèle économique s'est cassé la gueule y'a plus de 10 ans. Qu'ils se fassent une raison, ou qu'ils pleurent plus.
Moins d'employe chez les major ou dans le monde de la musique

non par ce que celui de la musique c'est jamais aussi bien porté

Par contre les ayant droits vire a tour de bars et les groupes parte aussi a tours de bras...

Faut dire que les gréves des intermittents du spectacles sont du avant tous aux escroquerie dont son responsables les majors (paye pas assez élevé en autres) sans oublié les contrats bidon entre eux et les artistes...
Et quel est le problème de cette perte d'emploi? ça n'a vraiment aucune importance sauf bien sur pour ceux qui exploitent les employés, employés qui peuvent très bien aller se faire exploiter ailleurs. Mais pour les exploiteurs c'est plus difficiles de changer leurs sources de revenus, on voit tout de suite qui cela gène bien sur.
moi , dans ma ville ,presque à chaque fois qu un commerce ferme , ça deviens une banque ou une assurance à la place , donc avec un cerveau RIAA on peu conclure : les banques et assurances sont en train de tuer le commerce ,
la RIIA "LIE" du verbe mentir américain :) ca colle mieux :)

comme pour pas changer.. vraiment des races de morts cela...eux même il vivent sur leur dos, car pas de pirates pas de RIAA de mes couilles qui suxx et vendrait pere et mere... :)
AxS/Natsume, le 27/07/2010 - 10:31
Haha la RIAA, toujours aussi drole.
La prochaine fois ils nous sortiront quoi ? Pirater provoque le cancer ? Pirater tue des chatons ?

Tant qu'ils penseront que la musique est intimement liée au pognon ils iront droit dans le mur.
Tant que l'Homme sera Homme il y aura de la création artistique. Quelle que soit sa forme. Et les majors ne sont ni utiles, ni indispensables dans le processus.

Leur modèle économique s'est cassé la gueule y'a plus de 10 ans. Qu'ils se fassent une raison, ou qu'ils pleurent plus.

Non, c'est l'inverse!! Pirater sauve des chatons. En effet, je n'ai pas besoin de prendre ma voiture pour aller écouter de la musique. Et donc le risque d'écraser un chaton est égal à 0.

Bon je sais, le raisonnement est débile, mais moins que celui de la RIAA (je ne peux pas suivre à ce niveau là).
C'est pas de notre faute si vos "artistes" sont pourris...
Pas très puissante, ta conclusion, Kad...
Je m'attendais plus à une ouverture sur ce qu'est un artiste maintenant, est-ce qu'un artiste Jamendo est un artiste ? Est-ce qu'un artiste non-affilié est un artiste ? Est-ce qu'un remixeur de Youtube est un artiste ?
Dans ce cas, je pense qu'on peut décrédibiliser les chiffres de la RIAA...
En prenant le même raccourci que la RIAA...
Si je ne me trompe pas, Napster maintenant est une boutique de musique légale en ligne ?!
Donc les ventes auraient dues remonter depuis, non ?
Moins d'artistes et de sorties d'album ?
Peut-être qu'avant les majors prenaient le risque de lancer plus d'artistes sans vouloir un succès assuré à 99% ????!
Et peut-être aussi qu'à force de vouloir lancer de l'album Star'Ac et consors le public s'est lassé d'acheter de la merde.
Peut-être qu'à force de sortir des Best Of de Best Of le consommateur s'est enfin dit : "ha bé merde alors c'est le même que la dernière fois !"
Marrant aussi l'industrie du cinéma s'en tire pas trop mal elle.
Entrée cinoche en hausse (Concert ?)
Merchandising remboursant 2 ou 3 fois le film (Produits dérivés ?)

...
Merci la RIAA , on sait maintenant que les plus de 212 millions de chomeurs à travers le monde c'est la faute des vilains pirates.
Un peu tard pour commenter, mais c'est pratique que Numérama mette de côté une partie de l'argument principal de la RIAA concernant l'augmentation d'oeuvres mises à disposition aux Etats-Unis : l'importation de titres étrangers. Ce n'est pas pour défendre la RIAA (l'argument est aisément contestable, hein), mais c'est faire preuve de mauvaise foi que d'omettre l'argument le plus sensé de la partie adverse.
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