Wawa-Mania : martyr ou incendiaire du combat contre Hadopi ?

Guillaume Champeau - publié le Mardi 01 Juin 2010 à 20h58 - posté dans Peer-to-Peer

En défendant le créateur de Wawa-Mania au nom de la lutte pour la liberté de diffusion des oeuvres sur Internet, l'ATILD cherche à faire de l'ancien webmaster du forum pirate un martyr. Mais ne sont-ils pas en train de porter sur leurs épaules celui qui mettra (et met déjà) le feu à la lutte contre Hadopi ?

Avouons-le, nous sommes très mal à l'aise devant l'action menée la semaine dernière par la nouvelle Association pour le Téléchargement sur Internet et la Libre Diffusion (ATILD), dans les locaux de l'ALPA, et le fait d'avoir fait du créateur de Wawa-Mania le martyr de leur cause.

L'action est d'abord fascinante dans ce qu'elle montre de l'escalade que pourrait prendre l'opposition entre ceux qui souhaitent préserver un contrôle des oeuvres assis sur l'idée d'une propriété exclusive, et ceux qui estiment qu'au contraire les oeuvres sont la propriété de tous et doivent pouvoir être partagées librement. Nous avons plusieurs fois analysé la montée d'un néo-communisme dans la société numérique, et l'action autant que le vocabulaire de l'ATILD ne sont pas sans rappeler certains mouvements révolutionnaires d'extrême gauche. Avec cette particularité que les néo-communistes qui défendent le partage des oeuvres sont idéologiquement beaucoup plus proches des ultra-libéraux économiques que des trotskistes, avec cependant une forte dose d'humanisme. C'est cette complexité idéologique qui fait que le sujet est passionnant à suivre et à commenter au quotidien.

Mais nous ne nous retrouvons pas dans le combat de l'ATILD et surtout pas dans son choix de défendre Wawa-Mania. Le site est un forum, un "board warez", où les membres s'échangent en toute conscience des fichiers piratés, qu'ils ont sélectionnés, décrits, hébergés sur différentes plateformes. Il est organisé par et pour les pirates, sans qu'il y ait là la moindre ambiguïté. Son créateur Zac gagne ou a gagné de l'argent avec Wawa-Mania, peu selon les uns, énormément selon les autres. Etant donné le volume du site (un peu moins de 100 millions de pages vues par mois), et notre expérience du marché publicitaire, nous pensons que la vérité se situe un peu entre les deux, mais que les gains ne sont certainement pas négligeables et dépassent largement les frais engendrés par sa gestion et son hébergement. Nous doutons très fortement qu'ils ne suffisent pas à verser les 20.000 euros nécessaires à sa caution.

Pour l'avoir dénoncé dans un billet dont on trouve ici la copie, le blogueur Bluetouff a été victime lundi d'une attaque DDOS, qui l'a obligé à fermer ses portes. Il assure que l'attaque provenait de membres de Wawa-Mania, fâchés de voir le site pris pour cible. L'affaire est un paquet de noeuds et de batailles d'égos que que nous avons renoncé de tenter de dénouer. Vous trouverez des résumés et des points de vue différents chez Kusanageek, Paul Da Silva, ou encore Keeg.fr.

Le problème, c'est ce choix de vouloir faire de Wawa-Mania en France un martyr de la cause anti-Hadopi, comme le Parti Pirate suédois a su faire de The Pirate Bay le martyr de la cause des libertés numériques à travers l'Europe. Zac veut se présenter comme une sorte de Peter Sunde qui mange des croissants au petit déjeuner plutôt des Kripsrolls. Mais il y a deux différences essentielles entre Wawa-Mania et The Pirate Bay : la légalité et la légitimité.

The Pirate Bay est défendable. Ils n'indexent pas du contenu warez, ils indexent tous les contenus, donc y compris du warez, par conséquence plutôt que par objectif. Ils accompagnent leur service d'un discours politique jusqu'au-boutiste, parfois mal compris. Leur idée n'est pas de spolier les ayants droit, mais de défendre une idéologie extrême de la liberté d'échanger l'information et les oeuvres sur Internet. Ils ont mis The Pirate Bay au service de cette idéologie, sans fournir eux-mêmes aucun contenu piraté, mais en laissant les utilisateurs se l'approprier. On peut ne pas aimer le résultat, mais l'idée est défendable aussi bien sur un plan juridique qu'idéologique.

Wawa-Mania, lui, est indéfendable sur le plan juridique. Et sur le plan idéologique, il faut s'accrocher. Le site semble réalisé uniquement dans le but de gagner de l'argent, soit en creux parce qu'il en fait économiser à ceux qui téléchargent, soit directement parce qu'il en fait gagner à ceux qui l'administrent. Il n'a pas d'autre message que celui de dire à l'industrie qu'elle doit s'adapter. Ce qu'elle doit certainement faire, mais est-ce la meilleure manière de l'y inciter ?

Après la polémique née de l'attaque de Bluetouff, l'Atild a modéré son soutien dans un communiqué. "Notre soutien envers Zac existe pour la simple raison que Zac est un adhérent de l'association (...) L'atild ne cautionne pas le téléchargement illégal et n'acceptera jamais d'être assimilée à une bande d'ado-geek-pirate en mal de notoriété", précise ainsi l'association. Une mise au point bienvenue.

Faire de Wawa-Mania le symbole de la lutte anti-Hadopi, en en faisant un martyr, c'est se tirer une balle dans le pied. C'est offrir aux médias et aux lobbys du droit d'auteur, et emballer dans un joli papier cadeau, un amalgame détestable entre ceux qui organisent la spoliation des créateurs à leur propre profit, et ceux qui se battent contre l'Hadopi pour tout ce qu'elle représente de violation des droits fondamentaux et d'anachronisme. A nos 10 bonnes raisons de combattre la loi Hadopi, nous aurions dû ajouter la mauvaise raison : défendre le piratage.

Se battre contre la loi Hadopi ça n'est pas, pour nous, se battre pour le piratage. C'est se battre pour une adaptation du droit d'auteur et de la rémunération des créateurs à l'ère numérique. Le piratage n'est qu'une conséquence de cette inadaptation. C'est n'est pas une finalité.

C'est en tout cas notre point de vue. Dites-nous si vous le partagez.

Publié par Guillaume Champeau, le 1 Juin 2010 à 20h58
 
 
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Commentaires à propos de «Wawa-Mania : martyr ou incendiaire du combat contre Hadopi ?»
 

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La plupart des discours ici sont quand même fichtrement hypocrite :

- Wawa-mania s'des dealers ! Woot, alors The Pirate Bay c'est un site qui t'indique où trouver ta métamphétamine gratuitement, c'est mieux, c'est plus dans l'esprit du partage.

- Le DDoS çaimal ! Ouai mais quand ça cible un site de major, j'aimelesartistes.fr & co ont dit pas non

- Le piratage çaimal, le partage s'bô § Pour l'instant la seule différence que je vois c'est que le partage ne concerne que ce qui est déjà sous licence libre, hors je pense qu'ici beaucoup consomment aussi du fichier provenant du piratage

- Zêtes pas content, zavez qu'a voter ! Ouai ben déjà le numérique n'est pas vraiment dans la préoccupation principales de la majorité des gens, ce qui fait que ça n'apparait pas dans les programmes.
Ensuite la confiance envers les politiques s'effondre totalement, d'un côté ils se battent pour savoir qui va les représenter et dont la ligne directrice est de s'opposer sans donner d'idées valables.
De l'autre côté nous avons un Présipape qui préfère écouter ses amis et agir dans leurs intérêts.
J'espère (comme je ne sais plus quel intervenant avant) que le vote blanc soit reconnu un jour pour qu'on puisse enfin exprimer le fait que d'un côté comme de l'autre nous n'avons absolument pas confiance en leurs capacités de dirigeants.

La seule solution au piratage ne pourra qu'être une légalisation de celui ci via un impôt juste et obligatoire (comme la TVA ahaha), personne n'ira payer pour tous le contenu qu'il consomme (à la rigueur pour des oeuvres coup de coeur, mais rien d'autres)

Bizoo all
Pour faire court, je suis entièrement d'accord avec le point de vu de Numerama.

Car oui, c'est un point de vu, et heureusement encore qu'ils en ont un. Parce qu'aujourd'hui, des médias qui ont leur propre point de vu, et pas celui que leur impose l'Etat, c'est rare et courageux.

Le reste m'exaspère au plus haut point, car beaucoup critiquent l'Etat, mais font exactement comme eux.
Bien sûr que le piratage est un rouage du méchanisme de progression de notre idéologie. Et il coûte de l'argent : il faut bien acheter à ces bat..ds de lobbystes leur produits, pour pouvoir le reproduire en suite, si je ne m'abuse (sauf car exceptionnel ou on peut le trouver directement à la source). Il faudra toujours acheter un DVD avant de le riper, ou payer une place de cinéma avant de faire un screener. Ce coût est réel, et il y a de généreux donateurs qui l'assument sans s'en plaindre. Merci a vous d'ailleurs.
Il y a aussi ceux qui pense juste de demander une petite contribution autour d'eux... et je ne leur jette pas la pierre. Un serveur, ça peut coûter cher et il est parfois nécessaire de demander à la communauté d'un forum un petit coup de main pour essayer de survivre. C'est parfaitement louable.
Mais alors, se faire de l'argent grâce au piratage...
Ceux qui font ça ne sont pas mieux que les lobbystes qu'ils combattent, de mon point de vu. Je dirais même qu'ils sont pire, car en plus ils aspirent le travail des autres pour se faire du fric dessus. Et alors qu'aujourd'hui on essaye de défendre le droit à la culture, et bien certains, qui se cachent derrière cette cause, en profite pourtant pour s'enrichir au passage.
Et c'est là qu'il y a un problème : car on passe du Partage à la Contrefaçon. Et aux yeux de la loi, c'est d'une tout autre gravité.
En gros, ceux qui font ça ajoute du grain au moulin des discours de l'Etat... c'est pathétique.

Le pire étant qu'en plus, on entend des gens dire que Numerama se positionne en juge, là ou ils ne font qu'émettre un point de vu. Mais qu'en est-il de ceux qui ont lancé l'attaque DDOS sur Bluestoff ? Ne se sont-il pas eux-même attribué la casquette du juge et du bourreau ?
Enfin, pas n'importe quel juge, hein... parce que là, on parle d'une atteinte directe à la liberté d'expression... et il y a des "juges" qui ont fait bruler des livres, pour ça.
Là, ce n'est même plus pathétique... c'est misérable.

Alors maintenant, il ne faut plus craindre l'Etat et toutes ses tentatives liberticides. Il faut aussi maintenant craindre les pirates mégalo qui peuvent user de leur grand pouvoir pour bayonner quelqu'un qui ne pense pas comme eux.
C'est le monde à l'envers... j'aurais presque peur en écrivant ces mots X'D

Conclusion, ces actes sont aussi méprisant, sinon plus encore, que ceux de l'Etat, à mes yeux.

Et que les gens qui défendent ceux qui se font du bisness avec le partage des oeuvres, ou ceux qui se font juge en s'en prennent à la Pensé qui n'est pas la leur réfléchissent un peu à tout ça avant de se donner bonne conscience en écrivant des pavés.
Moi, ma conscience, elle se porte bien. Et j'arrive très bien à me regarder dans le miroir.

Et si c'est aussi le cas de ceux qui ont lancé l'attaque DDOS, alors qu'ils n'hésitent pas à se présenter publiquement. Car dans le cas contraire, il sera facile de penser qu'ils ont un problème de conscience...
ou bien qu'ils sont lâches et méprisables.

A bon entendeur.
PS : pardonnez-moi le ton cinglant, mais là, je suis écoeuré par de tels agissements. C'est l'Etat les c..s normalement...
Tout à fait d'accord avec cette mise au point: nous ne défendrons pas nos idées en adoptant une attitude concrétisant ainsi les stéréotypes qu'on nous reproche.

Défendre une évolution du droit d'auteur (quoique, sur certains aspects, il s'agirait plutôt d'un retour aux sources: "défendre l'auteur contre des exploitations commerciales sauvages" plutôt que, comme il semble l'être devenu aujourd'hui "défendre les producteurs contre le public"... et parfois pire encore), voilà une cause justifiée.
A l'inverse, défendre des exploitations illégales et surtout illégitimes, dont le but n'est pas de répandre la culture (au sens large du terme: livres, musique, jeux et logiciels, etc...) mais de gagner de l'argent (comme vous l'avez dit directement ou indirectement), c'est critiquable et ce sera un boulet pour la défense d'un partage équitable.

Conservons donc une position loyale, ne tendons pas le bâton à l'adversaire... en d'autres termes, faisons le choix des solutions que nous estimons honnêtes face aux abus de la "propriété intellectuelle", mais ne "piratons" pas les produits des modèles fermés. C'est ainsi que le message passera le mieux.
zabre, le 02/06/2010 - 01:49
Intéressant. Maintenant, on va peut être pouvoir passer à une bonne raison : condamner explicitement le piratage.

Si par le mot "piratage" tu veux dire "partage à titre gratuit de fichiers numériques", alors c'est un raccourci bien rapide...

Si par le mot "piratage" tu veux dire "contrefacon à titre onéreux de fichiers informatiques" (par onéreux, j'inclue la publicité, les dons,...), alors je te suis à 100%.

Personnellement je considère qu'un produit qui a un coût marginal nul (cad que ca ne coute pas plus cher de produire "1 élément de plus") ne peux PAS être vendu à l'unité: Le coût DOIS être forfaitaire. Sinon la logique est ineluctable: On arrive obligatoirement à une rente de situation, ou l'argent est concentré et n'est plus ni redistribué aux créateurs, ni n'encourage la créativité. On l'a très bien vu dans les Télécom, pour changer d'exemple: C'est encore pour ca que FT a encore aujourd'hui un monopole de fait très difficile a démenteler.


Tu dis souvent que l'on partage "ce qui ne nous appartient pas".
Mais pour moi, une "oeuvre" n'appartient a *personne*.
Ce n'est pas une "chose" qu'on peux avoir et les autres pas - c'est comme "la connaissance" en quelque sorte - Serais-tu d'accord pour qu'un prof de math t'impose une "licence" sur le contenu son cours, et t'impose de lui reverser 1% de la somme chaque fois que tu rends là monnaie au supermarché sous prétexte que tu utilises ses cours pour faire une soustraction ? (je simplifie mais tu vois l'idée)

Non : Ce qu'on fait, c'est qu'on paye un "forfait". Tous les profs sont logés à la même enseigne, même si les cours de certains ont plus de succès que d'autre. (Il peux même y avoir un avantage financier direct: être embauché plus cher par une autre université, avoir des crédits recherche, travailler en consultant,...)

Mais ce n'est PAS proportionel directement au nombre d'élèves dans chaque cours assuré, ni n'a de conséquence sur la vie des élèves après les cours.

Pour moi, la création c'est exactement la même chose: Il n'est plus enviseagable, à l'heure d'Internet, de payer "à l'acte". Ni même de passer par des plateformes d'abonnements au taux de redistribution ridicule genre Deezer ou Spotify.
Je ne dis pas que ce n'est pas faisable: Mais si ces techniques existent (Plateforme ou paiement à l'acte) ce dois être en complément d' "autre chose", pour moi une licence globale (ou contribution créative, selon le terme que tu préfères).

C'est d'ailleurs fait pour la TV, pour la radio,... et c'est à mon avis inéluctable, car les gens n'arrêteront PAS de partager pour se précipiter sur les bac à CD.

La plupart des gens (novices) qui m'ont posé des questions suite aux reportages sur HADOPI m'ont PAS dis qu'ils allaient retourner miraculeusement engraisser la FNAC. Ils m'ont plutot demandé comment continuer à partager sans se faire repérer... On en est là.
Et si je leur avais dis "retourne à la FNAC", ils auraient juste demandé a qq d'autre....

Les trackers torrents sont juste une solution technique.... Il y en a eu d'autre, il y en aura d'autre. Ca ne change rien au principe.
DrFTPD, le 01/06/2010 - 23:43

Les pirates sont tous simplement des gens qui vivent avec leur temps et qui exploite la technologie qui leur ais offerte !
Oui, avec ce raisonnement les couteaux ou les pistolets( qui furent en leur temps des nouvelles technologies) ont aussi servi à trucider les gens pour les détrousser sur les mers.
Je pense que Numerama se trompe de cible en tapant sur wawa-mania et je préfèrerai un journalisme sans prise de position qui rapporte des faits, plutôt qu'un journalisme angélique, entre deux feux ! Pour moi ce discours ne tien pas debout ...
Nous respectons tes pensées profondes, mais si nous nous préférons des prises de position, tu vas nous bâillonner, nous agresser, faire en sorte qu’on ne te dérange pas dans tes convictions ?
TotoRhino à dis "En fait, ne soyons pas hypocrites, sans piratage il n'y aurait guère de partage. "
Oui et pourquoi vouloir la quantité ? C’est plus lucratif ?
Partage et piratage sont à l'heure actuel malheureusement lié !
« Malheureusement » fait toute la différence et tu l’as compris.
Combien d'entre nous prendrez de tels risque ??
Vous ou nous ?
Heu ! On a le droit de réfléchir avant de faire des conneries pour ton plaisir ?
obcd: très fort, l'exemple du prof de math.

pleindeuss, si je trouve que ton point de vue se défend dans l'absolu, je le trouve tout à fait déplacé dans le contexte. en 1789 on se battait pour avoir à manger, pas pour regarder des films ou utiliser des logiciels gratuitement. de plus, qu'aurais-tu dis à l'époque si les révolutionnaires avaient juste conduits leurs actions pour se faire de la thune, et non pas pour "libérer le peuple"? car c'est bien ce que fait ce zac, s'il s'avère qu'il s'enrichit grâce a son site: il profite de la création des autres pour s'en mettre plein les fouilles où est la différence avec les majors?
en plus, grâce à son attaque ddos sur un bloggeur, cette communauté montre bien son vif intérêt pour la défense de la liberté d'expression... bref, tout l'opposé de numérama!
si tu veux mener une vraie révolution pour de bonnes raison, je suis ton homme. injustices sociales, précarité, évasion fiscale, droit au logement, discriminations, corruption, etc, ok, mais à l'heure où je n'utilise que des vpn gratuit par conviction (quitte à payer, j'aimerai mieux payer les créateurs), je pense que tu te trompe tout simplement de combat.

DrFTPD, alors toi t'as vraiment rien compris au film! t'as sans doute raté le début, non?
heureusement que les journaliste donnent leur avis! à quoi serviraient-ils sinon?
Serais-tu d'accord pour qu'un prof de math t'impose une "licence" sur le contenu son cours, et t'impose de lui reverser 1% de la somme chaque fois que tu rends là monnaie au supermarché sous prétexte que tu utilises ses cours pour faire une soustraction ? (je simplifie mais tu vois l'idée)

Dans ta comparaison entre artiste et prof de math, il y a une légère différence que tu ne prends pas en compte : le prof de math est salarié : il a un salaire qui tombe tous les mois et une retraite à la fin de sa carrière.
Donc, son cours, je le paye déjà. Pas au moment où je suis en classe, mais ensuite, quand je commence à travailler et à payer des impôts qui serviront à rémunérer tous les profs de maths de France.

Tu ne proposes pas de transformer les artistes en fonctionnaires, non ?

Paiement à l'acte ou forfait, ce n'est pas le débat.
Que tu décides d'acheter à l'unité ou de prendre un abonnement chez un prestataire qui te fais payer de manière forfaitaire, après tout c'est le jeu de la concurrence. Comme les SMS : certains abonnements facturent à l'unité, d'autres incluent un forfait illimité.

Le débat est sur qui paye ? Et c'est là où ça commence à coincer.
Il peut y avoir une licence globale basée sur le volontariat : en gros, donc, payer un abonnement. Ce qui veut dire qu'il faudra être encore plus répressif envers ceux qui téléchargent sans payer cet abonnement. Parce que sinon, ça ne marchera jamais : personne (ou presque) n'ira payer pour avoir la même chose que ce qu'il peut obtenir gratuitement.

Ou alors, il peut y avoir une licence globale obligatoire. Mais alors, qui est complètement injuste puisqu'on va demander à tout le monde de payer pour les loisirs de quelques uns. A moins d'étendre la licence globale à toute forme de loisirs et de culture dématérialisée. Mon plaisir étant les archives de journaux (payantes), j'exige avoir les mêmes droits d'y accéder gratuitement et que les journaux soient rémunérés au même titre que les chanteurs et les maisons de disque.
Et cette licence globale obligatoire même étendue à toute forme de loisirs, restera forcément injuste puisque des gens paieront et ne recevront rien (on ne va quand même pas obliger les gens à télécharger de la musique ou à lire des livres sur Internet si cela ne les intéresse pas).

Après, il faudra entrer dans le détail des rémunérations : qui doit l'être ? A partir de quel moment un mec qui met trois notes de musique en ligne est considéré comme artiste ? Et puis, étant donné les goûts musicaux des téléchargeurs (qui ne sont pas différents des goûts musicaux des téléspectateurs), franchement ça me ferait vraiment chier que l'argent qu'on me prend serve à financer majoritairement des Johnny Halliday et des Céline Dion. Je préfère décider moi-même à qui donner mon argent : que ce soit un musicien, un cinéaste, un écrivain, ...
Ce qui est donc l'exact opposé de la licence globale.
dontbugme, le 01/06/2010 - 22:58
Ni pour ni contre bien au contraire.

Est-ce que c'est ça qu'on appelle l'absolue neutralité ?
TotoRhino, le 01/06/2010 - 23:03
Hum hum...
Le piratage c'est mal, mais le partage c'est bien.

En effet, parce que pour pirater on utilise des bateaux, des canons et des sabres, et que ça fait du sang partout et des épaves qui nuisent à l'écosystème des petits poissons dans la mer.
Mais le partage de fichiers, ça c'est cool, ça ne nuit à personne et ça peut faire que du bien :D
C'est du grand n'importe-quoi ! J'ai beau être pour la libre diffusion des ?uvres, j'estime que cela doit ce faire dans un cadre strictement légal !
ce qui est bien avec le communisme c qu'on a toujours oublié la notion de partagisme ou de redistributisme ^^
sinon gens d'en haut tout prendre rien rendre

quant à zac là..
c le gars qui faisait le beau dans envoyés spécial oui ou merde? de mémoire je dirais oui
je me vois bien produire de la weed en quantité et dire à envoyé spécial vient me filmer que je me la raconte
la stupidité ne méritera jamais la moindre compassion
"zêtes pas content, zavez qu'a voter !"
j'ai voté NON à la constitution européenne.......
encore un qui dort et se la joue démocrate hitler était démocrate à la base non?
zabre, le 02/06/2010 - 11:40
Ou alors, il peut y avoir une sécurité sociale obligatoire. Mais alors, qui est complètement injuste puisqu'on va demander à tout le monde de payer pour les bobos de quelques uns. A moins d'étendre ce payement à toute forme de couverture maladies.
Et cette sécurité sociale obligatoire même étendue à toute forme de couverture maladies, restera forcément injuste puisque des gens paieront et ne recevront rien (on ne va quand même pas obliger les gens à se blesser ou à tomber malade si il ne le son pas).
Comme quoi en changeant quelques mots on dirait du Alain Minc... Image IPB
La sécurité sociale couvrant les dangers de la vie, dangers qui peuvent nous tomber dessus sans crier gare, ce qui n'a rien à voir avec l'échange non onéreux de fichiers soumis au droit d'auteur, mais je suis sûr que les réformateur de l'UMP utiliseront ce genre de vocabulaire pour justifier la fin définitive de la sécurité sociale et des retraites par répartitions.

Pour la licence globale, il y en à déjà pour la radio.
Idem pour l'audiovisuel public, même si dans ce dernier cas les deniers sont utilisés pour les chaînes de télévisions et station de radios publiques et l'archivage à l'INA.
"zêtes pas content, zavez qu'a voter !"
j'ai voté NON à la constitution européenne.......
encore un qui dort et se la joue démocrate hitler était démocrate à la base non?


Ha bon ? Pas un type qui comme Zac aurait plutôt profité d'un système et du fait qu'aujourd'hui les gens s'en remettent "à d'autres" pour descendre leurs opinions ? Lâcheté quand tu nous tiens !
Kad Redal: ta vision idéalisée de TPB semble soit naïve, soit biaisée : amha ils gagnent *autrement* plus que les admins de WM...

il faut par contre noter qu'ils ont utilisé ce pactole, outre pour assurer bien sûr un service de qualité, pour financer des projets annexes, implémentations de leurs idées libertaires (et dont 2 vraiment attendus ont capoté, pour ne citer que VideoBay et un protocole bittorrent 2 anonymisant...)

mais ne pas soutenir zac parce qu'il n'aurait pas fait aussi bien que TPB serait un prétexte éhonté :(
Arkados, désolé de te le dire mais en interne ça fait plus d'un mois qu'on en discute (presque un an en fait): si la liberté pour vous c'est celle décidée par un type qui refuse de se justifier, alors effectivement tu as de quoi être sceptique quant à ta place au PP.
C'est comme ça que j'ai toujours vu Ratiatum/Numerama. La défense des internautes sans tomber dans les mêmes travers que ces industries du biz qui veulent détruire l'internet libre.

Et c'est bien que Numerama soit propre, sinon il perdrait toute crédibilité. Ce qui ne nous empêche pas de comprendre que certains tombent dans le warez. On ne leur jettera pas la pierre vu l'attitude des majors depuis Napster. Le but n'est-il pas de préférer une autre solution que le piratage illégal d'un coté et les dictateurs de l'autre ?
Mais en attendant une attitude responsable des acteurs du biz, et faute de mieux, les sites warez sont une réaction qui coule de source.
Le 02 Juin 2010 à 00h03
C'est vrai que je rejoins TotoRhino, il y a un problème quelque part. Comment justifier le partage, en condamnant le piratage? Je comprends bien qu'on veuille adapter les lois à l'ère numérique, en pensant à rétribuer les auteurs, mais en l'état actuel des choses, ce n'est pas possible, puisqu'il n'y a pas de structure pour cela - si ce n'est quelques sites assez rachitiques. Le piratage est donc une voie inévitable, pour l'accès à la culture.

Il est vraiment regrettable que des sites comme Wawa-mania soient les seuls à fournir un service de très grande qualité. Les sites légaux sont à des lieues de proposer le millième de ce qu'on trouve sur ce genre de site, surtout en ce qui concerne des raretés audiovisuelles. Les communautés sont souvent passionnées et loin devant en ce qui concerne l'offre. Il est vrai que certains de ces sites font de cette offre culturelle un fond de commerce, et c'est bien dommage, car la notion de partage disparait. Mais j'imagine qu'il faut payer les serveurs, et la bande passante.

Bref, comment partager sans pirater? Le piratage est-il du partage lucratif? Je ne le crois pas, mais c'est ce que laisse entendre l'article.

Ou j'ai encore compris de travers..


+10000
zabre, le 02/06/2010 - 11:40


Après, il faudra entrer dans le détail des rémunérations : qui doit l'être ? A partir de quel moment un mec qui met trois notes de musique en ligne est considéré comme artiste ? Et puis, étant donné les goûts musicaux des téléchargeurs (qui ne sont pas différents des goûts musicaux des téléspectateurs), franchement ça me ferait vraiment chier que l'argent qu'on me prend serve à financer majoritairement des Johnny Halliday et des Céline Dion. Je préfère décider moi-même à qui donner mon argent : que ce soit un musicien, un cinéaste, un écrivain, ...
Ce qui est donc l'exact opposé de la licence globale.
Pour la redevance de la TV on ne te demande pas ton avis sur les choix des programmations.
Moi ça me fait chier que mes impôts servent à financer la guerre en Afghanistan, a chacun ses tracas.
dragon666999, le 02/06/2010 - 12:44
Le 02 Juin 2010 à 00h03
C'est vrai que je rejoins TotoRhino, il y a un problème quelque part. Comment justifier le partage, en condamnant le piratage? Je comprends bien qu'on veuille adapter les lois à l'ère numérique, en pensant à rétribuer les auteurs, mais en l'état actuel des choses, ce n'est pas possible, puisqu'il n'y a pas de structure pour cela - si ce n'est quelques sites assez rachitiques. Le piratage est donc une voie inévitable, pour l'accès à la culture.

Et les sites diffusants du contenu libre ? Ils crevent la dalle, pourtant ils ont une offre de qaulité et plus que crédible aujourd'hui ? Je pense à Mandriva (Ou Ubuntu, même si ca me plait moins) tiens, super distri gratuite OU payante, combien d'entre vous l'utilise ??
C'est gratos, ca ne vous met pas dans l'illegalité et ca ne donne pas de pognons à "l'industrie"

Pourquoi preferer le piratage de votre Office, Windows etc....

Deezer ou Spotify, pour le prix d'un CD par mois et encore, tu as une gigantesque discothèque... Et ca ne te suffit pas ? Il te faut LE fichier sur TON lecteur.

C'est pourtant une belle forme (pas parfaite OK) de la licence globale ca... Pourtant ca ne marche pas si bien que cela pour eux.

Et jamendo etc.....

Expliquez moi pourquoi au lien d'aller vers d'autres produits vous continuez à vous "vautrer" dans la soupe proposés par les décideurs et les majors ?

Allez vers le libre, massivement, refuser d'un coup le piratage ET la soumission au marché.

La oui ! Il y aura une prise de conscience. Pas avant.

En defendant un type qui agit pour son profit personnel et dans l'illégalité vous ne donnez que des arguments au pro Hadopi et au defenseurs du filtrage de l'internet.

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