On ne peut décidément pas évoquer le procès de Kazaa qui a lieu en Australie à Sydney sans parler de pornographie et de son filtrage. Alors que la partie semblait mal engagée pour Sharman, une subtilité linguistique vient les sauver.

Tony Bannon, l’avocat qui plaide au nom des majors pour la condamnation de l’éditeur de Kazaa, avait marqué un bon point au début du procès : « Si à un moment donné Kazaa découvre que vous utilisez Kazaa pour collecter et distribuer de la pédopornographie ou d’autre contenu obscène, [Sharman] se réserve le droit de barrer l’accès à Kazaa et aux services de Kazaa à vous et à vos ordinateurs« .

L’industrie du disque s’était réjouie de cette découverte et avait crié, non sans raison a priori, que qui peut bloquer du porno peut bloquer de la musique. S’ils n’appliquent pas la même politique pour la musique protégée par le droit d’auteur c’est, avait suggéré Bannon, signe qu’ils acceptent implicitement que leur réseau serve au piratage.

Oui, mais.

Sharman a répété qu’ils se réservaient le droit de barrer l’accès à Kazaa à ceux qui téléchargent du contenu obscène. Philip Morle, le responsable technique de Kazaa, dit lui qu’il ne sait pas comment faire. On peut se réserver le droit d’aller sur la Lune sans forcément pouvoir le faire… la réponse se tient. Un point partout.

L’employé de Sharman a en outre indiqué vendredi qu’il avait « constamment recherché des manières de limiter les violations » de droits d’auteur sur Kazaa, sans succès. Il est néanmoins incapable de fournir des preuves écrites sur ces tentatives ; toutes les solutions qu’il envisageait n’ont été adressées qu’à l’oral à Nikki Hemming, la présidente de Sharman Networks. De plus, comble de malchance, les données de son PC auraient été endommagées lors de la saisie ordonnée par le MIPI, la branche antipiratage de l’industrie phonographique australienne.

Le procès a débuté le mardi 30 novembre et doit durer trois semaines.

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