Pour concurrencer le piratage, Coppola préconise le cinéma vivant
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 22 Décembre 2009 à 17h21 -
posté dans TV Numérique
"On ne peut pas combattre le piratage. Les majors s'engouffrent dans la 3D, mais c'est illusoire", prévient d'abord celui qui a toujours souhaité resté indépendant à Hollywood. "Pirater c'est mal, bien sûr. Mais condamner des gamins parce qu'ils s'échangent des fichiers de films est une aberration. Ce n'est pas du piratage ! Vous n'allez pas les forcer à payer 20 dollars un DVD ! C'est complètement idiot...". Coppola va plus loin dans sa réflexion que Luc Besson, qui s'est dit lui aussi circonspect sur les bénéfices de la 3D pour lutter contre le piratage, mais qui voit toujours le cinéma comme un film. Pour le réalisateur du Parrain, le cinéma doit entamer une mue artistique. "Quand le cinéma est né, sa valeur tenait au fait qu'il reproduisait techniquement le mouvement. Voir une locomotive avancer dans une pièce c'était fou !", rappelle-t-il. "Aujourd'hui ce qui est excitant c'est de voir Mick Jagger ou Foolish Wives de Stroheim avec un orchestre dans la salle. Ou le Napoléon d'Abel Gance sur trois écrans, avec un chef d'orchestre, comme lorsque mon père en avait fait la musique... Tout le monde voulait y aller !". Filant la métaphore du chef d'orchestre, Coppola aimerait que le réalisateur puisse jouer avec les fichiers numériques des prises de vues pour réorganiser le film "différemment à chaque projection, ce qui est un bon moyen de lutter contre le téléchargement". "Le cinéma est devenu malléable", se réjouit-il. Et puis, "à la sortie du show, vous pouvez distribuer les DVD gratuitement, ou bien les vendre. Les gens seront contents d'en acheter, pour avoir un souvenir, ou pour offrir à un ami". "Le cinéma vient du théâtre. Je pense qu'il est prêt à devenir un art vivant". Récemment, lors d'une discussion avec Joseph Paris, l'acteur-réalisateur et producteur de cinéma libre avec son studio Kassandre nous avait fait part de son projet de faire jouer la bande son de son dernier film en live par des musiciens lors de sa projection. On ne sait pas si ça a été le cas pour l'avant-première de Printemps Soluble à laquelle nous n'avons pas pu assister, mais l'idée de joindre le cinéma mécanique à l'art vivant pour attirer les spectateurs dans les salles est clairement dans l'air. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Pour concurrencer le piratage, Coppola préconise le cinéma vivant»
J'aime beaucoup sa vision des choses, mais elle est hélas terriblement éloignée de la triste réalité économique qu'impose le cinéma, que les US ont d'ailleurs hissé au rang d'industrie, et c'est là qu'il y a antinomie avec la charmante "utopie" de Coppola.
Il a tout compris Il devrait voir avec le groupe ILLIAD (free)
Le piratage ne s'arrêtera que lorsque les majors et les artistes redescendrons sur terre et arrêteront de se gaver sur le dos des spectateurs Le piratage ne s'arrêtera jamais pour la simple et bonne raison que, comme le dit Coppola, si on a le choix entre payer ne serait-ce que 5 euros et rien du tout, ben on paiera rien du tout. Faut être logique.
La réflexion de Coppola est plus qu'intéressante, et je ne pense pas qu'on devrait focaliser sur l'exemple qu'il donne. Il ne dit pas qu'il a LA solution, mais en propose au moins une. Il faut je pense réflechir dans ce sens, et arrêter une bête chasse aux sorcières perdue d'avance, ainsi que la stigmatisation du "pirate". Personnellement, quand je vois qu'on me sort un énième American Pie en DVD et que l'on a l'outrecuidance de m'en demander 25 euros, je rigole. Je n'ai rien contre le fait de me payer une tranche de rigolade bien grasse et vulgaire, mais je suis pas non plus riche au point d'aller coller une telle somme juste pour me vider le cerveau pendant une heure. Si on m'offre un bon film, avec des bonus vraiment intéressants, un beau package qui fait joli sur mon étagère et des p'tits cadeaux dedans, j'achète (ça a été le cas pour le dernier kaamelott). Ce qui est affligeant, en plus, c'est que les solutions existent, et qu'elles ont été mises au point par ceux-là mêmes que l'on qualifie de pirates. Est-ce que quelqu'un aurait quelque chose contre le fait de se taper n'importe quel film en streaming contre 10, allez, 15 minutes de pub pendant le film? (en supposant que la thune de la pub aille aux organismes gérant les droits d'auteur et pas intégralement dans la poche du gestionnaire du site). Moi, personnellement, non. Ca me gêne pas. Est-ce que ce serait sorcier de permettre aux internautes de payer 10-15 euros de plus sur leur forfait sur la base du volontariat, argent reversé aux ayant-droit, et permettre de cette façon d'avoir un vrai droit au téléchargement? Dernière solution : produire de vrais artistes ciné, presse et musique) qui ont du talent et des choses à dire? Je suis un peu utopiste sur cette dernière idée, mais bon, sait-on jamais? Raminagrobizz, le 22/12/2009 - 17:58 collinmic, le 22/12/2009 - 17:52 le public actuel est prêt à payer pour de l'authentique et de l'unique et de moins en moins pour de chose qui sont facilement reproductible. Enfin c'est mon point de vue Le public - de tout temps - n'a surtout jamais été prêt à payer pour ce qu'il peut avoir gratuitement et sans (ou avec un minimum) de risques. Alors oui, le prix de la musique et du DVD doivent devenir nuls pour le consommateur, mais donc trouver d'autres sources de financement. Pour le cinéma, ca sera plus dur, mais pour le disque, des système comme Airtist ou Beezik, ou tu mates une pub et l'annonceur paye pour toi me semble l'avenir (à condition de virer les DRM). Il est déjà possible de virer les DRM sur Beezik...
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Non parce que le théâtre est un spectacle dit "vivant" où les comédiens sont face au public.
Il faut réinventer la projection du film... ou réinventer la post-production d'un film... ou la budgétisation de la diffusion... ou que les dirigeants aillent en cours d'économie du cinéma parce qu'ayant reçu ces cours il y a 10 ans, nos chers professeurs parlaient déjà de ce problème...
Mais réfléchir à un changement ou jeter la pierre sur autrui ?
Je suis content que Coppola fasse partie du premier camp...