Pour encourager le déploiement de la riposte graduée aux Etats-Unis, le directeur exécutif de la Fox Filmed Entertainement est allé chercher du côté... du cinéma indépendant. Selon lui, si le piratage affecte les grands studios de cinéma, la situation est pire pour les petits cinéastes et les petits producteurs.

Cette semaine, le directeur exécutif de la Fox Filmed Entertainement, maison-mère de la Twentieth Century Fox, de la Fox Searchlight Pictures, et de la Fox Music, Inc, a affirmé que les États-Unis devaient suivre le leadership de la France en matière de lutte contre le téléchargement illégal. Lors d’une conférence à Athènes, Jim Gianopulos, a soutenu le principe de la riposte graduée, meilleur moyen selon lui d’en finir avec le piratage des œuvres culturelles sur Internet.

Si ces déclarations s’inscrivent sans surprise dans la droite ligne de la stratégie suivie par les ayants droit, Jim Gianopulos a cependant développé un argument inattendu. Selon lui, un système qui a pour finalité la déconnexion des internautes enfreignant le droit d’auteur aurait l’avantage de soutenir… le cinéma indépendant. Oui, vous avez bien lu : pour justifier la mise en place d’un système visant à punir systématiquement les internautes, l’une des plus importantes sociétés de production de cinéma américaines invoque le cinéma indépendant.

Pour ce haut responsable, le piratage sur Internet est la plus grande menace qui pèse sur l’industrie cinématographique. Mais si les principaux studios sont durement touchés par ce phénomène, les petits producteurs et les réalisateurs indépendants vivent une situation bien pire. C’est pourquoi les fournisseurs d’accès à Internet doivent être contraints de traquer les adresses IP des internautes suspectés de partager illégalement des contenus protégés par le droit d’auteur. Les traquer et les sanctionner, bien entendu.

« Si nous pouvons faire ça, ce serait alors une grande victoire contre le piratage » a-t-il ainsi déclaré, ajoutant que « la mauvaise nouvelle, c’est qu’Internet est vaste et anonyme« . Selon Jim Gianopulos, la riposte graduée permettrait de créer une situation plus équitable pour les réalisateurs indépendants. Il est particulièrement savoureux de voir un grand studio de cinéma chercher à défendre ses intérêts en invoquant les difficultés que rencontre la concurrence…

Cela n’est pas sans rappeler la stratégie assez étrange adoptée par d’autres compagnies cinématographiques. Ainsi, il y a encore quelques semaines, le patron de Sony Pictures affirmait dans une tribune que le piratage détruisait massivement des emplois, d’où la nécessité de mettre en place une législation plus dure envers les fraudeurs. Et pourtant, quelques jours plus tard, la même société révélait avoir pulvérisé le box-office.

Alors, le piratage affecte-t-il le cinéma indépendant ? Sans doute, mais pas forcément de la façon que l’on croit. Le partage de fichiers sur Internet a l’immense avantage de diffuser l’œuvre d’un artiste à une audience potentiellement mondiale… et cela sans le moindre coût financier. Le 17 novembre dernier, nous vous relations justement l’histoire d’un cinéaste méconnu du grand public qui a vu le succès de son dernier film atteindre des sommets.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés