Les ventes de livres boostées par leur piratage
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 14 Octobre 2009 à 20h17 -
posté dans Société 2.0
![]() Selon une étude menée pour l'éditeur O'Reilly, la courbe des ventes de livres repartirait fortement à la hausse au moment où les ouvrages sont piratés. De quoi tordre le coup à bien des idées reçues. "Alors les bénéfices ils vont les prendre où, si c'est distribué gratuitement ?". C'est la question posée naïvement par un lecteur défenseur de la lutte contre le piratage dans notre article de ce matin sur la sortie prochaine de La Bataille Hadopi, un ouvrage collectif distribué sous licences Creative Commons et Art Libre. Dans un certain shéma de pensée, où tout ce qui est consommé doit l'être après paiement, la gratuité est vu uniquement comme une perte d'argent. Et pourtant, c'est parfois le contraire. Sans aller jusqu'à la sortie de versions collectors comme l'a fait InLibroVeritas pour l'ouvrage qui sortira le 29 octobre, les éditeurs ont tout à gagner à permettre la circulation de leurs oeuvres sous forme numérique, libre et gratuite. Brian O'Leary, fondateur de Magella Media, a dévoilé au salon du livre de Francfort une analyse portant sur le piratage et les ventes des livres de la maison d'édition O'Reilly, sur 71 semaines. Il conclue que les ouvrages qui ne sont pas piratés ont une baisse continue de leur niveau de ventes, tandis que les ouvrages piratés se vendent mieux. Et pas seulement parce qu'ils sont plus connus, donc plus susceptibles d'être à la fois achetés et piratés, mais bien parce qu'ils sont piratés. En effet, selon Actualitté qui rapporte l'étude, "entre la 19e et la 23e semaine, période à laquelle les titres ont commencé à être piratés, les ventes des ouvrages ont connu une hausse de 90 %". C'est donc bien le piratage qui a provoqué une montée des ventes. "Dans un premier temps, nous ne nous attendions pas à une diminution des ventes, mais sûrement pas à une augmentation. Et moins encore à une hausse aussi forte", s'est étonné Brian O'Leary. O'Reilly, spécialisé dans les ouvrages portant sur l'informatique, ne protège aucun de ses livres numériques avec des DRM. Cette étude devrait les inciter à continuer. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
47
Commentaires à propos de «Les ventes de livres boostées par leur piratage»
sham_o, le 16/10/2009 - 15:22
C'est parce que il n'y a pas de musique sur le P2P que les ventes s'effondrent ?(je veux dire, si le P2P fait vendre)Citation Les studios de cinéma s'en sortent ? Première nouvelle. Disons qu'ils ne sont pas dans les mêmes difficultés que bien des maisons de disques. Ce n'est pas parce qu'un studio gagne de l'argent sur un film qu'il s'en sort bien, et surtout pas grâce au P2P. Pour avoir un élément de comparaison fiable, il faudrait se placer dans un monde toutes choses égales par ailleurs, où le P2P n'existe pas. Ce qui est impossible. J'en reste à mon expérience personnelle, et à celle de tout le monde autour de moi, une fois que j'ai vu un film piraté, j'ai beaucoup moins envie d'aller le voir. Une fois que j'ai téléchargé un album, j'ai beaucoup moins envie de l'acheter (ça arrive mais c'est rare)
Pour Radiohead, ils s'y sont remis avec My Twisted Words qu'ils ont eux-même distribué sur P2P (donc pas pour une période limitée), donc on dirait que le coup de pub devient structurel. Quant à la généralisation, il y a Smashin Pumpkins qui va s'y mettre aussi tout comme Yoko Ono. Tu dis que tu es convaincu que c'est un coup de pub éphémère, je réponds que c'est le début de quelque chose de nouveau, un point de basculement qui s'amorce : il y a à peine deux ans, ce que font ces groupes aurait été impensable. C'est le début d'une courbe de croissance exponentielle, c'est lent au début, mais ça va s'accélérer. La preuve, Pumpkins a annoncé que son prochain album serait gratuit il y a à peine quelques semaines, et Yoko Ono à peine quelques jours. Note aussi que ça vient aussi du côté du cinéma, avec, l'air de rien, Ridley Scott. Pour les exemples que tu cites, j'y vois bien souvent une façon de s'acheter de la bonne conscience en achetant l'album de NiN, Radiohead etc. Pour Radiohead c'était un coup marketing, sinon pourquoi distribuer un album librement sur une période limitée. Je suis convaincu que ce n'est pas généralisable. Ceci dit je n'ai pas de preuves je te l'accorde, on est dans le domaine de l'opinion. Mais c'est le même cas pour ce que t'avances. Pour le reste, quand tu dis que tu n'as pas envie d'acheter un album quand tu l'as téléchargé, je constate que tu n'as pas lancé ta mumule pour télécharger Good Copy Bad Copy (sous-titré en français) qui explique la chose bien mieux que moi, mais admettons. La façon de parer à ça est d'arrêter d'essayer de répliquer le modèle du disque en plastoc et offrir quelque chose de plus. C'est ce que NiN a compris : il y a de vrais coffrets collector avec des bonus, une page remix ou tu peux mettre tes créations à toi, un forum, et un mini réseau social. Les mecs font des dons, achètent et cher les produits dérivés et vont aux concerts. Même qu'il y en a aussi pour acheter l'album au format mp3 chez Amazon au point d'en faire la meilleure vente, on dirait qu'il y avait un paquet de gens qui ont essayé de se donner bonne conscience. Tout comme Radiohead qui a gagné de l'argent avec cette envie de bonne conscience, sans oublier LimeWire qui le fait depuis des années, ni In Libro Veritas qui ne date pas d'aujourd'hui, etc. Bonne Conscience Inc. a l'air de bien marcher, surtout quand tu dégages l'énorme part du gâteau qui revenait aux majors et aux distributeurs comme la FNAC qui sont devenus inutiles. Pour le logiciel libre, dans les années 80 Stallman avec son GNU passait pour un fou furieux lunatique totalement à l'Ouest, aujourd'hui j'écris ce message grâce à son OS que j'ai téléchargé pour 0€ tout rond sur pitoupi. Pourtant la boîte qui le distribue compte bel et bien se faire de l'argent avec les services associés. Pour la musique libre il y a un capital risqueur affreusement capitaliste qui vient de prendre une participation dans Jamendo et il a bien l'intention de faire fructifier sa mise ; de plus un concurrent spécialisé sur la niche éléctro est apparu il y a plusieurs mois : Gkoot. Pour les petits vieux réacs, il y a depuis peu Musigratis qui met en téléchargement gratuit les enregistrements de musique classique qui sont entrés dans le domaine public. Bref, je ne crois pas qu'on est dans le domaine de l'opinion, on a des preuves réels, palpables, concrets que qu'il se passe quelque chose de nouveau. Pour résumer, il s'agit de s'adapter à un nouveau contexte pour en tirer profit, et certains gagnent de déjà de l'argent avec. C'est sûr que le modèle est loin d'être achevé, les pionniers tâtonnent encore mais en attendant ils ouvrent des marchés alors que d'autres refusent de voir que les choses bougent et persistent à s'accrocher à un modèle dépassé. Et avec cette concurrence du gratuit, les majors ont vraiment du souci à se faire, avec ou sans HADOPI. Un vinyle, aujourd'hui, vaut dans les dix euros, alors que le volume de production est bien inférieur à celui des CD (plus pour longtemps, on dirait), donc pas d'économies d'échelle. Pour faire court, un CD revient moins cher à presser qu'un vinyle mais il est vendu plus cher. Au début, l'excuse officielle était le fait que le bidule était nouveau... et il est resté nouveau pour plus d'un quart de siècle alors que le prix du vinyle (qui n'est pour la grande majorité pas pressée par les majors) a baissé normalement. Les CD devraient coûter encore moins que les vinyles Et de deux tu exagères, les vinyles actuels sont plus proches de 15 euros que de 10 euros. Ils sont juste légèrement moins chers. A choisir, au même prix, je choisis le CD. La majorité est dans mon cas, donc le CD est plus cher. C'est de bonne guerre. On appelle ça le commerce. Tu demanderais à Apple de vendre ses Iphones au prix qu'ils valent vraiment alors que des gogos trouvent justifié de payer 450 euros pour les avoir ? On appelle ça le commerce une fois encore.
On ne doit pas fréquenter les mêmes disquaires, les vinyles neufs que je vois sont aux alentours de 10 euros. Certains coûtent un peu plus, d'autres un peu moins. Pour la comparaison avec Apple et « la bonne guerre », note que la majorité n'est pas dans ton cas vu que les ventes de CD s'effondrent alors qu'Apple va très bien. Le modèle marcherait s'il y avait de la demande, mais là les gogos ont en eu marre, ce qui change tout : continuer comme si les gogos en question allaient payer cher les CD (= maintenir des marges de fous), ce n'est pas du commerce, c'est du suicide. Les mecs n'ont d'ailleurs tellement rien vu venir que Sony, qui maîtrise toute la chaîne musicale de la fabrication des CD à la production des artistes en passant par les platines et autres walkman, s'est fait souffler le marché par Apple qui ne connaissait rien à la musique. Après, s'ils veulent se tirer une balle, qui suis-je pour remettre en cause leur décision ? Au fait, en parlant de ça, tu en penses quoi maintenant de l'article du Figaro, de l'effet Sarko et de l'esprit critique ?
Sérieux t'as pas compris que c'était du second degré ?OK, relis l'article de Numerama s'il te plait : "Et pas seulement parce qu'ils sont plus connus, donc plus susceptibles d'être à la fois achetés et piratés, mais bien parce qu'ils sont piratés." C'est assez clair, non ?
C'est ce que je me tue à te dire, ce n'est pas parce que Numerama le dit que c'est vrai. C'est pour ça que je te faisais une fausse citation du Figaro, étrangement tu as retrouvé ton esprit critique là. Tu peux me reciter la phrase autant de fois que tu veux. Je sais lire t'inquiète pas, mais elle sera toujours fausse. P.-S. Ah tiens, mon lecteur RSS vient de signaler un article rigolo : encore un auteur qui demande explicitement à ce que son livre soit piraté : http://news.slashdot...s-Book?from=rss un ebook je le lirai pas en ebook meme (en plus ça nique les yeux et j'aime bien tourner les pages et lire n'importe ou, sentir l'odeur du papier etc...) pas une bd, mais si ça me plait j'irai acheter le livre.
>>>"Ben justement, il n'y a aucun lien de causalité prouvé dans ce passage."
+1 avec ton exemple sur Sarkozy. Un autre : c'est en Alsace que la natalité est la plus forte c'est en Alsace qu'il y a le plus de cigognes. Donc c'est bien la preuve que ce sont les cigognes qui apportent les bébés. En même temps, Numerama écrit : "Selon eux, le piratage permet d'essayer l'application avant de l'acheter, évitant ainsi de payer une application qui se révèle être médiocre. Or, sur l'ensemble des individus utilisant des softs piratés, à peine 0,43 % d'entre finissent par se rendre sur l'App Store pour acheter une version légale. Alors, serait-ce un argument pour se donner avant tout bonne conscience ?"
C'est dingue. Quand il s'agit de livres piratés, c'est 90% de hausse des ventes. Quand il s'agit d'applications piratés, c'est 0,43%. Que la musique, les livres ou les applis ne soient pas la même chose, c'est certains. Mais alors, arriver à avoir des comportements diamétralement opposés, c'est absolument incroyable. Bref, tout ça pour dire que les statistiques, on leur fait dire absolument n'importe quoi. Et qu'il faut arrêter de prendre les gens que pour des cons : si le piratage augmentait le nombre de ventes des films ou des musiques, les éditeurs (qui sont avant tout des commerçants) auraient eux même ouvert des espaces de téléchargement libre. Mais comme le dit justement sham_o, une fois que tu as téléchargé un film illégalement, à qui veux tu faire croire que tu vas aller le voir en salle ou que tu vas acheter le DVD ? enter, le 19/10/2009 - 11:58
Mais comme le dit justement sham_o, une fois que tu as téléchargé un film illégalement, à qui veux tu faire croire que tu vas aller le voir en salle ou que tu vas acheter le DVD ? Cette méthode permet de sélectionner les oeuvres qui méritent un achat (CD, DVD, Ciné, Contert, etc...) Dans le cas de la musique, cela te permet par exemple de découvrir d'autres artistes que ceux passant en boucle à la radio, afin de mieux sélectionner le futur concert (plus de choix), et dans le cas des films, ça permet de ne pas te faire entuber par une bande-annonce "trop" bien faite en regard du film Dans plein d'autres domaines que la culture, les industriels consentent à permettre au consommateur de se faire une bonne idée du produit (essai de véhicules, etc...) ou bien remboursent les insatisfaits (le délai de rétractation de 7j, les fameuses offres "satisfait ou remboursé", dont certains abusent joyeusement, mais qui sont toujours là, malgré que le bien consommé ait été détruit) . . . enter, le 19/10/2009 - 11:58
En même temps, Numerama écrit : "Selon eux, le piratage permet d'essayer l'application avant de l'acheter, évitant ainsi de payer une application qui se révèle être médiocre. Or, sur l'ensemble des individus utilisant des softs piratés, à peine 0,43 % d'entre finissent par se rendre sur l'App Store pour acheter une version légale. Alors, serait-ce un argument pour se donner avant tout bonne conscience ?"C'est dingue. Quand il s'agit de livres piratés, c'est 90% de hausse des ventes. Quand il s'agit d'applications piratés, c'est 0,43%.
Quand il s'agit d'applications, c'est surtout le fait de s'être habitué à un logiciel qui compte. Quand Bill Gates lui-même explique que tant qu'à copier, autant que les gens copient du Microsoft au lieu d'autre chose, il sait de quoi il parle. C'est anéfé dingue, hein... Ou encore quand Apple ne met pas de clef sur les disques d'OS X, et que le mec de la hotline t'explique que tu peux y aller pour l'installer sur un autre Mac parce que c'est ce qu'il a fait et que ça marche, ce n'est pas anodin. Les types espèrent bien qu'une fois que tu es biberonné à leur bidule, tu voudras la même chose dans ton entreprise, entreprise qui ne voudra pas dépenser des sous pour te former à autre chose. De toute façon le piratage des logiciels chez les particuliers est un problème relativement mineur, dans le sens où tu peux vérifier l'authenticité du logiciel assez facilement et refuser de fournir des services à ceux qui n'ont pas payé leur licence (services en ligne, extensions, mises à jour etc). Pour les petits éditeurs qui vivent de la vente de licences comme s'ils vendaient un produit sans pouvoir fournir des services associés en ligne ou de la maintenance, ça fait un moment que le modèle est pour ainsi dire mort sans que le piratage soit en cause : qu'est-ce que j'en ai à foutre de chercher un crack pour Winrar quand j'ai PeaZip ? Que la musique, les livres ou les applis ne soient pas la même chose, c'est certains. Mais alors, arriver à avoir des comportements diamétralement opposés, c'est absolument incroyable. Le fond de l'affaire, c'est que la copie transforme le paysage, qu'il soit illégal et appelé piratage ou légal et appelé freeware/libre. Les comportements des clients/usagers, eux, dépendent du comportement de l'auteur/éditeur/vendeur : prends moi pour un con, pas de problème, je sais jouer à ce petit jeu. Prends moi pour quelqu'un d'honnête, et c'est étrange mais ça marche, exemples à l'appui. Ce qui est intéressant, c'est que ceux qui interdisent la copie (tout en admettant la favoriser dans certains contextes pour faire pièce à la concurrence) sont, en général, ceux qui prennent les gens pour des cons. D'autres ont trouvé le moyen de gagner de l'argent en encourageant au contraire explicitement la copie au lieu de reproduire un modèle hérité de production de biens rivaux. Et ce pattern commun on le retrouve aussi bien pour la musique, les livres, les films que les logiciels. Tiens, hop un exemple pour les BD maintenant : http://www.flashbackuniverse.com/ . Les mecs expliquent que le format CBR/CBZ/CBT est à la BD ce que le mp3 est à la musique, et que leurs BD sont à télécharger gratuitement. Bref, tout ça pour dire que les statistiques, on leur fait dire absolument n'importe quoi.
Ça c'est la formule standard qu'on sort quand les stats (ou les sondages pour ceux qui se souviennent de 2007) ne plaisent pas. N'empêche qu'avec un peu d'infos sur le contexte c'est très utile et des stats bidonnées ou partielles, ça se remarque de loin. Pour la tienne, par exemple, c'est un cas particulier qui concerne l'iPhone, un truc récent qui essaye de reproduire le modèle des années 80-90 du monde Wintel, et qui, à mon avis, ne subsistera pas une fois que le marché se mettra en place avec une réelle concurrence. Ça s'appelle prendre un cas particulier pour tenter de contredire la tendance générale, c'est effectivement un bel exemple où tu tentes de faire dire n'importe quoi aux stats -- et ça se remarque. D'ailleurs, cette formule standard a l'air de te donner l'impression que tu as pu éviter de répondre aux exemples que j'ai fourni, de faire comme s'ils étaient en dehors de l'espace et du temps, qu'ils n'existaient pas. Non seulement c'est faux, mais en plus ça ne permet pas d'avancer. Et qu'il faut arrêter de prendre les gens que pour des cons : si le piratage augmentait le nombre de ventes des films ou des musiques, les éditeurs (qui sont avant tout des commerçants) auraient eux même ouvert des espaces de téléchargement libre.
Je sais que tu me diras qu'il y a toujours l'exception qui confirme la règle et tu auras certainement raison mais je ne prends pas les gens pour des cons. Quand ça arrive sur un forum, c'est bien plus simple de ne pas répondre. Maintenant, pour ne pas remarquer que les espaces de libre téléchargement sont justement en train d'apparaître (les exemples que j'ai cité plus Vodo depuis quelques jours) sans oublier les tentatives de concurrencer assez maladroitement le piratage avec Deezer ou Hulu, j'avoue que je me demande comment tu fais. Les majors ne sont naturellement pas partants (pour diverses raisons comme la perte de contrôle, le fait que leur utilité devient discutable, et leur opposition rituelle à toute avancée technologique comme la radio ou les K7 VHS), mais bon, ce n'est pas comme s'ils avaient le choix et les auteurs, eux, finissent par ne plus attendre. D'ailleurs, en parlant de ça, l'auteur dont que citais dans mon message précédent et qui demandait explicitement à ce que son livre soit piraté a fait marche arrière après ce que son article se soit retrouvé sur slashdot. Il dit qu'il n'a pas voulu dire ce qu'il a dit, et pour qu'on puisse vérifier par nous même, il a redirigé son site sur un autre site sans rapport (sauf que le cache de Google restait accessible, lui). Pourquoi ? Je crois qu'il n'est pas difficile de deviner la réponse et on peut se demander qui prend vraiment qui pour un con, ou plutôt qui force qui à prendre les gens pour des cons. Mais comme le dit justement sham_o, une fois que tu as téléchargé un film illégalement, à qui veux tu faire croire que tu vas aller le voir en salle ou que tu vas acheter le DVD ?
Ça, c'est le problème des studios. C'est à eux de se démerder et de s'adapter, c'est tout de même pas à moi de leur dire comment faire. Ceci dit, si je n'avais pas une dent contre eux, il y a plusieurs coffrets que j'aurais acheté tout simplement parce que ce qu'il y a dedans vaut le coup. Après, l'idée c'est de baisser les prix, particulièrement en dégageant les intermédiaires (vente directe) et aussi d'offrir ce qui ne peut pas être téléchargé (coffrets premium avec des bonus, un fan n'est pas un être raisonnable et il est prêt à payer cher pour un bout de plastique ou de papier). Ils peuvent aussi creuser du côté de la formation de communautés de fans (tu as payé ton coffret, tu as accès à un forum, à des chats, à des conventions, à des avant-premières, à des goodies sur le net que tu peux éventuellement utiliser sur des produits associés, genre le jeu en ligne dérivé). Leurs revenus risquent de baisser et il faudra donner plus pour espérer les maintenir mais telle est la loi du marché, ça concerne tous les secteurs (naturellement sauf quand le lobbying permet d'acheter des lois sur mesure comme les droits d'auteur ou les brevets logiciel en informatique précisément dans le but d'échapper à la loi du marché). Si la loi du marché te pose un problème éthique ou si elle ne suffit pas, il y a toujours d'autres modèles comme le mécénat global. Il suffit de chercher... Donc je ne cherche pas à faire croire quoi que ce soit à qui que ce soit, et certainement pas à toi, c'est juste qu'à un moment donné, soit on bridera le progrès technique et nos libertés avec (sans pouvoir arrêter le piratage, on peut toujours échanger des fichiers sur des supports physiques), soit les majors seront obligés de s'adapter.
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
1 offres à partir de 241 €
2 offres à partir de 65 €
Télécharger
passion,
antivirus avast,
index php,
emule,
montage video,
restauration msn messenger,
adobe flash player,
torrent,
Accès rapide :
eMule (et mods eMule) |
Photo numérique |
Outils Réseau |
Codecs et plugins |
Nettoyeurs |
Optimisation |
Navigateur Web |
|
"Elles ne sont pas bidons, ells sont méritées, nuance."
Bel exemple de mauvaise foi, donc tu confirme l'effondrement des ventes. Tu disais plus haut que le P2P faisait vendre.
Je peux retourner le compliment : j'ai fait tout un laïus pour tenter d'expliquer pourquoi les majors se cassaient la gueule alors que les studios de cinéma s'en sortent. Il faut vraiment le vouloir pour ne pas voir la différence. Le pitoupi fait vendre, mais il faut s'y adapter et c'est pas gagné pour les débiles profonds que sont les majors. Déjà, ils étaient à un sommet avec un marché d'équipement, maintenant que c'est un marché de renouvellement qui en prime subit une concurrence féroce, ça ne peut que baisser (au hasard, la baisse de vente des téléphones portables, c'est pas la faute au pitoupi quand-même) En plus, les mecs ont fait tout ce qu'il ne fallait pas faire : exemple au hasard, ils ont essayé de tout vendre avec des DRM : résultat ? Ils ont transformé leur propres consommateurs en concurrents redoutables. Les consommateurs en question enlèvent facilement les DRM en question et mettent en circulation un produit imbattable : de meilleure qualité, vu que pas de DRM, et en plus gratuit.
Bref, essayer de répliquer le modèle de la galette en plastoc sur le net est voué à l'échec, il ne faut pas vendre des copies mais de la musique, il faut créer un lien entre l'artiste et ses fans, organiser des concerts, offrir quelque chose de plus. NiN, Radiohead, et Smashin Pumpkins l'ont compris, ce qui fait qu'il se sont fait beaucoup d'argent en offrant leurs travaux gratuitement. Vu que les pionniers ont défriché le terrain, le mouvement ne peut que s'accélérer. Quant aux majors, eux ils font des procès à leur propres clients, du lobbying pour HADOPI et des détournements de logiciels P2P libres (cf ma signature). C'est beau la sélection naturelle quand-même, et ça même le pitoupi n'y peut rien...
Les studios de cinéma s'en sortent ? Première nouvelle. Disons qu'ils ne sont pas dans les mêmes difficultés que bien des maisons de disques. Ce n'est pas parce qu'un studio gagne de l'argent sur un film qu'il s'en sort bien, et surtout pas grâce au P2P.
Pour avoir un élément de comparaison fiable, il faudrait se placer dans un monde toutes choses égales par ailleurs, où le P2P n'existe pas. Ce qui est impossible. J'en reste à mon expérience personnelle, et à celle de tout le monde autour de moi, une fois que j'ai vu un film piraté, j'ai beaucoup moins envie d'aller le voir. Une fois que j'ai téléchargé un album, j'ai beaucoup moins envie de l'acheter (ça arrive mais c'est rare)
Pour les exemples que tu cites, j'y vois bien souvent une façon de s'acheter de la bonne conscience en achetant l'album de NiN, Radiohead etc. Pour Radiohead c'était un coup marketing, sinon pourquoi distribuer un album librement sur une période limitée.
Je suis convaincu que ce n'est pas généralisable. Ceci dit je n'ai pas de preuves je te l'accorde, on est dans le domaine de l'opinion. Mais c'est le même cas pour ce que t'avances.
Un vinyle, aujourd'hui, vaut dans les dix euros, alors que le volume de production est bien inférieur à celui des CD (plus pour longtemps, on dirait), donc pas d'économies d'échelle. Pour faire court, un CD revient moins cher à presser qu'un vinyle mais il est vendu plus cher. Au début, l'excuse officielle était le fait que le bidule était nouveau... et il est resté nouveau pour plus d'un quart de siècle alors que le prix du vinyle (qui n'est pour la grande majorité pas pressée par les majors) a baissé normalement. Les CD devraient coûter encore moins que les vinyles
Et de deux tu exagères, les vinyles actuels sont plus proches de 15 euros que de 10 euros. Ils sont juste légèrement moins chers. A choisir, au même prix, je choisis le CD. La majorité est dans mon cas, donc le CD est plus cher. C'est de bonne guerre. On appelle ça le commerce.
Tu demanderais à Apple de vendre ses Iphones au prix qu'ils valent vraiment alors que des gogos trouvent justifié de payer 450 euros pour les avoir ? On appelle ça le commerce une fois encore.
C'est pour ça que je te faisais une fausse citation du Figaro, étrangement tu as retrouvé ton esprit critique là. Tu peux me reciter la phrase autant de fois que tu veux. Je sais lire t'inquiète pas, mais elle sera toujours fausse.