Plus de communication et moins de commerce sur le web

Julien L. - publié le Mercredi 19 Août 2009 à 15h37 - posté dans Société 2.0

Hitwise Intelligence a publié une étude montrant une augmentation remarquable des sites de contenu gratuits par rapport aux espaces payants. Mais plus que cet énième comparatif entre gratuit et payant sur le web, l'analyse met surtout en lumière les usages des internautes qui considèrent de façon naturelle que le web est bel et bien une plate-forme de communication avant tout.

C'est une sorte de retour du débat gratuit contre payant sur la toile et de la nature d'Internet. Souvenez-vous, le mois dernier, nous rapportions les propos d'Anthony Healy, le directeur de la société de gestion collective du droit d'auteur, l'ARPA (Australasian Performing Right Association). Évoquant Internet, Anthony Healy avait estimé que le réseau des réseaux n'avait finalement pas d'autre intérêt que de favoriser la diffusion de contenu.

C'était omettre que l'Internet avait été conçu avant tout comme un média de communication, plutôt qu'un média de consommation. Cette vision de l'Internet avait révélé à quelle point le décalage était grand entre ce qu'est Internet et la manière dont d'autres acteurs le perçoivent.

Récemment, Hitwise Intelligence a remis sur le tapis le débat du paiement pour accéder à du contenu, en publiant ces jours-ci une étude comparée entre les sites web "payants" et les sites "gratuits. Le premier concerne des domaines comme le shopping, les voyages, le commerce ou encore la finance, tandis que le second regroupe les réseaux sociaux, les sites communautaires, les forums, l'actualité ou encore les médias.

De cette analyse ressortait principalement deux idées : tout d'abord, la popularité des contenus gratuits et de la communication ne se dément pas, ces deux aspects prenant toujours plus d'importance dans le web actuel. De l'autre, nous apprenons que les sites payants perdent de leur côté des parts de marché face à l'ascension du gratuit.

Maintenant, comme le souligne Techdirt, il serait très simple d'y voir un argument du gratuit contre le payant et de rejeter toute forme de "monétisation" sur le web. Mais, les choses ne sont peut-être pas aussi simples que cela. D'une part, si la courbe du gratuit progresse nettement, ce n'est pas pour autant que nous assistons à un effondrement des sites web payants. De plus, ici nous ne parlons pas en terme de chiffres, mais de statistiques et de parts de marché.

Hitwise Intelligence ne résout finalement pas l'éternel débat du gratuit contre le payant, en revanche l'étude confirme finalement le fourvoiement d'Anthony Healy, dans la mesure où l'usage des internautes vient confirmer que le web est avant tout une plate-forme de communication qu'un grand centre commercial numérique.

C'est lorsque les détenteurs de contenu et les médias de masse arrivèrent un peu en retard sur le web, dans les années 90, que cette vision faussée du web a commencé à naitre. Sous pression des lobbies qui veulent voir le web comme ils le perçoivent, les politiques cherchent désormais à corriger les errements du réseau à grands coups de lois et de sanctions, sans regarder les nouveaux usages des internautes sur la toile.

Le véritable effort ne devrait finalement pas être sur le réseau lui-même, qui est suffisamment souple pour accueillir tout le monde ; c'est sur la manière dont certains acteurs considèrent cette plate-forme que le plus gros du travail reste à accomplir.

Publié par Julien L., le 19 Août 2009 à 15h37
 
 
14
Commentaires à propos de «Plus de communication et moins de commerce sur le web»
 
"Le web, surtout une plate-forme de communication ?"

Il faut ajouter aux internautes le conseil constitutionnel qui a compris cet usage principal du net en le sacralisent dans sa jurisprudence.
Et dire que l'architecture d'internet n'avait rien d'un réseau commercial à la base. Doit-on rappeler que ça ne devait être qu'un réseau militaire, voire universitaire ? Décentralisé pour supporter des attaques nucléaires, voilà la raison d'être d'internet. A ce sujet, je conseille les conférences des RMLL :)

Maudits soient ceux qui ont verrouillé les TLD et qui facturent les certificats SSL à prix d'or sous prétexte qu'ils contiennent les 20 ko de leur signature numérique. *gerbe*

Circulez, il n'y a rien à voir.
« De plus, ici nous ne parlons pas en terme de chiffres, mais de statistiques et de parts de marché ».

Les stats ne sont pas des chiffres donc. remarquons que ça traduit bien le sérieux avec lequel sont fait les stats la plupart du temps.
bonjour, il y a une petite faute de frappe, il manque manifestement un "plus" dans :
"le web est avant tout une plate-forme de communication qu'un grand centre commercial numérique."
Ce commentaire peut être effacé une fois la faute corrigée :)
"[Les entreprises devront à l'avenir] distribuer gratuitement la propriété intellectuelle pour vendre des services et des relations".
- Esther Dyson, journaliste, 1994.
(détails ici : http://natsume.over-...e-23720966.html )

En clair, il vaut mieux distribuer gratuitement un contenu et se financer sur un service autour de ce contenu plutôt que de forcer sa vente...
Internet n'a jamais été un réseau commercial. Le minitel, oui. Mais le minitel, c'est fini, mort et enterré (et les industriels qui le regrettent feraient mieux de se réveiller, ou de mourir, mais surtout de nous foutre la paix)

Ca rassure de lire ce genre d'études n'empeche :p
J'ai du mal a voir autre chose qu'une tautologie dans cette opposition gratuit/payant quand on met dans "payant" les sites qui ont quelque chose à vendre (shopping, voyages, commerce) et dans "gratuit" ceux qui n'ont rien à vendre (mais qui au contraire me vendent à leurs annonceurs). Evidemment que je vais utiliser plus souvent numerama.com que darty.com. Je n'a pas besoin d'une machine à laver tous les jours.

Et pourtant, je suis un des premiers à penser que le web marchand n'est pas assez développé : mal foutu, trop lent, recherche laborieuse noyée sous des propositions non pertinentes. A part une toute petite poignée de fournisseur attitrés, acheter sur le web est une expérience éprouvante qui se termine le plus souvent par un non-achat. Les 4/5 des boutiques en lignes sont à jeter.

Un immense progrès aura été fait quand les marchands comprendront qu'il faut publier des données et pas du baratin: un catalogue en XML conforme à un dictionnaire dans lequel mon ordinateur trouvera un un clin d'oeil qui vend quoi précisément, où, à quel prix. On mesure à quel point les mentalités traînent loin derrière la technique.
Une grosse confusion quand même de tout ça, le web pour qui veut surfer n'a rien de gratuit, le fai ne fait pas de cadeau pour pouvoir y être connecté. Une fois l'abonnement payé l'internaute calme ses dépenses et c'est bien compréhensif, à moins d'être un acheteur compulsif. Et puis, si on n'a pas besoin d'acheter sans arrêt, on peut éprouver le besoin de communiquer, sans remettre la main au porte-monnaie. La communication et le commerce sont présent sur le net, chacun occupant un temps différent dans les tuyaux, il est évident que la communication y est plus développée, pas forcement parce que les marchands font mal leur job, mais par choix de l'internaute qui ne se laisse pas manipuler.

Maudits soient ceux qui ont verrouillé les TLD et qui facturent les certificats SSL à prix d'or sous prétexte qu'ils contiennent les 20 ko de leur signature numérique. *gerbe*

+1
J'ai du mal a voir autre chose qu'une tautologie dans cette opposition gratuit/payant quand on met dans "payant" les sites qui ont quelque chose à vendre (shopping, voyages, commerce) et dans "gratuit" ceux qui n'ont rien à vendre (mais qui au contraire me vendent à leurs annonceurs). Evidemment que je vais utiliser plus souvent numerama.com que darty.com. Je n'a pas besoin d'une machine à laver tous les jours.



Et pourtant, je suis un des premiers à penser que le web marchand n'est pas assez développé : mal foutu, trop lent, recherche laborieuse noyée sous des propositions non pertinentes. A part une toute petite poignée de fournisseur attitrés, acheter sur le web est une expérience éprouvante qui se termine le plus souvent par un non-achat. Les 4/5 des boutiques en lignes sont à jeter.



Un immense progrès aura été fait quand les marchands comprendront qu'il faut publier des données et pas du baratin: un catalogue en XML conforme à un dictionnaire dans lequel mon ordinateur trouvera un un clin d'oeil qui vend quoi précisément, où, à quel prix. On mesure à quel point les mentalités traînent loin derrière la technique.
+1 aussi
Maudits soient ceux qui ont verrouillé les TLD et qui facturent les certificats SSL à prix d'or sous prétexte qu'ils contiennent les 20 ko de leur signature numérique. *gerbe*
+1
Les autorités de certifications ne sont pas liées aux domaines de premier niveau. N'importe qui d'ailleurs peut créer une autorité de certification et signer les certificats qu'il veut.

Pour l'utilisateur commun c'est avant tout une affaire d'argent entre ces autorités de certification (et les sites web qu'elle signe) et ceux qui publient les navigateurs web comme Firefox... On peut d'ailleurs s'étonner que Firefox ne propose pas la simple désactivation (et pas seulement la suppression) des certificats de ces autorités de certification.
>>>"rejeter toute forme de "monétisation" sur le web"

Ah bon ? On va donc avoir des ordinateurs gratuits et des connexions au Web offertes ?

La monétisation du web, il faut être particulièrement aveugle pour ne pas s'apercevoir qu'elle existe depuis le début. Parce que tous les fournisseurs de "hard", ils ne bossent pas pour des prunes.
Ah bon ? On va donc avoir des ordinateurs gratuits et des connexions au Web offertes ?
Un ordinateur fonctionne très bien sans internet.
J'ai rarement lu une étude aussi peu pertinente que celle-là...

Tout d'abord on en sait assez peu du panel choisi par Hitwise, si ce n'est que les quelques noms cités (exemple pour réseaux sociaux: "a category that is dominated by the likes of Facebook, Twitter, et al.").

C'est comme si on calculait le panier moyen de la ménagère en disant: "on y met les produits les plus courants", sans savoir ce qu'il y a dedans. Peut-être que le beurre de cacahuète est très courant au USA, mais un peu moins en Europe...

D'autre part, on n'a aucune information sur contenu du panel des sites transactionnels.

On sait que les réseaux sociaux, les outils de recherche et agrégateurs d'information, ainsi que les sites de partage/diffusion de contenus nécessitent de très grosses infrastructures, et sont généralement présents au niveau mondial, ou du moins dans de nombreux pays. Exemple: Facebook, Twitter, Youtube, Yahoo, Google, AOL, Microsoft, Wikipedia, ..., pour ne citer que quelques sites les plus visités aux UK en juillet 2009.

Or, au niveau transactionnel, mis à part eBay et Amazon, je ne vois pas quels sont les acteurs présents massivement au niveau international. Le e-commerce est très souvent malgré tout affaire de proximité, tout simplement parce que les frais de livraison, les langues, les devises, les taux de TVA, les normes électriques, ... varient d'un pays à l'autre (même si en Europe une bonne partie de ces barrières tendent à tomber).

Je viens pour ma part de Suisse, essayez d'y commander un appareil électrique et vous comprendrez ;-)

De plus, plusieurs des sites cités dans l'étude sont des sites transactionnels: quand vous cliquez sur une annonce Adwords, vous accédez contractuellement à un site internet, qu'un diffuseur (Google) a référencé sur sa page moyennant paiement d'un annonceur.

Finalement, c'est également la nature même de l'usage qui n'est pas comparable: comme le remarquait /dev/tty, on va plus souvent relever ses e-mails sur Yahoo, chatter sur MSN, voir une vidéo sur Youtube ou faire une recherche sur Google qu'acheter une machine à laver, même en étant un acheteur compulsif...
Salut

Je suis d'accord avec 2 commentaires(au moins): Internet n'est pas gratuit aujourd'hui, qu'on se le dise ! La preuve : on règle chaque mois un abonnement mensuel aux FAI. C'est de ce côté là qu'il faudra chercher, question paiement.
Personnellement, en tant qu'éditeur de sites d'information (www.tourmagazine.com) je ne pense pas que les Internautes soient disposés à payer pour de l'information. De l'autre côté, il faut bien se dire que si les éditeurs ne parviennent pas à rentabiliser leur investissement sur le Net, ils cesseront (?) de fournir du contenu. Et s'il n'y a plus de contenu informatif, il est vrai que la Toile perdra beaucoup de son intérêt.
Aujourd'hui les éditeurs rendent le Net attractif et les FAI encaissent. Cherchez l'erreur... =;O))
 
Riviera & Bar QC 460 A
 
 Robin Hood : Defender Of The Crown
 
Brava BR-75
7 offres à partir de 269 €
Télécharger
DM2
Personnalisation - Modifier l'affichage de vos fenêtres
 
Windows Power Shell
Développement - Shell évolué pour Windows XP
 
ProShow Gold
Photo numérique - Créer des slide shows
 
Atrise Lutcurve
Optimisation - Calibrez vos écrans
 
MSN Messenger 7 & 8 Polygamy
Communication - Ouvrir plusieurs comptes en même temps sur MSN Messenger
 
Août 2009
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
27 28 29 30 31 1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31 1 2 3 4 5 6
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC