Le premier pirate de l'Histoire était un évangéliste du 6ème siècle
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 18 Août 2009 à 11h24 -
posté dans Société 2.0
![]() En 561, un conflit né de la copie interdite d'un livre a abouti à une guerre civile et à la chute d'un monarque irlandais. Déjà, l'opposition entre ceux qui voulaient conserver le contrôle des connaissances par la propriété exclusive et ceux qui voulaient diffuser le savoir grâce aux copies était vive. En plus de 1400 ans, rien n'a véritablement changé...
Conservateur des bibliothèques à la Bibliothèque Nationale de France (BNF), Lionel Maurel a publié sur son blog un article passionnant retraçant l'histoire incroyablement moderne du premier pirate de l'Histoire. Il s'agirait de Saint Colomban d'Iona, un moine copiste irlandais qui a contribué à réintroduire le christianisme en Ecosse et dans le nord de l'Angleterre au 6ème siècle. Passionné par les livres, Saint Colomban aurait encouragé ses confrères moines à copier et diffuser le plus grand nombre d'ouvrages, dans le souci de faire connaître les livres et le savoir qu'ils véhiculaient. Lui-même aurait recopié de sa plume plus de 300 fois les évangiles. Dans cette tentation de transmettre le savoir au plus grand nombre, il a un jour fraudé pour copier un recueil de prières que son maître Saint Finnian voulait jalousement conserver pour lui seul. La légende raconte qu'il aurait recopié l'ouvrage en une seule nuit, "éclairé par une mystérieuse lumière jaillissant de sa main gauche tandis que de sa main droite, il ornait la copie de superbes enrichissements calligraphiques". Cette copie a débouché sur le premier conflit de propriété intellectuelle de l'Histoire, et même sur une guerre civile.
"Les livres sont différents des autres biens et la loi devrait reconnaître ce fait. Les lettrés comme nous, à qui une nouvelle somme de connaissances a été transmise grâce aux livres ont l'obligation de partager ces connaissances à leur tour, en recopiant et en distribuant les livres aussi loin que possible. Je n'ai pas dégradé le livre de Finnian en le recopiant. Il possède toujours l'original et cet original n'est pas à moi. Il n'a pas plus perdu de sa valeur du fait que je l'ai retranscrit. Le savoir qui est contenu dans les livres devrait être disponible pour tous ceux qui veulent les lire et qui sont capables de le faire ; et il est injuste de dissimuler cette connaissance ou d'essayer de cacher les choses divines que les livres contiennent. Il est injuste de m'empêcher, moi ou quiconque, de les copier ou de les lire ou d'en faire des copies abondantes pour les disperser dans tout le pays. Pour finir, je soutiens qu'il devrait m'être accordé de pouvoir copier ce livre, car si j'ai beaucoup appris du travail difficile qu'impliquait sa transcription, je n'ai tiré aucun profit vénal de cet acte ; je n'ai agi que pour le bien de la société dans son ensemble et ni Finnian, ni son livre n'eurent à en souffrir". Le jugement aboutit à la Bataille de Cúl Dreimhne en 561 (la "Bataille du livre"), qui vit s'opposer les partisans de Saint Finnian au Roi de Tara, lequel vit finalement ses forces décimées. Lionel Maurel note que l'Histoire se répète inlassablement, les moines copistes étant devenu (entre autres) les P2Pistes, avec une capacité de reproduction encore bien supérieure. "Plus que jamais, le droit d'auteur est instrumentalisé par certaines puissances pour maintenir artificiellement un état de rareté des biens culturels et limiter le nombre de copies qui peuvent être mises en circulation. Ces puissances (ecclésiastiques naguère, économiques aujourd'hui) usent de leur influence pour rechercher l'appui du souverain et faire en sorte que leurs intérêts obtiennent force de loi", écrit-il. "Et au final, il en résulte un état de guerre et de violence entre ceux qui veulent multiplier et diffuser les oeuvres et ceux qui souhaitent maintenir un contrôle sur la circulation du savoir". A méditer. à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
65
Commentaires à propos de «Le premier pirate de l'Histoire était un évangéliste du 6ème siècle»
Le débat est un peu différent. Ce recueil de prières ne permettait pas à son propriétaire de vivre et manger, puisqu'il n'était pas commercialisé.
Aujourd'hui, le principal problème vient de la rémunération des artistes et de l'exploitation post-mortem des droits (par les ayants droits ou autres - ce qui est vraiment abusé d'ailleurs). La question à se poser est : doit on pouvoir vivre de sa création? Si le droit d'auteur est changé pour l'industrie du divertissement, il faut qu'il le soit pour les brevets, déposés par des entreprises sur les inventions de ses employés. C'est le même principe que le droit d'auteur. Sauf qu'il n'y a que depuis notre époque "moderne" que l'on rémunère les "artistes" avec l'enregistrement de leurs oeuvres. Lorsque l'on ne pouvait enregistrer, les artistes musicaux multipliaient les concerts, et ils vivaient de ça et seulement de ça. Les écrivains, eux, ne vivaient même pas de leurs ?uvres, et ça n'en a jamais été le but. Ce n'est que lorsque l'on s'est mis à vendre des copies qu'il a fallu monétiser tout ça, et désormais ceux qui en profitent le plus (et ce ne sont pas les artistes) cherchent à garder ce privilège, alors qu'il est voué à disparaitre. Pourquoi cherchent-ils à le garder? Parce qu'ils se font du fric facilement sur le dos des autres, alors même que l'on voit bien que ces gens ne servent à rien. Les écrivains n'ont jamais réellement pu vivre de leurs oeuvres (hormis des auteurs comme J-K Rowling, et dire qu'elle était SDF, mais rares sont les livres qui arrivent à avoir un tel succès, c'est même excessivement rare, et elle a plus gagné d'argents avec les droits d'adaptation de ses livres qu'avec les ventes de ceux-ci). En musique, avant que l'enregistrement n'apparaisse, les artistes arrivaient à gagner un peu d'argent en multipliant les concerts, sans cesse, c'était ça leur vie, se produire, et ils ne s'en plaignaient que rarement, ils ont voulu faire ça en connaissance de cause. Lorsqu'est apparu l'enregistrement, ils ne gagnaient rien sur les ventes... >>>"culture libre et gratuite pour tous ! "
Ouhaou ! Ca c'est du slogan. Dis-moi, combien est tu prêt à payer d'impôts en plus pour financer quiconque a envie de vivre de sa musique, de sa littérature ou de sa peinture ? Combien est tu prêt à payer d'impôts en plus pour financer des musées gratuits, des concerts gratuits, des livres gratuits, des films gratuits, ... Ce que je vois moi, ce sont surtout des mecs relativement mesquins qui disent "gratuit ... pour moi". >>>"Rémunérer quelqu'un pour son travail est normal. C'est pour cela que la licence SARD est une bonne chose. "
A condition que cette rémunération soit payée par ceux qui s'intéressent à la musique. Comparer un moine copiste qui mettait des plombes à recopier des livres pour prêcher la bonne parole et un p2piste qui dl des musiques/films à écouter sur son ordinateur parce que ça coûte trop cher de les acheter ... mouais ...
>>>"culture libre et gratuite pour tous ! "
Ouhaou ! Ca c'est du slogan. Dis-moi, combien est tu prêt à payer d'impôts en plus pour financer quiconque a envie de vivre de sa musique, de sa littérature ou de sa peinture ? Combien est tu prêt à payer d'impôts en plus pour financer des musées gratuits, des concerts gratuits, des livres gratuits, des films gratuits, ... Ce que je vois moi, ce sont surtout des mecs relativement mesquins qui disent "gratuit ... pour moi". Ce que tu ne sembles pas comprendre Enter, c'est que toute société a évolué, souvent en rapport avec la culture. Avec l'avènement d'internet, cette société va encore évoluer, que ça plaise ou non mais elle est forcée d'évoluer, et tous devront s'adapter. On ne peut plus revenir en arrière et "détruire" définitivement internet. Le censurer ne sert à rien. Combattre le piratage ne sert à rien. Toutes les solutions "sécuritaires" et liberticides sont vouées à l'échec. Que je sache, il y a 100 ans de ça, les artistes bénéficiaient d'une considération énorme, mais il n'était pas donné à tout le monde d'être "artiste". Désormais, on te produit de la merde à la chaine, ça se vend quelques temps et après on en produit un autre. On a dénaturé complètement le statut d'"artiste", à tel point que n'importe qui s'en réclame désormais, juste parce qu'il/elle fait des photos bidons, du rap inintéressant ou de la techno. àtre créatif ne veut pas dire "être artiste". Mais tout ça rapportait énormément d'argent. Longtemps la culture a été libre. Maintenant que l'on a trouvé le moyen de la monétiser, on ne veut plus lâcher ça. Nous sommes à une ère de notre civilisation ou la culture est sur le point de redevenir libre. Elle deviendra peut-être moins importante, mais il y aura aussi moins de daubes et le statut d'artiste retrouvera toutes ses lettres de noblesse. C'en sera fini des merdes produits à la va-vite juste pour surfer sur des modes. La qualité se vend toujours, tant que l'on essaye pas de trop tirer sur la corde. Comparer un moine copiste qui mettait des plombes à recopier des livres pour prêcher la bonne parole et un p2piste qui dl des musiques/films à écouter sur son ordinateur parce que ça coûte trop cher de les acheter ... mouais ...
Tout le monde ne télécharge pas parce que c'est cher. Même en achetant par internet, il y a certaines choses que l'on ne trouve pas, ou pas facilement, et parfois vendu à des prix vraiment abusifs (sous prétexte que le type qui vend ça sur le site est le seul à le vendre, donc il pratique un prix bien trop supérieur à la valeur du truc, mais c'est rare). Il y a des films qui sont difficiles à trouver, des albums de musique pareil, des jeux vidéos aussi. Certaines boutiques internet ne livrent pas partout dans le monde, et localement, dans les boutiques de proximité que l'on peut avoir, on ne trouve pas forcément son bonheur non plus... A condition que cette rémunération soit payée par ceux qui s'intéressent à la musique. Oui enfin même pour les gens comme moi qui n'écoutent pas du tout de musique, y'a un moment où il faut aussi oeuvrer pour la communauté et pas seulement pour soi. Pourquoi en est on arrivé au constat suivant : si vous avez de la "chance artistique" vous pouvez avec les droits d'un seul titre vivre vous et vos descendants sans avoir besoin de vous remettre jamais au travail (cas "Hernandez")
Cette industrie a créé le statut de "One-Hit wonder", alors que le principe de l'artiste est de présenter et faire partager son oeuvre au travers des représentations vivantes qu'il pourrait en donner. Le jour ou le morceau de musique ne sera qu'un simple matériel commercial donnant envie de voir la prestation live, là on sera revenu aux fondements de l'Art. Parce que des Bébé Lilly et autres Crazy Frog, il est temps de ne plus voir ça... En musique, avant que l'enregistrement n'apparaisse, les artistes arrivaient à gagner un peu d'argent en multipliant les concerts, sans cesse, c'était ça leur vie, se produire, et ils ne s'en plaignaient que rarement, ils ont voulu faire ça en connaissance de cause. Lorsqu'est apparu l'enregistrement, ils ne gagnaient rien sur les ventes...
Et si on parlait de Patrick Hernandez et de son "Born to be alive" ? Le type a fait un titre dans sa vie, et il gagne encore 1000 à 1500 €/j, c'est lui qui le dit en plus !! Je rêve d'avoir une idée comme ça un jour, et de plus à avoir travailler par la suite... En musique, avant que l'enregistrement n'apparaisse, les artistes arrivaient à gagner un peu d'argent en multipliant les concerts, sans cesse, c'était ça leur vie, se produire, et ils ne s'en plaignaient que rarement, ils ont voulu faire ça en connaissance de cause. Lorsqu'est apparu l'enregistrement, ils ne gagnaient rien sur les ventes... Et si on parlait de Patrick Hernandez et de son "Born to be alive" ? Le type a fait un titre dans sa vie, et il gagne encore 1000 à 1500 €/j, c'est lui qui le dit en plus !! Je rêve d'avoir une idée comme ça un jour, et de plus à avoir travailler par la suite... Sauf qu'artiste n'est pas un travail, c'est un statut. A partir du moment ou tu vois l'art comme un produit à vendre, alors tu ne peux pas être véritablement artiste, mais tu serais plutôt opportuniste. Le propre d'un musicien, c'est surtout de donner des concerts, de se produire, et pas juste de vendre une seule musique pour le reste de sa vie. Si ça marche, tant mieux, mais c'est pas le but de l'art, se faire du fric. Que je sache, les premiers peintres ne faisaient pas cela dans le but d'être riches. Les premiers écrivains non plus. Les premiers chanteurs non plus. En quoi un brevet est similaire au droit d'auteur ?
En quoi un progrès technique peut être assimilé à de l'art ? Parce que l'art comme la fabrication d'un nouveau concept industriel, ou autre, relève d'une CREATION de l'esprit avant son application matériel, par une personne qui peut être qualifiable d'auteur... Il semble donc qu'il est tout à fait possible juridiquement de faire couvrir une INNOVATION TECHNIQUE par le DROIT D'AUTEUR, au lieu du brevet, ce dernier étant un plus : http://www.agoravox....-d-auteur-58536 Bien sûr, cet article est surtout subjectif, mais il semblerait bien qu'il y a eu des précédents confirmés par la justice. Ce qui fait qu'il est plus urgent que jamais d'en finir avec les droits d'auteur dans leur forme actuelle. Petite question : si les premiers artistes (peintres, ...) ne créaient pas pour être riches, il fallait tout de même qu'il puisse vivre.
Ces premiers artistes étaient (devaient?) être des gens d'un milieu aisé, voir noble ou bourgeois, qui pouvaient se permettre de passer du temps à se perfectionner. L'art est un travail, et comme tout travail, avant d'y exceller, il faut travailler. On peut critiquer le système actuel, mais je ne suis pas sur que beaucoup d'artistes existeraient si ils devaient se financer eux mêmes. On peut ne pas être d'accord avec les choix des maisons de disque, mais si elles le produisent, c'est que ça marche. Après, avec l'avènement d'une licence globale ou licence SARD, nous en reviendrons à la culture d'avant, où les artistes devront galérer plusieurs années avant de nous pondre de la bonne musique (travail, travail,...) et être connus. Mais au moins, ils seront connus vraiment pour quelque chose. Sur ce forum, moi qui suis nouveau, j'entends beaucoup parler de licence globale.
Petite question : à partir des sommes récupérés, comment redistribuer cet argent entre les différentes filières (musique, cinéma - de mémoire, la licence globale doit couvrir les deux) puis entre les différends acteurs, pour ne léser personne? On parle des commentaires / appréciations laissés (licence SARD), ou du nombre de téléchargement,... Seulement, on a bien vu avec la loi HADOPIPI qu'une connexion internet n'était pas sure. Comment prouver l'intérêt porté à une ?uvre? De plus, dans ce cas, plus il y aura d'artistes, et plus la part du gâteau sera faible, puisque la contribution sera surement fixe (ou augmentée pour pallier justement au plus grand nombre d'artistes - quitte à ce que ça dérive vers un nouvel impôt). Les studios qui investissent dans le cinéma ou autre risquent de ne plus faire autant de bénéfice qu'auparavant. Restera t'il un intérêt à investir dans ce secteur? On nous dira que celui qui a écrit ça était un communiste...
Tout à fait, d'ailleurs il mangeait les enfants (de c?ur), comme tout bon communistes. :o@melograph: La musique a ses concerts, le cinema à ses salles. Typiquement, aller voir un film et regarder un divx sur son PC, ce n'est pas tout à fait pareil. Et vu les entrées de juillet en forte hausse vis à vis des années précédentes, j'ai assez peu de crainte pour le retour sur investissement.
@melograph: La musique a ses concerts, le cinema à ses salles. Typiquement, aller voir un film et regarder un divx sur son PC, ce n'est pas tout à fait pareil. Et vu les entrées de juillet en forte hausse vis à vis des années précédentes, j'ai assez peu de crainte pour le retour sur investissement.
@melograph: la musique a ses concert, le cinema a ses salles. Les entrées en salles semblent en augmentation (malgré le "téléchargement qui provoque la ruine du secteur etc"). Celles de juillet explosent même celles des années précédentes.
Aller voir un film au cinema et regarder un divx sur son pc, ce n'est pas vraiment la même chose, pas le même plaisir. A priori je ne me fais pas de soucis sur le retour sur investissement du cinema...
|
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
13 offres à partir de 299 €
14 offres à partir de 81 €
Télécharger
windows 7 gratuit,
adobe flash player,
my torrent client,
virtualgirl hd,
vdownloader mac,
online tv adult,
emule islande,
torrent,
Accès rapide :
Graver ou numériser |
Communication |
Encoder ou convertir |
Personnalisation |
Diagnostic |
eMule (et mods eMule) |
Photo numérique |
Lecteur audio et vidéo - Lecteur à la Winamp compatible avec la plupart de vos fichiers
|
«Mais c'est surtout la défense de Saint Finnian Colomban.»