La radio numérique en France est très en retard. Mais elle fait déjà polémique. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a annoncé mardi les autorisations d’émettre accordées à 160 radios à Paris, Marseille et Nice. Les radios qui disposent déjà d’une fréquence FM étaient prioritaires, mais le CSA a également attribué des fréquences à quelques nouveaux programmes, dont ceux de LCI Radio, RTL L’Equipe et Europe 1 Sport. Soit ceux des groupes TF1, Bertelsmann (M6) et Lagardère.

Rien pour NexRadioTV (RMC, BFM, BFMTV), qui dénonce une « discrimination » et demande au CSA de revoir son dossier.

« C’est avec stupéfaction que NextRadioTV a constaté que, si RMC et BFM disposaient chacune d’une fréquence, conformément à ce qui est prévu dans la loi, le CSA a repoussé les nouveaux projets de radio numérique du groupe : RMC Sport et BFM Bourse« , a dénoncé le groupe dans un communiqué.

Il est estime que la décision est « incompréhensible et discriminatoire car dans le même temps, les groupes Bertelsmann et Lagardère Active, qui possèdent déjà trois réseaux couvrant tout le territoire, et TF1, se voient attribuer chacun une fréquence« .

Le groupe dirigé par Alain Weill tape du poing sur la table et accuse le CSA d’accorder des licences à « ces trois radios [qui] sont des armes de guerre pour affaiblir RMC et BFM« .

Poil à gratter du paysage médiatique, NexRadioTV a été fondé à la fin de l’année 2000 pour reprendre la radio RMC, avec la volonté de créer un pôle « cross-média » où les journalistes travaillent indifféremment sur les différents supports du groupe (radio, presse écrite, télévision…). Perçu comme le roi du low-cost,le groupe se veut aussi plus indépendant du pouvoir politique. C’est ainsi BFM TV, la chaîne TNT du groupe, qui avait accepté d’organiser, entre les deux tours de l’élection présidentielle, le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou. Des mauvaises langues disent qu’Alain Weill le paye toujours.

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