Razorback fait décidemment parler de lui en ce jour de fête nationale. L'hébergeur du très gros serveur eDonkey s'est vu adressé un courrier par Warner Bros. l'intimant de couper l'accès du service. Raison invoquée : un film soit-disant téléchargé sur BitTorrent. Pour Bile666, responsable de Razorback, il s'agit d'une dénonciation erronée démontrant de graves lacunes dans le traitement des données collectées par les majors. Dans la foulée, c'est cette fois une société de logiciels qui se plaint des activités du serveur.

C’est la société Mediasentry, spécialisée dans la lutte contre le piratage sur Internet, qui a envoyé le premier courrier à l’hébergeur de Razorback, dont voici notre traduction :

Nous vous écrivons de la part de Warner Bros. Entertainment Inc. (« Warner Bros. »).

Nous avons reçu des informations selon lesquelles un individu aurait utilisé l’adresse IP ci-dessous référencée à l’heure et à la date indiquée pour proposer des téléchargements de film(s) protégé(s) par le droit d’auteur sur un service « peer-to-peer », y compris le(s) titre(s) suivant :

Harry Potter and the Prisoner of Azkaban

La distribution non autorisée de copies de films protégés par le droit d’auteur constitue une infraction au copyright selon les dispositions du Copyright Act, au titre 17, section 106(3), du Code des Etats-Unis (ndlrt : le DMCA). Cette conduite peut également entrer en violation avec les lois d’autres pays, le droit international, et/ou des obligations figurant dans des traités.

Puisque vous êtes titulaires de cette adresse IP, nous vous intimons de prendre immédiatement les mesures suivantes :

1) Désactiver l’accès à l’individu qui s’est engagé dans la conduite décrite ci-dessus ; et
2) Prendre les mesures appropriées contre le titulaire du compte conformément à vos conditions d’utilisation du service.

Au nom de Warnes Bros., propriétaire des droits exclusifs des contenus protégés par le droit d’auteur dont il est question dans cette notification, nous vous informons par la présente que nous avons de bonnes raisons de croire que l’utilisation du contenu de la façon dont on se plaint n’est pas autorisée par Warner Bros., ses agents respectifs, ou la loi.

Egalement, nous vous informons par la présente, sous peine de parjure, conformément aux lois de l’Etat de Californie et conformément aux lois des Etats-Unis, que l’information qui figure dans cette notification est précise et que nous sommes autorisés à agir au nom du titulaire des droits exclusifs qui sont violés tels que mentionné dans cette notification.

Bile666 est formel. « La présence d’un client BitTorrent sur le port 4661 est techniquement impossible sur un serveur comme Razorback ». Le port est utilisé en permanence pour répondre aux requêtes des utilisateurs du serveur. Rappelons d’ailleurs qu’un serveur eDonkey ne sert pas à télécharger ou diffuser du contenu, mais simplement à mettre en rapport les utilisateurs.

Bizarrement, une deuxième accusation a immédiatement suivi la première. C’est cette fois Bile666 lui-même qui l’a reçu, après que l’accusateur, l’éditeur de logiciels néernlandais Hoka Eletronics, ait vérifié le titulaire de l’adresse IP du site ed2k.ch. Hoka se plaint de la distribution des logiciels « Code3 », « Code3 Gold », « Code30 », « Code300 » et/ou Code300-32, des logiciels destinés aux militaires. Faut-il prendre ce courrier au sérieux ? On appréciera notamment le « et/ou » qui démontre la qualité du relevé des données puisque la société n’est même pas sûre du logiciel qui a soit-disant été diffusé. De plus, le courrier que vous pouvez lire sur cette page de ed2k.ch réclame que le contenu soit retiré au plus tard le 27 juin… alors qu’il a été reçu aujourd’hui 14 juillet.

Ces deux courriers successifs appellent deux questions. Tout d’abord, quelle est la fiabilité des preuves relevées par des sociétés comme MediaSentry, employées par les majors pour bientôt mettre en prison des utilisateurs de logiciels de Peer-to-Peer ? Ensuite, la concomittance des deux fait penser que quelq’un souhaite apeurer l’hébergeur de Razorback et son administrateur Bile666 afin qu’ils cessent leurs activités pourtant légales selon les lois actuelles.

Cependant que l’on se rassure, Bile666 nous confie qu’il « n’est pas question de fermer Razorback« , ni pour lui ni pour l’hébergeur.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés