Pourquoi EMI autorise Playlist.com à diffuser sa musique et ses clips
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 27 Mars 2009 à 17h13 -
posté dans Musique Numérique
EMI a mis fin à ses poursuites et signé avec un accord avec la plateforme d'écoute de musique en ligne Playlist.com. Mais sous couvert de défendre la musique légale, l'accord renforce la position des majors au détriment des artistes indépendants.
On ignore le montant du chèque, dont on ne doute pas de l'existence. Le site Playlist.com (Project Playlist) annonce qu'il a signé un accord avec la maison de disques EMI, qui lui permet de diffuser en streaming la musique de la maison de disques britannique. L'accord vise à conforter dans sa position dominante un site qui affiche 42 millions d'utilisateurs enregistrés, contre lequel EMI avait d'abord porté plainte. Basé en Californie, le site est encore sous le coup de poursuites entamées par la RIAA et les majors du disque Universal et Warner. Sony Music avait été le premier à signer un accord avec Project Playlist en décembre 2008. Pour favoriser le succès de Playlist.com en dirigeant un maximum d'utilisateurs vers le service pour multiplier son audience et ses revenus publicitaires, EMI poursuit en parallèle des applications concurrentes qui se trouvent dans une zone grise au niveau juridique. La maison de disques a ainsi poursuivi Seeqpod, un site qui permet aux utilisateurs de partager des playlists dont les fichiers MP3 sont hébergés ailleurs, sur des serveurs qui ne sont pas contrôlés par Seeqpod. Légaliser pour mieux raréfier EMI a même été jusqu'à attaquer en justice un développeur indépendant qui aurait selon EMI le tort d'utiliser l'API de Seeqpod pour son propre service de playlists. Plus tôt, en décembre, Facebook et MySpace avaient préféré interdire les applications de Playlist.com de crainte d'être eux-mêmes poursuivis pour un service qu'ils n'ont pas créé et ne contrôlent pas. En France, la stratégie d'élimination des offres illégales ou en zone grise existe également, avec le soutien affiché du gouvernement et de la majorité pour Deezer. Numerama a compté qu'en deux jours de débat à l'Assemblée Nationale, le mot "Deezer" a été prononcé à 27 reprises par la ministre de la Culture, le rapporteur Frank Riester et les députés. Une jolie publicité inscrite au Journal Officiel. Si en soit le fait de lutter contre les sites illégaux n'est évidemment pas condamnable, le fait de chercher à réduire le nombre d'acteurs dans le but de multiplier leur audience pour garantir leur viabilité est extrêmement dommageable. En premier lieu pour les artistes eux-mêmes, qui n'auront pas d'autre choix que de signer des contrats très coûteux avec les maisons de disques ou des aggrégateurs de musique indépendante pour avoir une chance d'être diffusé sur ces plateformes. Lesquelles sont rémunérées par les labels les plus puissants pour mettre en avant leur musique au détriment des labels ou artistes indépendants. A l'heure où nous écrivons ces lignes, la page d'accueil de Playlist.com met en avant l'artiste Bow Wow... signé chez Sony Music. Sur le même sujet
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Commentaires à propos de Pourquoi EMI autorise Playlist.com à diffuser sa musique et ses clips
![]() EDU
Le 27 Mars 2009 à 17h50
a moins de filtrer le monde entier, je voit pas trop comment il vont raréfier les offres illégales
faudra aller en Russie ou dans certains pays de l'est et la c'est pas a coup de verbe que ca se passe mais plutôt à la kalachnikof ou au lance roquettes lol... ![]() ![]() darkevil
![]() Severe
Le 27 Mars 2009 à 19h38
Eh bien on peut voir ça comme étant les majors qui s'adaptent a leur manière.
Ils ont un train de retard donc ils "rachètent" ( ou rackettent ) les plus populaires des plateformes de musique. Je présume que bientôt les autres plateformes sur lesquelles on trouve de la musique vont passer des arrangements avec l'un ou l'autre major. FaceBook, MySpace...j'attends le petit single en pub avec gMail et un lien vers X Si seulement ils s'adaptaient sérieusement = prix correct, marge intéressant pour les artistes, bonus... ![]() sharkwater
Le 27 Mars 2009 à 21h23
@severe tu y crois ? lol
Non leur méthode, c'est d'abord de porter plainte, pour affaiblir l'adversaire, et ensuite de trouver un accord à l'amiable pour se l'approprier. J'ai vraiment hâte que ces majors se vident de leur essence. Leurs méthodes sont insupportables. Il faut trouver une solution communautaire pour les ruiner, qu'on en parle plus. Il y a tellement d'autres méthodes plus rémunératrice pour les artistes que ces saloperies qui leur pique leur pognon, et les tiennent en plus par les corones... ![]() ![]() EDU
Le 28 Mars 2009 à 10h31
Si les prix sont élevés c'est juste histoire de degouter la personne en face et lui tape son projet
comment faire pour une start up ??? vu le prix qu'il faudrait payer ou reverser aux ayant droits ? il te mette la barre tres haute et apres tu n'a que un seul choix.. ne rien faire et eux le font à ta place après t'avoir bien fait miroiter la chose vu les sommes il est impossible à part ceux en place de faire quoi que ce soit.. vive la libre entreprise dit donc... ![]() jolavillette
Le 28 Mars 2009 à 10h36
Je crois que Guillaume décrit bien la stratégie des majors : "légaliser" quelques sites de stremaing, harceler tous les autres, obliger les sites "sous contrats" à faire la promotion de leur cataloguer, éventuellement à terme mettre la main sur le chiffre d'affaire publicité de ces sites.
En fait, une fois de plus, ils détournent l'esprit d'internet, ils essaient de verrouiller tout ce qu'ils peuvent à leur profit, ils pourrissent la vie de ceux qui les nourrissent.... Mais on va les mettre minables, est-ce quelqu'un connait un équivalent de freezer pour Playlist.com ? ![]() alphapronto75
Le 30 Mars 2009 à 15h12
"Lesquelles sont rémunérées par les labels les plus puissants pour mettre en avant leur musique au détriment des labels ou artistes indépendants." Bipppp Mauvaise réponse. Deezer a sa propre ligne éditoriale et peut mettre en avant qui bon lui semble. Comme les radios diffusent sur leurs ondes qui bons leurs semblent pour attirer les auditeurs.
C'est justement par ce système qu'ils participent à la création et à la découverte de nouveaux groupes etc. Sur le même principe fonctionne Myspace, et j'en passe. Ensuite on ne peut pas leurs reprocher de mettre en avant par moment des gros vendeurs comme du Madonna, U2, Coldplay, etc. Car il faut bien attirer les auditeurs surtout pour ensuite attirer les publicitaires. Ensuite une offre illégale a tout intérêt à être rapidement légale, ce qui est entièrement logique et non attaquable sur ce point de vue. Des Deezers il y'en aura d'autres encore, et si ce nom est pas mal mentionné c'est parce qu'il est l'exemple le plus parlant et connu simplement. ![]() webentertainer
Le 30 Mars 2009 à 20h30
La guerre de la musique en ligne est lancée entre les majors et les start-ups. Mais les majors se trompent d'objectifs !
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