Quand Sony et Universal vous offrent ce que vous auriez peut-être acheté
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 24 Février 2009 à 12h20 -
posté dans Musique Numérique
Sony Music et Universal Music proposent aux fans de télécharger sur l'iPhone des applications qui leur permettent de rester en contact avec leurs artistes préférés. Mais plutôt que de vendre ce service à valeur ajoutée, les deux majors ont choisi de l'offrir gratuitement en pensant que ça les aiderait à vendre leur musique sur iTunes. Ou comment proposer une solution à l'envers à un problème qu'ils n'arrivent pas à mettre à l'endroit.
La société Kyte a ainsi signé avec Sony Music et Universal Music Group pour proposer des applications dédiées à leurs artistes sur l'App Store. Contrairement à celle de PUSA, les applications de Kyte sont offertes gratuitement et ne permettent pas d'écouter intégralement les chansons des artistes concernés. Mais elles donnent l'accès à des vidéos exclusives, un salon de discussion entre fans et un flux d'actualités. Sans oublier bien sûr des liens pour acheter la musique sur iTunes. Soulja Boy Tell 'Em, Keri Hilson, The Pussycat Dolls, The All American Rejects et Lady Gaga sont les premiers à apparaître ainsi sur l'iPhone avec leurs applications dédiées et desssinées spécialement à leur image (uniquement sur le store américain pour l'instant). C'est une excellente nouvelle si elle veut dire que l'industrie du disque comprend enfin qu'au 21ème siècle, leur métier n'est plus de vendre de la musique mais de vendre la relation avec les fans et entre les fans, en proposant des services à valeur ajoutée qu'ils sont prêts à payer. C'est une excellente nouvelle si ça veut dire que les maisons de disques cessent enfin de demander la riposte graduée contre leurs clients et se focalisent enfin sur une ré-invention de leur modèle économique. Mais dans ce cas, pourquoi proposer ces applications en téléchargement gratuit et continuer au contraire à vendre la musique pour elle-même, comme ils le faisaient lorsqu'elle était encore exposée au supermarché dans un rayon voisin des surgelés ? Trop obstinés à vendre des fichiers de musique, Universal et Sony n'ont pas regardé où la valeur s'était déplacée, et en arrivent à offrir gratuitement le service qu'ils pouvaient espérer vendre, et à vendre le seul service que les clients ne souhaitent plus acheter. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Quand Sony et Universal vous offrent ce que vous auriez peut-être acheté»
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Schwan
le 24/02/2009 à 12:24
En même temps, vu que maintenant se sont les mêmes que l'on retrouve à la tête des majors ou de la centrale d'achat de Picard Surgelé, on peut comprendre que la régurgitation des leçons des écoles de commerce conduise au même résultat dans les pratiques de vente.
Je trouve ce système fort intéressant pour la communauté des fans de ces artistes.
C'est tout de même dommage qu'on trouve à redire en disant qu'il faudrait en plus donner gratuitement la musique, alors que l'offre faite reste attrayante. Il s'agit d'un moyen de faire de la musique2.0 un outil à la promotion des artistes et aux services des fans. Rien n'oblige ensuite le fan d'acheter, il n'a aucun couteau sous la gorge. Il faut pour moi laisser le temps à l'industrie musicale de se retourner et apprendre de ses erreurs ce qu'elle est en train de faire avec ce genre d'outils. Par contre il me semble logique qu'à côté de ces efforts à un service gratuit (pour le fan), ils continuent de vouloir vendre la musique, ce qui permets la rémunération à la fois des personnes ayant travaillé à l'album mais aussi le financement d'autres applications et systèmes du même genre. alphapronto75 > tu lis l'article de travers... je ne dis pas qu'il faut en plus donner la musique. Relis bien et commente à nouveau, si tu veux bien.
Ce qui n'est pas logique c'est de continuer à faire payer la musique qui n'a plus de valeur en elle-même (aux yeux des consommmateurs, s'entend), et d'offrir au contraire gratuitement un service qui pourrait en avoir...
Ben, c'est pourtant simple... Ces applications gratuites sont fournies à titre promotionnel. Le contenu lui-même (l'album de musique en l'occurence) reste payant.
Faire payer l'application de "teasing" et donner la musique ensuite la musique gratuitement aurait autant de sens que de vendre la bande-annonce ou le making-of d'un film... et proposer ensuite le film gratuitement. L'offre PUSA consiste à proposer un package. L'offre Kyte consiste à promouvoir d'une nouvelle manière certains artistes. Vous vous rendez compte que vous écrivez des choses curieuses, tout de même ? "l'industrie du disque comprend enfin qu'au 21ème siècle, leur métier n'est plus de vendre de la musique". Imaginez le même raisonnement pour l'audiovisuel ("l'industrie du film comprend enfin qu'au 21ème siècle, leur métier n'est plus de vendre des films") ou l'agriculture ("l'industrie du mais comprend enfin qu'au 21ème siècle, leur métier n'est plus de vendre du mais"). Idéologiquement (disons plutôt utopiquement), la musique gratuite a un sens. Economiquement, c'est un non-sens. Un distributeur de musique vend de la musique, pas des pubs ou des makings-of ou des interviews. Et bien techniquement, le rayon disques était plus proche de l'eau de Javel et des serpillières que des surgelés, mais ça ne change pas grand chose j'en convient
Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que les majors du disque s'y engouffre... de travers.
S'y engouffrent ?@warrend : Ton analogie avec le cinéma est très juste. Aujourd'hui le cinéma en France n'est quasiment plus financé par les entrées en salle du précédent mais par les télévisions qui s'assurent une première exclusivité auprès de leur public, afin de vendre à Coca-Cola le temps de cerveau disponible qui en découlera.
En fait, techniquement, le film ne peut pas être offert dès sa sortie en salle, mais lorsqu'il passe à la télévision, là il t'es offert (avec pour toi la possibilité de l'enregistrer et de le conserver pour ton usage personnel) La, ce que l'on souligne, c'est que l'industrie musicale offre la valeur ajoutée alors que c'est aujourd'hui bien la seule chose que le consommateur lambda est bien encore foutu de vouloir payer. C'est sympa hein, mais c'est juste montrer que le déclic n'est pas encore là pour comprendre ce qui ne va plus dans le business model et y remédier. En tant que "consommateur", je ne suis pas sensible à cette offre, je ne fonctionne pas en "mode fan", si j'aime une musique, cela ne crée pas par défaut une liaison avec le compositeur, je suppose ne pas être le seul dans ce cas. Le concept m'apparaît donc un peu obscur... Mais comme plus globalement, je ne comprend rien à l'engouement provoqué par les produits Apple (esthétiquement parlant je comprends mais pour le reste...). Je me dis parfois que je suis largué.
Pour ce qui est de la comparaison Musique / Cinéma / Agriculture, n'est-ce pas un peu bancale de rapprocher une économie du tangible, du matériel, avec son opposé. Un épis de maïs "existe" pour lui même, sa valeur liée a sa matérialité, un enfant va comprendre qu'il a un coût si l'on lui raconte l'histoire de la petite graine plantée, le champ, la terre, l'engrais, le temps de croissance, le besoin en eau, l'agriculteur... L'explication pour un fichier MP3 est aussi possible, mais se heurte au problème de la "multiplication des pains", à un moment de la démonstration ça coince. @ Kad Redal:
Oui j'avais compris et justement ce que j'en dis c'est que donner en plus la musique avec ce genre d'appli gratuite et déjà pas mal si elle nous procure en vidéos exclusives. Donner encore et toujours de la musique continuera à donner aux consommateurs que la musique est gratuite et sans prix, alors qu'elle a un coût. 'alphapronto75', le 01/01/1970 - 01:00 @ Kad Redal: Oui j'avais compris et justement ce que j'en dis c'est que donner en plus la musique avec ce genre d'appli gratuite et déjà pas mal si elle nous procure en vidéos exclusives. Donner encore et toujours de la musique continuera à donner aux consommateurs que la musique est gratuite et sans prix, alors qu'elle a un coût. Le quel coût sera financé par les subventions, les chaînes de TV, de radio, et la pub, comme cela se passe pour le cinéma. La musique gratuite est partout, dans les salles d'attente, dans les parkings, dans les magasins, dans les ascenseurs etc.. Qui en sont les responsables ? Tout de même pas les internautes, si ? ouais mais non hein
enfin effectivement on peut être d'accord avec ce constat si "la musique" se résume à "Soulja Boy Tell 'Em, Keri Hilson, The Pussycat Dolls, The All American Rejects et Lady Gaga" mais alors si t'as plus de 16 ans et que tu t'intéresses vraiment à la musique, le constat consistant à dire que la musique ne vaut plus rien mais ce qui est construit autour si est à mon avis totalement faux. et totalement illusoire. Au contraire le net et le p2p ont aussi largement contribué à faire voler en partie en éclat le mythe de l'artiste-star qui ne vaut que par son image plus que par sa musique et à remettre sur le devant de la scène la musique elle même. bref pour moi l'article fait totalement fausse route, et propose même plutot une vision passéiste d'un modèle déjà dépassée. si un jour les majors s'en sortent, ça sera bien plus surement en réinfusant de la réelle diversité au sein de leurs différents modes de diffusions (radios, tv, promos, etc) qu'en faisant de la promotion bidon pour des artistes jetables qui ne sont susceptibles que d'enthousiasmer les plus jeunes. je cite "Il faut pour moi laisser le temps à l'industrie musicale de se retourner et apprendre de ses erreurs ce qu'elle est en train de faire"
heu bah heu...ils prennent leur temps, dailleurs qu'ils mettent encore un petit plus de temps et ils auront disparu, ce qui serait une EXCELLENTE nouvelle ! alphapronto75 à dit "Il faut pour moi laisser le temps à l'industrie musicale de se retourner et apprendre de ses erreurs ce qu'elle est en train de faire"
9 ans pour commencer a s'adapter ça fait long non ? "First they ignore you, then they ridicule you, then they fight you, then you win." -- Mahatma Gandhi La musique gratuite est partout, dans les salles d'attente, dans les parkings, dans les magasins, dans les ascenseurs etc.. Tu te places du côté "utilisateur" - En vérité la musique gratuite n'existe pas, c'est juste quelqu'un d'autre qui paye :-) Quand un magasin passe de la musique, il s'acquitte d'une redevance etc... De plus la chaine de valeur du cinéma et de la musique ne sont pas comparables, ils n'ont pas les mêmes schémas de production/diffusion/consommation Donner encore et toujours de la musique continuera à donner aux consommateurs que la musique est gratuite et sans prix, alors qu'elle a un coût. L'arrivée des nouveaux médias et la facilité d'accès à ceux-ci à accéler leur dévalorisation unitaire (cf. Le commentaire de Gaspotruc qui dit que, pke ce n'est pas "matériel", ça a moins de valeur aux yeux des personnes - ce qui est vrai néanmoins). Internet est assimilé au tout gratuit, au total freedom, et même si cela est positif d'un côté (permettre d'avoir accès à plus de contenus qu'on aurait pas forcément découvert sur format physique), il y a ce côté pervers qui subsiste et qui, pour moi, est néfaste. Au contraire le net et le p2p ont aussi largement contribué à faire voler en partie en éclat le mythe de l'artiste-star qui ne vaut que par son image plus que par sa musique et à remettre sur le devant de la scène la musique elle même. Exemple d'artiste(s) ? si un jour les majors s'en sortent, ça sera bien plus surement en réinfusant de la réelle diversité au sein de leurs différents modes de diffusions (radios, tv, promos, etc) qu'en faisant de la promotion bidon pour des artistes jetables qui ne sont susceptibles que d'enthousiasmer les plus jeunes. +1.shamankick > J'imagine que ton intervention est une blague, nan ? Pour toi, la disparition de l'industrie musicale serait une excellente nouvelle.
C'est grave de dire cela. Tu peux me dire qui aura le moyen de faire de la musique de qualité sans environnement économique fiable ? Monique, dans son garage, et Gégé à la guitare mal accordée (même s'ils ont énormément de talent) ont peu de chance de se faire connaître du monde entier et encore moins de chance de vivre de leur travail s'il n'y a pas des professionnels pour les accompagner, les promouvoir, les distribuer. Si les musiciens pouvaient prospérer et s'épanouir sans soutien (par les majors aujourd'hui ou par les mécènes et rois jadis), on aurait vu plus de "Mozart" dans les pays soviétiques ! Bizarrement, les plus grands talents ne se font pas tous seuls... 'o_izi', le 01/01/1970 - 01:00 La musique gratuite est partout, dans les salles d'attente, dans les parkings, dans les magasins, dans les ascenseurs etc.. Tu te places du côté "utilisateur" - 'o_izi', le 01/01/1970 - 01:00 En vérité la musique gratuite n'existe pas, c'est juste quelqu'un d'autre qui paye :-) Quand un magasin passe de la musique, il s'acquitte d'une redevance etc...Où se trouverait la responsabilité des internautes dans ce modèle économique du gratuit, selon toi ? "First they ignore you, then they ridicule you, then they fight you, then you win."
-- Mahatma Gandhi Vous vous êtes jamais dit que ca pouvait aussi s'appliquer aux "groupuscules du Net" cette phrase ? Au début, les internautes vous ignorent (ils téléchargent sans se demander si les ayant droits sont d'accord et rejettent le concept de propriété intellectuelle), puis ils vous ridiculisent (en se moquant des vielles majors rétrogrades et complètement has-been), puis ils vous combattent à coup de pétitions sur Facebook et à coup de communiqués incendiaires, puis vous gagnez... Si Mahatma a raison, les pirates du Net en croisière contre l'industrie culturelle sont mal barrés. Evidemment, vous allez me répondre que l'inverse est aussi possible et que les majors vont se planter à force de vouloir à tout prix convaincre les internautes que le téléchargement illicite est nocif pour la culture... 'Schwan', le 01/01/1970 - 01:00 @warrend : Ton analogie avec le cinéma est très juste. Aujourd'hui le cinéma en France n'est quasiment plus financé par les entrées en salle du précédent mais par les télévisions qui s'assurent une première exclusivité auprès de leur public, afin de vendre à Coca-Cola le temps de cerveau disponible qui en découlera.Evidemment, on parle de films dont les budgets sont énormes, mais est-est-ce la finalité du cinéma que d'être toujours plus cher? Enfin, pourquoi un blockbuster ne devrait-il pas "compenser" des films de bonnes qualité mais qui attirent moins de spectateurs? De même que les majors se plaignent que leur p"ertes" empêchent de financer des artites moins connus (disent-ils!), le ciné pourrait avoir cette faculté d'autofinancement, non? Juste quelques pistes de réflexion, revenons au sujet! La, ce que l'on souligne, c'est que l'industrie musicale offre la valeur ajoutée alors que c'est aujourd'hui bien la seule chose que le consommateur lambda est bien encore foutu de vouloir payer.
Cela reste à voir. Je comprends le raisonnement (faire payer ce que le consommateur semble encore prêt à payer) mais il a ses limites. L'esprit fan reste limité. Quand bien même on achete, on ne le fera pas en permanence. On achetera une application, une autre peut-être...mais pas tout le catalogue. En choisissant de vendre la musique, les majors comptent probablement que les gens achètent quantitativement plus qu'ils ne le feraient pour des applications. Enfin, un aspect important est que, pour beaucoup, l'essentiel reste la musique elle-même. A titre personnel, parler avec d'autres gens qui apprécient telle musique sur mon portable ne me sert à rien. Si vraiment, je veux parler musique, je le fais avec des gens...qui écoutent autre chose, pour découvrir justement! Et sur le net, pas en payant pour un service limité sur mon portable. Le streaming, même accompagné d'infos ou de vidéos soi-disant excluvises) ne vaut pas un mp3 en bonne et due forme, qu'on peut écouter, transférer ou copier à l'envie. Et il ets trop tard pour changer l'état d'esprit des consommateurs: autant un CD a une valeur intrinsèque indéniable, autant le mp3 est devenu pour beaucoup un simple fichier informatique auquel on ne prête plus de valeur propre. Pas seulement à cause du P2P, mais aussi parce que les blocages des majors ont dégoûté les mélomanes des offres légales. @warrend
Effectivement c'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Avant internet les majors vendaient des 33/45T/K7 puis des CD. Puis est venue internet, Les majors ont continué de s'engraisser en ignorant le phénomène (they ignore you). Ensuite ils ont essayé d'imposer leur loi à grand renfort de DRM ou de forfaits dématérialisés fantaisistes impossible à rentabiliser pour qui se serait lancé (they ridicule you). Puis est venue DADVSI et aujourd'hui HADOPI (they fight you). Vivement la suite (you win)...
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