La Norvège prête à proposer la licence globale pour légaliser le P2P

Guillaume Champeau - publié le Lundi 23 Février 2009 à 11h20 - posté dans Musique Numérique

Le ministre de l'Education et de la Recherche norvégien, Bà¥rd Vegar Solhjell, demande à légaliser les échanges de fichiers musicaux en P2P. Il propose en contrepartie un modèle de financement proche de la licence globale que les députés socialistes français entendent également remettre sur la table, lors du débat sur la loi Création et Internet le mois prochain.

L'industrie du disque semble pour le moment mal partie pour faire condamner The Pirate Bay en Suède, mais le procès n'aura pas été vain. Il relance le débat sur la licence globale, et notamment chez le voisin norvégien, gouverné au centre-gauche.

La semaine dernière, la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI) a demandé aux fournisseurs d'accès de bloquer l'accès à The Pirate Bay, sous quinze jours. Si l'ultimatum n'était pas respecté, l'industrie du disque les trainerait devant les tribunaux, comme ils l'ont fait en Irlande.

Mais ce chantage a suscité la colère du ministre de l'Education et de la Recherche norvégien, Bà¥rd Vegar Solhjell, qui a pris parti pour The Pirate Bay et demande la légalisation du Peer-to-Peer. Sur son blog, le ministre rappelle que "tous les progrès technologiques ont engendré des craintes sur la survie de l'ancien format. Mais la télévision n'a pas tué la radio, le Web n'a pas tué le livre, et le téléchargement ne va pas tuer la musique". "Au contraire", assure-t-il, "le Web est génial pour la diffusion de la musique et des autres arts. Les artistes peuvent plus facilement faire connaître leurs oeuvres, et vous pouvez accéder à toute la musique du monde quand vous le souhaitez. C'est fantastique !".

Pour le ministre norvégien, la question n'est pas de légaliser ou non le Peer-to-Peer (la réponse est oui), mais comment financer les téléchargements. Il conseille de s'inspirer du modèle de la radio, où les auditeurs peuvent écouter gratuitement la musique pour laquelle les radios payent des droits qu'ils financent grâce à la publicité ou à l'argent public.

"Le SV (le parti socialiste norvégien) va étudier la possibilité de rendre le partage de fichiers musicaux à but non lucratif réalisé par les personnes privées légal, en parallèle avec une solution de licence pour le paiement des ayants droit", indique le Bà¥rd Vegar Solhjell. "A plus long terme il faudra s'intéresser aux autres types de médias".

Les députés socialistes français, qui avaient réussi en 2005 à faire adopter un premier volet de la licence globale avant que la disposition ne soit retirée de force par Renaud Donnedieu de Vabres, espèrent eux aussi soulever à nouveau le débat cette année. Ils proposeront des amendements visant à la légalisation des échanges de fichiers et à l'instauration d'une "contribution créative" lors de l'examen du projet de loi Création et Internet, qui doit commencer le 10 mars prochain.

Publié par Guillaume Champeau, le 23 Février 2009 à 11h20
 
 
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Commentaires à propos de «La Norvège prête à proposer la licence globale pour légaliser le P2P»
 

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@Atlantis1959
Atlantis est une oeuvre de musique de chambre écrite par Morton Feldman en 1959. C'est amusant que ce soit ton pseudo car ce genre d'oeuvres musicales sont le parent pauvre de la diffusion culturelle sur Internet. Les réseaux P2P, fragilisés par les fermetures, faux fichiers, fichiers tronqués,... (en bref les attaques des majors), ne relaient que difficilement les fichiers "rares". En outre, les sites légaux de téléchargement se concentrent sur la musique ultra-populaire pour s'assurer un CA minimum. Du coup, tant que la licence globale n'est pas adaptée, une oeuvre comme Atlantis ne sera que très peu accessible aux internautes. Et c'est dommage.

Tu t'es fait une fausse idée du débat car tu as cru qu'il y avait deux clans: ceux qui veulent piller les oeuvres et ceux qui veulent défendre les artistes. En réalité, il n'y a ici que des gens qui veulent permettre à Internet de mener à bien sa mission de diffusion internationale et de conservation de tout bien culturel et qui cherchent comment concilier cela avec une juste rémunération des artistes.

Une personne comme FCNA2005, à contrario, veut la juste rémunération des artistes mais sans diffusion culturelle globalisée. Pourquoi rejette-il ce principe ? Il n'a jamais voulu le dire. Mais pour ma part je suppose que c'est parce qu'il travaille pour un groupe industrielle dont l'ambition n'est pas seulement la rémunération des artistes mais également un contrôle étendu sur la diffusion des oeuvres.

A partir de là, si c'est aussi ton cas, tu feras surement la sourde oreille à mon commentaire. Dans le cas contraire, fais le pas, ouvre le dialogue. Tu verras que tu seras surpris de constater que personne ici ne refuse de rémunérer les créateurs.

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