Le SNEP face à ses contradictions

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 12 Septembre 2008 à 12h26 - posté dans Musique Numérique

Arrivera-t-il seulement à remonter un jour ? Le marché du disque - à ne pas confondre avec le marché de la musique - continue sa lente descente aux enfers. Le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP), qui représente les majors du disque en France, confirme la baisse continue du marché déjà remarquée par l'Observatoire de la Musique et l'institut Gfk. En effet, le lobby indique cette semaine que le marché de gros a reculé de 12,2 % au premier semestre 2008 par rapport à la même période l'an dernier, avec 279 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Dans le détail, le marché physique accuse une baisse de 17,7 % à 243 millions d'euros, contre une hausse de 56,9 % du marché numérique à 36 millions d'euros (téléchargements internet, sonneries, streaming et musique sur abonnement).

Jusque là, il n'y pas de quoi rire.

Là où ça devient comique, c'est lorsque le président du SNEP Christophe Lameignère constate dans un même souffle que le marché du disque s'est relativement stabilisé en Espagne (- 2 % seulement) mais qu'il connaît une forte récession aux Etats-Unis (- 25 %), et qu'il appelle une fois encore au vote de la loi Création et Internet, anciennement loi Hadopi.

Depuis plusieurs mois, le SNEP ne cesse de répéter à qui veut l'entendre que le modèle de répression de type riposte graduée fonctionne aux Etats-Unis, ce qui serait la preuve qu'il faut l'adapter en France. La preuve que non.

Mais en plus, l'Espagne dont le marché se stabilise est considéré par l'industrie elle-même comme le champion d'Europe du P2P, avec une justice qui a choisi de ne pas condamner les sites de liens P2P, de considérer le téléchargement comme un droit à la copie privée, et de protéger l'identité de ses abonnés à Internet y compris lorsqu'ils sont suspectés de piratage.

Mais malgré cela, le SNEP considère toujours que la riposte graduée est la meilleure des solutions, au mépris des droits de la défense et de la vie privée des internautes. Logique.

Le marché de la musique en rééquilibrage

L'IDATE a publié en juillet dernier une étude qui démontre à nouveau que le marché de la musique dans son ensemble n'est pas en crise, mais en mutation. A l'intérieur d'un ensemble qui pèse aujourd'hui 67 milliards de dollars au niveau mondial, l'institut distingue la musique enregistrée chère aux maisons de disques (33,5 milliards), le spectacle vivant (25,6 milliards) et l'édition musicale (8 milliards). Elle estime que le premier volet devrait continuer à baisser dans les prochaines années, alors que le marché du concert va progresser. Dans sa globalité, le marché musical devrait progresser de 4 % d'ici à 2011.

 
 
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Commentaires à propos de Le SNEP face à ses contradictions
 
elarips
Le 12 Septembre 2008 à 12h42
Christophe Lameignère c'est une trompette, il n'a tj rien compris.
touf
Le 12 Septembre 2008 à 12h56
ils peut se reconvertire à la SNEP
Syndicat National de la Pornographie, un secteur qui n'est pas en crise.
touf
Le 12 Septembre 2008 à 13h00
une nouvelle proposition, la license global, tiens c'est pas nouveau mais elle pourrait être réparti pour favoriser les artistes quand on voit ce qu'ils touchent seulement sur un CD et une partie pourrait servir aux assedic des intermitents du spectacle sont qui les artistes ne pourraient pas se produire ou tout simplement exister, une solution d'avenir, un solution moderne.
scott512
Le 12 Septembre 2008 à 13h33
@touf "Syndicat National de la Pornographie, un secteur qui n'est pas en crise. "
Et pourtant on peut dire qu'il y a du film de boule sur le P2P, mais c'est une industrie qui est toujours en constante innovation, voilà pourquoi elle est peu impacté par le piratage...
elarips
Le 12 Septembre 2008 à 13h46
les sites Porn + de 60% des connections sur le net
la reconversion est proche
Waylandes
Le 12 Septembre 2008 à 15h12
Bientôt à la snep populaire
al4az
Le 12 Septembre 2008 à 15h29
Dans les hypermarchés les rayons dvd et cd sont amputés de 50% de la place qu’ils avaient "avant" (de 4 gondoles le choix est passé à 2 chez Auchan près de chez moi). Seuls le prix de vente n’a pas changé, trop cher.

Dans ces gondoles que trouvent-on ?
Pour les cd, la star-ac et toutes les merd** équivalentes, très peu de vrais bons artistes à part les hypers connus, quand aux artisans/artistes talentueux , débutants ou non, c’est le vide sidéral….
Au rayon dvd la moitié de la gondole, qui reste, est consacré aux séries, une petite partie aux BR, 10% aux news, 10% aux vieux films et une partie non négligeable remplie par du ….vide.

Pour couronner le tout le rayon audio/vidéo n’est plus sur le "passage obligé" des clients contrairement aux jeux vidéo qui eux sont biens présents dès l’entrée du magasin et avec une place assez importante en mètres de gondoles.

Face à ce type de marketing, comment le marché du dvd et surtout du cd peut-il resister à une mévente. Que le snep aille déjà gueuler chez les pdg des magasins qui préfèrent faire du chiffre avec des jeux plutôt que galèrer avec de la mauvaise soupe musicale. Les temps et les habitudes changent. Le public n’est plus vraiment fidèle aux vieux schémas que les gens du snep & co ont encore dans leur tête.

Et si les gens du snep ne sont pas contents de la dégringolade du cd, z’ont qu’a changer de job. Et toc !
bile666
Le 12 Septembre 2008 à 15h35
Je suis très heureux de voir qu'en Espagne les ventes ne diminuent presque pas. Continuons donc à féliciter les pays comme l'Espagne qui ont osé prendre des mesures contraires à celles réclammées par l'industrie et qui, au final, satisfont les 2 parties.

A-t'on d'autres chiffres sur les ventes espagnoles ?
maided
Le 12 Septembre 2008 à 15h56
rien de neuf sous le soleil, c'est toujours les mêmes discourts acadabrantesques.
Sauf que certains osent s'opposer à cette loi (comme G. Montagné ou les 86 artistes contre).

En attendant, je serais curieux d'avoir les chiffres de vente du dernier MetallicA sorti qujourd'hui et dispo depuis le 2 sur le P2P...ouaite ande si
Fluctua Nec Mergitur
Le 12 Septembre 2008 à 18h21
Bonjour à tous.

Quelques idées me viennent à chaque fois que j'entends le SNEP, l'ALPA, la SDRM, etc.. pleurer sur les baisses des ventes de disques :

1 - j'avais constitué dans les 1970-1980 une jolie collection de vinyls (environ 700). Lorsque le CD est arrivé dans les années 1980, j'ai au fil des ans racheté un certain nombre d'albums CD (dans les 300) faisant doublon avec certains de mes vinyls (et ces achts venaient en plus des achats de nouveautés que je continuais à faire).

Dans ma génération (la cinquantaine), beaucoup des mes amis(es) ont fait de même, boostant les ventes de CD dans les années 80 et 90.
Puis, petit à petit, les artistes ou les groupes que nous aimions ont disparus ou se sont séparés (c'est la vie) et nos achats ont donc déclinés fortement.

Or, nous étions la première génération (celle née entre 1940 et 1960 pour situer) à avoir "investi" massivement dans les achats de musique. Nos parents n'en avaient souvent pas les moyens ni l'envie (car l'envie ou le "besoin" de musique est venu avec la généralisation de la radio, dans les années 40.

En conclusion, selon moi, une partie importante (en tout cas non négligeable) des ventes de CD des années 80 et 90 était constituée de reconstitution de collections de vinyls, ce qui venait en plus des achats de nouveautés. Logiquement, une fois les collections reconstituées, les ventes ont commencé à stagner puis à baisser.


2 - Parler de la baisse des ventes de musique (au sens large) n'a pas de sens. Il faut regarder les chiffres des dépenses de loisirs dans leur ensemble.
A mon époque, la SEULE dépense de loisirs était les vinyls et le cinéma (pas d'informatique ni d'abonnement internet, pas de téléphone portable, pas de DVD, pas d'abonnement à des chaînes payantes et surtout pas de jeux vidéo).
Je me souviens que je consacrais environ 10% de mon salaire aux achats de vinyls.
Aujourd'hui, c'est pareil, sauf que les 10% de salaire sont divisés entre jeux, DVD, téléphone portable, ADSL, Canal Sat et... musique (un peu).

Voilà, c'était mon premier (long, trop long peut-être) post sur numerama.

Cordi@alement.
Axis
Le 12 Septembre 2008 à 22h10
'Fluctua, le 01/01/1970 - 01:00
2 - Parler de la baisse des ventes de musique (au sens large) n'a pas de sens. Il faut regarder les chiffres des dépenses de loisirs dans leur ensemble.
A mon époque, la SEULE dépense de loisirs était les vinyls et le cinéma (pas d'informatique ni d'abonnement internet, pas de téléphone portable, pas de DVD, pas d'abonnement à des chaînes payantes et surtout pas de jeux vidéo).
Je me souviens que je consacrais environ 10% de mon salaire aux achats de vinyls.
Aujourd'hui, c'est pareil, sauf que les 10% de salaire sont divisés entre jeux, DVD, téléphone portable, ADSL, Canal Sat et... musique (un peu).

Bienvenue Fluctua Nec Mergitur :jap:

Tout à fait d'accord avec toi, mais... il n'est pas dans l'intérêt des majors de reconnaître cet état de fait, si ? Alors faisons comme si rien n'avait changé, comme si la chute des ventes était due uniquement au téléchargement illégal :s

Petit détail :
'Fluctua, le 01/01/1970 - 01:00
2 - Parler de la baisse des ventes de musique (au sens large) n'a pas de sens.

Pas au sens large, justement. Le secteur de la musique se porte bien, l'industrie de la musique ne s'est même jamais aussi bien portée.

Mais à l'intérieur de cette industrie de la musique, il y a la sous-division qu'est l'industrie du disque. Elle, elle est en chute libre, mais ne nous y trompons pas : la musique ne se limite pas aux ventes de CD. Les concerts, produits dérivés, licences d'utilisation, sont des sources de revenus croissants, qui tirent toute la filière vers le haut... sauf le disque, mais on fera sans lui...
harros
Le 12 Septembre 2008 à 22h43
La licence globale et vite,réclamer par tous ainsi que les FAI.Avant d'enterrer à jamais ces maisons de disque et leurs monstrueux bénéfices depuis des années et qui à servi aussi à engraisser quelques artistes et PDG de maisons de disques qui aujourd'hui se prélasse dans des villas et de somptueux Yatch et qui eux ne veulent pas de cette licence globale.Ils tuent les 99% autres qui survivent comme ils peuvent,alors qu'un partage ou une aide des superpayé serait la bienvenu.De plus arretez de nous vendre dans vos rayons vos Star academy popstar et autres musique de naze.ON N'EN VEUT PAS ET ON N'EN VEUT PLUS DE VOS DAUBE!!!!,alors qu'il y'a des artistes 1000 fois plus talentueux.
darthbob
Le 12 Septembre 2008 à 23h20
Pour fluctua :

bienvenue sur Numerama !

Comme quasiment tous ici tu as avec logique, un peu de réflexion et surtout du recul, expliqué simplement la baisse de vente des CD...

Malheureusement, ces arguments valables ne sont JAMAIS repris par les lobbys, les majors et le gouvernement

c'est désespérant (à la longue) de voir les ministres et les majors nous sortir des explications vaseuses et approximatives pour justifier la répression.
Djaron
Le 13 Septembre 2008 à 09h31
flictua mais justement les majors voudraient faire comme à l'epoque du vynil:

tu achete ton cd, puis tu le rachete en version electronique pour le jouer dans ton pc (car le cd est protégé par une protection qui empeche, la plupart du temps, de simplement le numeriser sur ton pc)

le totu dans un format qui fait que tu peux pas le deplacer de ton pc à ton baladeur mp3 ou ton autoradio, DONC il faudrait aussi que tu achetes une troisieme fois ton album pour le lire en nomade

regarde, toi tu as racheté tes albums vynils une fois, ca a boosté les ventes.. bah eux ils comprennent pas qu'en nous obligeant (procedes technomerdiques + lois complaisantes votées) à avoir 3 - 4 raisons d'acheter plusieurs fois le meme album, les ventes n'augmentent pas plus

le probleme fluctua, quand on est quelqu'un d'intelligent et de raisonné, c'est qu'on se fait écraser dans un monde de cons hyppocrites cupides :)

bienvenu quand meme
Tuxman
Le 13 Septembre 2008 à 20h03
on ne le répétera jamais assez, les majors ne sont que des dinosaures en voie d'extinction qui ne l'on toujours pas compris.
a croire qu'ils sont sourds, idiots et stupides.
Fluctua Nec Mergitur
Le 13 Septembre 2008 à 20h25
@ darthbob et Djaron, merci pour la bienvenue.

J'ai deux autres remarques que je trouve affligeantes :

1- au bureau on écoute parfois la FM comme fon sonore (sur un système de sonorisation intégré).
On est une société de conseil en design, 22 salariés, 14 bureaux, pas d'accès au public (sauf les clients bien sûr) :
on a eu en 2004 ou 2005 la visite d'un contrôleur de la SACEM. Maintenant, on leur paye 780 euros par an. A l'époque, il a été demandé à ce contrôleur de nous communiquer le barème à partir duquel était calculé la redevance. Et bien il n'y en a pas ! C'est fonction des mètres carrés, de l'installation et surtout de l'appréciation du contrôleur !
C'est pas beau ça ! Une société privée (la SACEM) impose une redevance sans barème (donc au pif), avec l'aval de l'Etat !

2- au bureau toujours, on utilise pour nos sauvegardes (donc sous notre propre copyright) environ 50 DVD par semaine. En effet, seuls les dossiers collaboratifs sont stockés sur notre serveur. Les dossiers de travail individualisés sont stockés sur chaque machine pendant les stades intermédiaires de développement.
50 DVD x 47 semaines = 2350 DVD sur lesquels on verse des droits d'auteurs.

On vit vraiment une époque formidable. Non ?
djk314
Le 13 Septembre 2008 à 20h50
Moi j'ai acheté par exemple un Vinyl d'Hendrix, ensuite la K7 ensuite le CD et maintenant ils veulent que je paye un mp3 du même truc ? non mais la liscence a vie sur un morceau ils devraient faire plutôt, parceque les vaches a lait y'en a marre. Vive le piratage des morceaux que j'ai payé trois fois...
agathon666
Le 13 Septembre 2008 à 23h31
L'obstination du SNEP à foncer tête baissée vers le mur est vraiment sidérante. D'autant plus que, comme bile666 le fait très justement remarquer, l'exemple espagnol démontre de manière éclatante que ce n'est pas en criminalisant les p2pistes et en bombardant les consommateurs de taxes injustes que l'on peut juguler la chute des ventes de disques.
Gorkk
Le 15 Septembre 2008 à 02h41
'Fluctua, le 01/01/1970 - 01:00
1- au bureau on écoute parfois la FM comme fon sonore (sur un système de sonorisation intégré).
On est une société de conseil en design, 22 salariés, 14 bureaux, pas d'accès au public (sauf les clients bien sûr) :
on a eu en 2004 ou 2005 la visite d'un contrôleur de la SACEM. Maintenant, on leur paye 780 euros par an. A l'époque, il a été demandé à ce contrôleur de nous communiquer le barème à partir duquel était calculé la redevance. Et bien il n'y en a pas ! C'est fonction des mètres carrés, de l'installation et surtout de l'appréciation du contrôleur !
C'est pas beau ça ! Une société privée (la SACEM) impose une redevance sans barème (donc au pif), avec l'aval de l'Etat !

D'autant plus affligeant qu'en plus la station de radio paye déjà la SACEM pour cette diffusion... Surtout que je suppose qu'il y a quelques postes de radios répartis dans les différents bureau, et non une diffusion par un système global comme dans un magasin ou au mac do.

'Fluctua, le 01/01/1970 - 01:00
2- au bureau toujours, on utilise pour nos sauvegardes (donc sous notre propre copyright) environ 50 DVD par semaine. En effet, seuls les dossiers collaboratifs sont stockés sur notre serveur. Les dossiers de travail individualisés sont stockés sur chaque machine pendant les stades intermédiaires de développement.
50 DVD x 47 semaines = 2350 DVD sur lesquels on verse des droits d'auteurs.

Et la beauté de la chose, c'est que cette taxe est elle aussi définie par les industriels sans contrôle de l'État. Et non seulement ils calculaient leur taxe en tenant compte du piratage (ce qui vient d'être cassé par le Conseil d'État pour les derniers supports, décision qui devrait être confirmée sur les autres) mais ils calculent très clairement le montant de leur taxe sur la capacité totale en contenus musicaux des supports, et non sur les usages (alors qu'elle devrait être calculée en fonction du nombre moyen de contenus stockés sur ces supports dans le cadre de la copie privée, qui soit dit en passant a quasiment disparue). Et bien évidemment, les entreprises devraient en être exemptées, ou alors recevoir une part de ces taxes collectées, puisqu'en l'état elles payent une redevance à l'industrie culturelle sur des contenus qui leurs appartiennent, ou appartiennent à leurs clients.

'Fluctua, le 01/01/1970 - 01:00
On vit vraiment une époque formidable. Non ?

Bienvenue en République Bananière de France !

On a déjà 1984 d'Orwell, avec simplement des moyens légèrement plus discrets, et on s'approche à grands pas de Cyberpunk et Shadowrun... Et la majorité des moutons ne voient pas le problème et sont même super contents, donc c'est pas gagné :/
 
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