31 cinéastes derrière la loi Création et Internet
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 09 Juillet 2008 à 10h51 -
posté dans Société 2.0
![]() Nous avons un cas de conscience à Numerama. Depuis 2004, nous défendons la mise en place d'une licence légale (ou "globale") pour l'industrie musicale, qui permettrait à tous les internautes de télécharger toute la musique qu'ils souhaitent, en échange du paiement d'une taxe forfaitaire versée aux FAI. Un tel modèle nous semble parfaitement adapté à financer la musique, dont les coûts de production sont extrêment faibles. En revanche, nous n'avons jamais cru à ce modèle pour financer le cinéma. Le moindre film coûte aujourd'hui plusieurs millions d'euros à produire, et il n'y a pas de "cinéma libre" qui puisse offrir une alternative réelle en cas de disparition de l'industrie cinématographique. Mais nous n'avons jamais cru, non plus, à la menace d'une disparition de l'industrie du cinéma - alors que nous croyons très possible la mort de l'industrie du disque.
Tout en ayant conscience qu'il faut assurer un modèle économique stable à l'industrie du cinéma, nous ne voyons pas dans ces indicateurs la source de l'urgence à faire passer une mauvaise loi pour résoudre un faux problème. 31 cinéastes signent dans le Monde une tribune adressée à l'encontre de ceux qui, comme Numerama, combattent la loi Hadopi "Création et Internet". "Nous ne sommes pas prêts à sacrifier à la mode de la gratuité de la culture, qui reste une escroquerie intellectuelle",écrivent-ils. Comme si le refus de la loi Hadopi était motivé par la volonté d'installer la gratuité totale de l'accès au cinéma en toutes circonstances... Les auteurs de la tribune rappellent que "la vitalité et le dynamisme de notre création ont un prix que notre pays a toujours su défendre en adaptant notamment le financement de la création et la rémunération des auteurs aux évolutions technologiques". C'est vrai. Mais justement, la loi Hadopi n'apporte aucune (aucune, zéro, nada, niente...) piste de financement et de rémunération de la création. Elle fait uniquement le pari qu'en accentuant la répression contre les internautes, les ventes remontront naturellement. Comme si entre le piratage et la consommation marchande n'existait pas une troisième voie : ne pas regarder les films et ne pas les acheter. "Les efforts demandés aux internautes dans ce projet de loi et notamment la nécessité de faire preuve de vigilance dans l'utilisation de leur abonnement Internet ne constituent pas un prix exorbitant. Au contraire, ils reposent sur une pédagogie active qui s'impose comme une alternative crédible aux peines fortes aujourd'hui encourues (3 ans de prison et 300 000 euros d'amendes)", continuent les cinéastes. Ils s'offusquent, contre ceux qui jugent la loi "liberticide". "Est-il liberticide de soutenir un texte qui se propose de substituer aux peines de prison actuellement prévues des messages d'avertissement et éventuellement une suspension d'abonnement aux internautes qui téléchargent illégalement nos oeuvres ?" Oui, c'est liberticide. Nous l'affirmons haut et fort, sans trembler, droits dans nos bottes, menton levé et yeux grands ouverts, pointés dans les leurs. Parce que justement, la loi ne vise pas ceux qui "téléchargent illégalement nos oeuvres", mais les titulaires des abonnements à internet qui ont été utilisés pour télécharger illégalement. Or s'ils veulent se protéger, ces abonnés devront mettre en place chez eux des filtres dont on ne sait pour le moment rien, si ce n'est que pour être réellement efficaces, ils devront ratisser large, en interdisant par exemple le P2P dans son ensemble, sans différencier les contenus effectivement téléchargés. Mais le problème n'est pas la liberté, c'est le respect des règles de la démocratie et la république. Quel est l'Etat qui sanctionne ses citoyens sans leur donner la moindre chance de se défendre ? Les procédures prévues par la loi sont fictives et mensongères lorsque dans les faits, il sera strictement impossible d'apporter la moindre preuve matérielle de sa bonne foi. On ne peut pas tout faire, tout vouloir ou tout demander au nom de la défense de la création, des auteurs, ou des artistes. L'Art n'est pas à ce point sacré qu'il serait au dessus des valeurs fondamentales d'une société démocratique. Et même, quand bien même l'industrie cinématographique venait à mourir, ce que nous ne croyons et ne souhaitons pas, serait-ce à ce point un drame pour l'humanité tout entière ? Il nous semble qu'elle a très bien vécu sans le cinéma jusqu'au milieu du 19ème siècle, et il nous semble qu'elle doit être capable de vivre à nouveau sans si jamais un tel scénario improbable venait à se produire. à lire aussi
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Commentaires à propos de «31 cinéastes derrière la loi Création et Internet»
Je ne partage pas ton analyse mais je trouve ton post intéressant et bien écrit.
Tout simplement: - Le marché du disque a chuté de (50%) en quelques années. Je pense pour ma part qu'il est impossible de promouvoir de nouveaux talents sans protection du créateur. Cela nous condamne à une musique insipide, tout droit sortie des émissions télé racoleuse, alors que les réels talents sont pléthoriques. - Pour la fréquentation en salle nous sommes en plein accord. Il y a seulement transfert des salles rurales vers les multiplexes. Mais c'est justement parce que ce spectacle n'est pas réellement accessible aux tricheurs. - Quand le Vidéo-club propose son film "légal" il arrive plusieurs mois après les téléchargements "pirates". Tant pis pour lui??? - La VOD représente moins de 1% du marché. Elle est quasiment inconnue en dehors des grandes villes. Elle ne peut exister qu'avec la fin du téléchargement illicite et le dégroupage, pas avant plusieurs années en cambrousse. - La haute définition de la norme Blue ray ne sera pas disponible sur la toile avant 2018/2020. C'est la bonne réponse des professionnels aux amateurs du net. En trichant abondamment et sans vergogne, les internautes ont poussé les "ayant droit" dont je fais partie à trouver des ripostes implacables. On y arrive maintenant avec cette nouvelle loi. A la lecture de vos messages, je ne vois pas l'ombre d'un argument valable pour s'y opposer. Hiss&ea, le nier ne changera rien à l'affaire ; si les ventes de disques diminuent, c'est bien plus en raison de prix prohibitifs, d'offre insuffisamment diversifiée, d'absence de valeur ajoutée et de vieillissement du support que du fait des dl.
Condamnés de ce fait à une musique insipide ? tu te trompes encore de cible, ce ne sont pas les consommateurs/internautes qui en sont la cause, mais les vautours qui ne s'interressent qu'au profit et formattent en son nom la production musicale comme cinématographique. Personne ici ne refuse aux artistes la juste rémunération en fonction de leur travail, l'accent est simplement mis sur la nécessité de shunter les vampires qui veulent encore s'imposer comme intermédiaires nécessaires. Tant pis pour le vidéo-club ? ben oui, comme tant pis pour l'amoulangeur, l'hanouard, le tombelier ou le rémouleur... En spoliant abondamment et sans vergogne la production artistique, les "ayant droit" vont poussé les "consonnautes" à trouver des ripostes implacables. Car il ne faut pas s'y tromper, ce sont nous qui avons le réel pouvoir, celui de ne pas acheter. Et l'illusion de "riposte implacable" de la part des "ayant droit" me fait bien marrer, car elle sous-entend une obligation d'achat qui devrait s'adapter à vos exigences. Grossière erreur d'appréciation, encore. 'Hissého', le 01/01/1970 - 01:00 Je ne partage pas ton analyse mais je trouve ton post intéressant et bien écrit. Tout simplement: - Le marché du disque a chuté de (50%) en quelques années. Je pense pour ma part qu'il est impossible de promouvoir de nouveaux talents sans protection du créateur. Cela nous condamne à une musique insipide, tout droit sortie des émissions télé racoleuse, alors que les réels talents sont pléthoriques. - Pour la fréquentation en salle nous sommes en plein accord. Il y a seulement transfert des salles rurales vers les multiplexes. Mais c'est justement parce que ce spectacle n'est pas réellement accessible aux tricheurs. - Quand le Vidéo-club propose son film "légal" il arrive plusieurs mois après les téléchargements "pirates". Tant pis pour lui??? - La VOD représente moins de 1% du marché. Elle est quasiment inconnue en dehors des grandes villes. Elle ne peut exister qu'avec la fin du téléchargement illicite et le dégroupage, pas avant plusieurs années en cambrousse. - La haute définition de la norme Blue ray ne sera pas disponible sur la toile avant 2018/2020. C'est la bonne réponse des professionnels aux amateurs du net. En trichant abondamment et sans vergogne, les internautes ont poussé les "ayant droit" dont je fais partie à trouver des ripostes implacables. On y arrive maintenant avec cette nouvelle loi. A la lecture de vos messages, je ne vois pas l'ombre d'un argument valable pour s'y opposer. Ami drogué, bonjour ! Je suis désolé pour toi, gentil ayant-droits, que tu ne puisses vivre de ton art, quel qu'il soit. Mais n'as-tu pas l'impression de t'être fait gentiment fait avoir par ceux qui étaient censés te protéger? T'aider à te développer ? Te fournir la manne financière nécessaire ? Et qui te laissent tomber car tu n'es pas bankable ! Tu t'es fait sodomisé sans vaseline et tu pleures ? Le monde artistique a fait le trottoir pour les médias, mais comme une prostituée âgée et repentante, il veut maintenant se refaire une virginité en balançant ses michetons aux tribunaux. Si la façade est respectable, l'odeur de foutre froid et de mauvais alcool restent ! L'époque est aux règlements de compte ? Soit... Si vous êtes dans la merde, c'est de votre FAUTE ! Ne vous en prenez qu'à vous ! Bienvenue dans le monde réel ! La première fois que ma grand-mère a regardé la Star'Ac, elle a envoyé un chèque, elle croyait que c'était le Téléthon... Les artistes souhaitent le beurre, l'argent du beurre mais pour le cul de la crémière, faudra repasser ! Votre public est totalement abruti... musicalement sourd, cinématographiquement aveugle et, le pire, littérairement analphabète ! Vous voudriez qu'il paye pour votre travail artistique ? Vous, les cuistres, qui avez fait manger de la merde à votre public pendant des années, soyez content, il y a pris goût et en redemande ! Alors lâchez-nous ! Nous avons appris à nous passer de vos réseaux pourris de distribution et matraquage publicitaires qui abreuvent les masses bêlantes de Caca Cola tiède et de pseudo-chanteuses fausses blondasses siliconées qui, à tour de « tubes », vantent leur con humide de larmes suite au départ d'un dealer de bas étage, heureux propriétaire d'une Merco volée... Quand au cinéma, à part les films encensés par une critique molle et parisienne, je ne déteste rien de plus que ces sombres merdes que tout le monde trouve « vachement bien » mais dont le souvenir ne dure que le temps d'un MacDo mal digéré et vite renvoyé. Vous voulez que le public vous respecte ? RESPECTEZ LE ! 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00 Nous n'avions pas consicence qu'il y avait une telle urgence à sauver le 7ème art des griffes du piratage. Lire la suite C'est marrant, on a reproché à " l'industrie" de la musique de ne pas avoir pris conscience plus tôt du problème , et d'avoir réagi aux premiers signes avant-coureurs, et maintenant qu'elle réagit (très maladroitement en plus) , on lui reproche d'agir beaucoup trop tard. Peut-etre que les cinéastes sont un peu plus intelligents que les musiciens, et qu'ils ont envie de commencer à réagir très vite. Dans moins de 4 ans, quand les écrans plasma HD auront atteint des prix planchers, et que les algorithmes de compression vidéo seront tellement efficaces qu'un film en HD prendra 1 ou 2 minutes à telecharger, et qu'il sera dispo sur la mule avant même sa sortie en salle..... On aura de nouveau: "Bein on a qu'a mettre 1 euro de plus sur l'abonnement internet pour financer le cinéma..." "Bein zont qu'a faire du théatre à la place..." "Bein zont qu'a mettre de la pub dans le film ou le financer par coca-cola." "zont qu'a tourner le film avec une webcam, le dimanche" (exemples déja entendus et véridiques) Bien sur le public considera que tout contestation de ces propositions n'est du qu'à une vaste conspiration de réalisateurs assoiffés de sang et d'argent. Alors on fera sans le cinéma. C'est tout. Y aura toujours le foot et TF1. Entendre Surcouf...pardon, Numérama "réflechir (sur ses ventes de hardware) numérique" est aussi amusant que d'entendre la Fnac "réflechir" sur ses ventes de CD. 'josephparis', le 01/01/1970 - 01:00 Voici donc le droit de réponse du "cinéma libre" : http://www.ralamax.n....php?article840 Excellent article ! 'Ashareth', le 01/01/1970 - 01:00 Déjà tu confonds "Marché de la musique" et "industrie du disque". Il y a une grosse différence, et le marché de la musique ne souffre pas, bien au contraire (tout confondu il augmente même significativement). Ensuite, la disparition des vidéos clubs, c'est triste, mais ça a plusieurs sources, et le dl illégal n'est pas forcemment la principale. Déjà l'explosion des dvd à bas prix en vpc (genre cdiscount, les dvd à 5€), ça aide pas, parce qu'entre prendre un dvd à 3/5€ fpd inclus, et devoir te taper d'alleur une ou plus fois au vidéo club pour une location à 1/4€ en ayant de fortes chances de tomber sur un dvd illisible, pour beaucoup le choix est vite fait. Je ne parle pas de la VoD qui est en concurrence DIRECTE avec les vidéos clubs (et beaucoup plus pratiques en province dans les zones peu denses), ni même de la multiplication des accès cablés et autres chaines de films à la séance des dits opérateurs... (genre sur Numerciable je dois avoir une bonne dizaine de chaines de films payable à la séance, pour le prix d'une location de dvd je dirais). La disparition des vendeurs locaux à quand même beaucoup à voir avec le développement des grosses enseignes (ils n'arrivent pas à lutter avec les tarifs, et n'ont pas voulu investir dans la partie "conseil/relation humaine/diversité de catalogue" pour compenser, c'est comme pour la relation grandes surfaces/petit commerce de proximité), mais surtout toutes les enseignes de vente en ligne (amazon, la fnac, etc) qui sont super interessantes, encore plus en province où ça permet de ne pas se déplacer, ce qui est super cool quand on manque de temps et qu'on est pas à quelques jours près pour avoir ses achats..... Euh... les CDs sont moins cher dans les petites boutiques indépendantes (celles qui restent) que dans les Fnacs ! J'y ai jamais vu des CDs à 25 €. Le problème, c'est que les Fnacs et cie sont devenues tellement énormes que les consommateurs de base, pas mélomanes, ne vont pas chercher plus loin pour acheter le dernier étron de David Guetta (exemple pris au pif, je sais pas s'il a sorti un truc récemment)... Par contre, pour Amazon c'est complètement vrai, je suis sous intraveineuse d'Amazon !! Bon, on va faire dans l'ordre :
Je ne partage pas ton analyse mais je trouve ton post intéressant et bien écrit. >> Merci Tout simplement: - Le marché du disque a chuté de (50%) en quelques années. Je pense pour ma part qu'il est impossible de promouvoir de nouveaux talents sans protection du créateur. >> On est d'accord. Maintenant, pendant des années, par un effet de bord douteux et une "arnaque" des distributeurs/éditeurs (le coup du "on fait les cd plus chers à cause des investissements, mais leur prix baissera très vite couplé au renouvellement global des bibliothèques musicales des gens pour passer des K7/Vinyles aux CD), le marché à atteint des sommets (sans être touché par les diverses crises économiques, les problèmes sectoriels, etc, ce qui est déjà en soit totalement anormal et surprenant d'un point de vue économique Ils cherchent des réponses partout où elles ne sont pas. Et surtout, trop tard. Et même quand ils s'essayent de s'adapter c'est pour protéger un modèle économique (celui de la rareté) qui est mort et enterré. Le marché de la musique (à ne pas confondre avec celui du disque, support physique) existe toujours et se porte, encore une fois, relativement bien (demandez à Live Nation ce qu'ils en pensent tiens, et si eux ils ne se gavent pas comme c'est pas possible. Ou à Ticket.Net Et ça, bien utilisé, peut permettre de financer de nouveaux artistes. Même comme ça, c'est un rôle que les majors ont abandonné depuis des années, leur préférant la production "d'artistes kleenex" genre boysband, StarAc and co, qui leur permettent un investissement quasi-nul, avec retour rapide et élevé. Maintenant ça crée des générations "zapping/consommation" ce qui leur pète à la gueule maintenant. -Cela nous condamne à une musique insipide, tout droit sortie des émissions télé racoleuse, alors que les réels talents sont pléthoriques. >> Oui enfin bon, encore une fois, tous ces trucs là ont commencé et explosé BIEN avant l'explosion du p2p, une étude montrait d'ailleurs qu'entre 1980 et 1999 (en gros bien avant l'essort/succès de Napster qui n'était que le précurseur), le nombre d'artistes passant en Radio en France avait été divisé par 8 et le nombre de chansons moyens par artistes était passé d'un truc genre 5 à 3. Le tout juste par choix des majors (qui tiennent les radios par les couilles et leur imposent leurs diffusion, tout le monde le sait même si ça n'a pas encore fini au tribunal en France contrairement aux USA mais c'est la même en couleur), juste pour rentabiliser à outrance quelques artistes. Quand on sait qu'il y a quelques années, Warner (2e ou 3e major à l'époque), devait entre 25 et 50% de son CA et de ses bénéfices à DEUX groupes (Muse et Linkin Park), et que le moindre retard/annulation de l'album d'un de ces artistes pouvait les foutres en faillite, cela donne une idée du problème : Concentration verticale à outrance du marché, et focalisation sur la rentabilisation à court terme au lieu d'investir sur le moyen/long terme. C'est la cause économique de mort de n'importe quelle entreprise/secteur depuis longtemps et on le sait sauf dans des marchés très porteurs et non-concurrentiels... ce que la musique n'est plus depuis l'avènement du p2p. Les majors du disque et cinéma sont les exemples les plus pris en cours d'économie pour montrer les dérives du capitalisme option "concentration verticale" avec le point critique qui transforme cette concentration du marché en un handicap (le moment où les gains deviennent inférieurs à l'augmentation des coûts structurels de l'entité, atteint depuis quelques années, vu que le coût de rentabilisation des albums chez les majors explosent [*2 ou *3 en 10 ans] là où chez les indépendants il stagne ou diminue....). Encore une fois, c'est un problème de choix stratégique et économique. Il faudrait voir à ne pas reprocher aux clients/consommateurs les choix douteux de l'industrie. - Pour la fréquentation en salle nous sommes en plein accord. Il y a seulement transfert des salles rurales vers les multiplexes. Mais c'est justement parce que ce spectacle n'est pas réellement accessible aux tricheurs. >> Non, c'est juste par un bête phénomène de transfert et de taille relative, qui est, entre autres, à l'origine de la loi qui limite la surface totale des super/hypers en France et par région pour protéger les commerces de sécurité, car on SAIT qu'il n'y à aucun rapport entre les coûts fixes et structurels de structures de cette taille par rapport aux gros du secteurs. Et que donc ils tuent à petit feu les dits cinémas de "quartier". Rajoute à cela le coup des abonnements, dont les cinémas de ville hors chaines sont souvent exclus, qui représentent une part non négligeable des revenus, et tu as ton explication des fermetures malgrs un secteur florissant. - Quand le Vidéo-club propose son film "légal" il arrive plusieurs mois après les téléchargements "pirates". Tant pis pour lui??? >> Encore une fois, le client n'est pas à l'origine de la chronologie des médias, lui il aimerait pouvoir accéder facilement aux films en DVD/VoD dès la sortie en salle (comme aux USA, dans certains pays d'Europe, en Asie...), mais l'industrie cinématographique française s'y oppose totalement pour protéger son modèle économique actuel et dépassé, au lieu de trouver un moyen de l'aménager pour satisfaire ses clients en conservant son financement. Ce n'est pas notre faute si un secteur ne sait pas s'adapter. - La VOD représente moins de 1% du marché. Elle est quasiment inconnue en dehors des grandes villes. Elle ne peut exister qu'avec la fin du téléchargement illicite et le dégroupage, pas avant plusieurs années en cambrousse. >> Le dégroupage couvre quelquechose comme 90% du territoire et 95% de la population. Il n'est pas nécessaire pour la VoD (ça rend juste un peu plus long de récupérer ton film). Les problèmes de la VoD sont : les drm pourris qui provoquent des problèmes, les catalogues faméliques, le prix prohibitif. Le fait de connaitre la VoD ou pas ne dépend pas de la localisation des clients. C'est beau, c'est le principe de la dématérialisation. Et non, elle n'a pas besoin de la fin du piratage pour exploser, elle fait même partie des solutions au dl illégal. Les downloders sauvages sont PRETS (et le font déjà) à payer un certain montant (parfois plus de 30$) tous les mois pour avoir accès à un catalogue fourni d'oeuvres (musique, films, séries, etc). Ils le font quand ils payent pour des accès Newsgroups. Certains le font (la plupart en pensant que c'est légal malheureusement) quand ils payent pour des sites de liens ou pour des sites de dl financés par abonnements/paypal/allopass. L'industrie culturelle aurait très bien pu mettre elle-même en place ces systèmes (et peu encore, mais pas pour très longtemps), en fournissant elle-même tout son catalogue, encodé proprement (non pas en mp3 pourri en cbr d'il y a 15 ans... Le tout, soit financé par la pub (ça commence de nouveau à remarcher), soit par des abonnements que les gens sont prets, dans l'ensemble, à payer. Mais il faut pour cela se débarrasser des DRM. - La haute définition de la norme Blue ray ne sera pas disponible sur la toile avant 2018/2020. C'est la bonne réponse des professionnels aux amateurs du net. >> Ca, on y est pour rien. On y est pour rien si l'industrie en est encore maintenant à croire que la "qualité" c'est encoder en mp3 moisi, avec des débits pourris, en utilisant les pires encodeurs qui ont 15 ans, ou des codecs vidéos mal foutus et que des amateurs qui font ça chez eux, et ripp/diffusent sur le net font beaucoup mieux. J'ai quelques exemples en particulier de films/séries dont les versions du commerce en DVD sont de moins bonne qualité que les rips VHS retravaillés par des rippers amateurs... si ça c'est pas choquant. Il faut traiter le p2p pour ce qu'il est, une bête concurrence (certains chez les majors commencent à le comprendre). Il suffit de proposer mieux (aka plus de contenu, plus facile à trouver, plus rapide à récupérer, sans risques de choper des fakes/virus and co), pour un prix raisonnable (non, 1€ le titre pour du dématérialisé en format dégradé ce n'est pas raisonnable, pas plus que 4/5€ voir 9€ la vod même pas pour de la HD). Mais ça ils ne comprennent pas. -En trichant abondamment et sans vergogne, les internautes ont poussé les "ayant droit" dont je fais partie à trouver des ripostes implacables. On y arrive maintenant avec cette nouvelle loi. A la lecture de vos messages, je ne vois pas l'ombre d'un argument valable pour s'y opposer. >>Des ripostes "implacables" ??? Tu me laisses quelques heures pour me plier en quatre de rire ? Non mais honnêtement, il y a vraiment quelqu'un qui croit qu'il a une quelconque technique "anti-pirates" qui fonctionne et est "implacable" en ce moment ? Non parce que ce mec faut que je l'invite jeudi soir, on fait un diner à la maison.... Le problème même vient du fait que toutes ces soit-disant "mesures", en plus d'être totalement inconstitutionnelles, de violer les libertés individuelles, d'être une porte ouverte à la censure, d'être anti-démocratique, etc etc, sont TOTALEMENT innefficace (il suffit d'ailleurs de voir à quel point les poursuites aux USA sont efficaces, une augmentation de plus de 30% de la population utilisant le p2p pour dl... Encore une fois, surtout dans un secteur en mutation, l'économie dicte de travailler AVEC ses clients plutôt que contre, et de chercher à les satisfaire plutot qu'à se les aliéner. C'est les BASES de l'économie et du marketing, mais les majors, qui n'ont jamais eu à faire ni l'un ni l'autre, ne le comprenne pas. Rien que parce qu'elles sont inconstitutionnelles et une violation des droits inaliénables et des libertés individuelles, les lois votées et en cours de présentation doivent disparaître. Ensuite, vouloir pénaliser ce qui n'est qu'un différent commercial entre deux entités privées est anormal, cela devrait se finir au civil ou au tribunal de commerce. Enfin, je ne vois pas, encore une fois, pourquoi l'on devrait protéger et maintenir en vie une industrie qui refuse de s'adapter au marché (on n'a pas sauver la marine marchande à voile, ni les maréchaux-ferrants, ni les services de diligence à cheval). Surtout que ces lois n'ont RIEN, mais alors RIEN, en leur sein qui soit une protection des artistes, mais juste renforcent le contrôle des majors sur le secteur, alors que c'est l'ennemi numéro Un des auteurs à l'heure actuelle... Avida>> La culture survivra parce que c'est un besoin. Et on ne fera pas pire qu'à l'heure actuelle en terme de culture "fast-food" et "kleenex". Les films/séries sont DEJA des catalogues de pub ambulantes (c'est d'ailleurs choquant qu'on nous les fasse payer EN PLUS), et dans le PIRE des cas (qui se profile déjà en partie), cela deviendra des produits d'appels pour les fournisseurs de services (FAI, Opérateurs Télécoms, ...). Ce sera juste les majors qui disparaîtront. Et sinon, le secteur du cinéma a à peu près autant de retard que celui de la musique dans la réaction, et réagit toujours en essayant de protéger son modèle de dinosaure au lieu de s'adapter aux nouveaux usages et au marché. Encore une fois, c'est une bête loi économique (ça s'appelle le capitalisme et le libéralisme économique, et c'est bizarre mais les majors et les industries culturelles s'en réclament depuis 100 ans... mais maintenant que ça leur est défavorable ils veulent s'y opposer. Hypocrites). 'Ashareth', le 01/01/1970 - 01:00 Les downloders sauvages sont PRETS (et le font déjà) à payer un certain montant (parfois plus de 30$) tous les mois pour avoir accès à un catalogue fourni d'oeuvres (musique, films, séries, etc).Tu est en train de nous dire ,très sérieusement , que l'on pourra financer toute la production mondiale de musique, de cinéma, et de logiciels pour 10 euros par mois ? Alors tu va nous expliquer très concrétement comment, car tu est soit le prochain prix Nobel d'économie (et probablement le plus révolutionnaire) et tu l'ignores, soit... Signalons que notre contre-appel à été signé par Kassovitz..
A votre tour : http://www.ralamax.n....php?article840 Salutations!
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Il y a une grosse différence, et le marché de la musique ne souffre pas, bien au contraire (tout confondu il augmente même significativement).
Ensuite, la disparition des vidéos clubs, c'est triste, mais ça a plusieurs sources, et le dl illégal n'est pas forcemment la principale.
Déjà l'explosion des dvd à bas prix en vpc (genre cdiscount, les dvd à 5€), ça aide pas, parce qu'entre prendre un dvd à 3/5€ fpd inclus, et devoir te taper d'alleur une ou plus fois au vidéo club pour une location à 1/4€ en ayant de fortes chances de tomber sur un dvd illisible, pour beaucoup le choix est vite fait.
Je ne parle pas de la VoD qui est en concurrence DIRECTE avec les vidéos clubs (et beaucoup plus pratiques en province dans les zones peu denses), ni même de la multiplication des accès cablés et autres chaines de films à la séance des dits opérateurs... (genre sur Numerciable je dois avoir une bonne dizaine de chaines de films payable à la séance, pour le prix d'une location de dvd je dirais).
La disparition des vendeurs locaux à quand même beaucoup à voir avec le développement des grosses enseignes (ils n'arrivent pas à lutter avec les tarifs, et n'ont pas voulu investir dans la partie "conseil/relation humaine/diversité de catalogue" pour compenser, c'est comme pour la relation grandes surfaces/petit commerce de proximité), mais surtout toutes les enseignes de vente en ligne (amazon, la fnac, etc) qui sont super interessantes, encore plus en province où ça permet de ne pas se déplacer, ce qui est super cool quand on manque de temps et qu'on est pas à quelques jours près pour avoir ses achats.....
Encore une fois, il y a une évolution du marché, et quoi que les dinosaures du secteur prétendent, elle aura lieu.
Maintenant, soit ils s'arc-boutent pour essayer de la contrer, en pure perte, et le paieront cher, soit ils s'adaptent et l'acompagnent, et ils y gagneront beaucoup.
Encore une fois, on ne peut pas professer l'économie de marché toutes les 5 minutes (surtout à ses employés/salariés) et se plaindre après quand on se prend ses effets dans la tronche qu'elle ne doit pas s'appliquer à eux.
Ah et le cinéma et l'industrie cinématographique en France ne s'est jamais aussi bien portée que ces dernières années, donc si des cinémas ferment, il faudra trouver ailleurs que dans le "p2p/piratage" la cause de ces fermetures (genre dans le coût d'exploitation, le coût de l'immobilier en ville, l'apparition des multiplexes, la gourmandise des distributeurs, les cartes d'abonnements des grandes enseignes, etc etc etc).
C'est marrant hein, mais dès qu'une industrie culturelle a le moindre pet de travers, le moindre truc qui ne se passe pas comme elle en rêvait (généralement parce qu'ils n'ont pas anticipé et ne se sont pas adaptés au marché), hop, c'est la faute aux internautes et au piratage.
Ben non.
Va falloir vite comprendre qu'ils doivent s'adapter, parce que sinon ils vont effectivement en crever (l'industrie, pas le domaine artistique qui lui, survivra tant c'est un besoin universel dès que les besoins vitaux sont satisfaits....).