Anduril a annoncé ce mardi 6 octobre un chantier naval à 6,6 milliards de dollars (environ 5,9 milliards d’euros) pour l’US Navy. Il reposera sur ArsenalOS, un logiciel qui doit piloter toute la production de l’entreprise.

Costard bleu, cravate rouge et casquette « USA » vissée sur la tête, le président américain Donald Trump a présenté, ce mardi 6 octobre, Arsenal-2, un chantier naval situé à Sparrows Point, près de Baltimore.

Destiné à fabriquer des composants des sous-marins d’attaque de classe Virginia, le site sera construit par Anduril. L’entreprise américaine de défense y engage 3,7 milliards de dollars de capitaux privés, auxquels s’ajoute un contrat de la Navy pouvant atteindre 2,9 milliards de dollars, dont les paiements dépendront des résultats de production.

Dans le communiqué qui accompagne cette annonce, Anduril décrit ce site comme un chantier « software-defined », comprenez organisé autour du logiciel. L’entreprise y met surtout en avant l’outil qui doit le faire fonctionner. ArsenalOS, dévoilé en juin dernier sur son blog, se veut la colonne vertébrale numérique de toutes ses usines.

Un seul système, du plan à l’atelier

« Parcourez les ateliers de nombreuses usines de défense et vous trouverez le matériel le plus avancé au monde suivi de la manière la plus archaïque qui soit », c’est en partant de cette affirmation qu’Anduril promeut ArsenalOS.

Malgré le « OS » de son nom, ArsenalOS est une plateforme qui relie entre eux les logiciels de production d’Anduril.

ArsenalOS doit réunir dans un même environnement toute la chaîne, de la conception à la maintenance sur le terrain. Il combine, selon Anduril, une plateforme maison baptisée Forge et des logiciels commerciaux tiers.

Quand un plan est modifié, le logiciel doit répercuter automatiquement le changement dans les instructions de travail, qu’il génère lui-même. Il garde la trace de la version utilisée pour chaque unité, ce qui permet de repérer les exemplaires à modifier. Il empêche en outre l’atelier de travailler sur un plan périmé.

Il vérifie aussi les stocks, guide les techniciens avec des instructions numériques et enregistre chaque soudure ou boulon serré, avec l’auteur et l’heure de l’opération.

Anduril compare ce processus à la « kill chain » militaire, qui va de la détection d’une cible à la frappe. Sa « build chain » va de la définition d’un besoin au déploiement, avec une différence revendiquée, puisqu’elle doit pouvoir rester ouverte aux modifications tant que le terrain l’exige.

Une promesse encore à démontrer

Anduril justifie ce projet par sa vision de la guerre moderne. « Les usines se battent contre des usines, à des centaines de kilomètres derrière les lignes de front », écrit l’entreprise, qui ajoute que les stocks d’armes déterminent désormais la dissuasion. L’entreprise promet des milliards de dollars d’économies et un modèle capable de s’adapter rapidement aux changements de commandes ou de fournisseurs.

Ces affirmations restent pour l’instant celles de l’industriel, qui reconnaît lui-même qu’ArsenalOS n’en est encore qu’à ses débuts. Anduril le présente aussi comme le socle d’Arsenal-1, une première usine installée près de Columbus, dans l’Ohio, où l’entreprise produit son drone de combat YFQ-44 Fury.

Ses communications ne détaillent pas non plus comment est protégé le système qui centralise, du plan initial jusqu’à la maintenance sur le terrain, l’ensemble des données de production d’armements.

Le chantier de Baltimore ne produira pas avant 2030, et c’est la Navy qui, par le biais du contrat indexé sur les résultats, dira si la promesse d’un chantier naval piloté comme un logiciel tient sur la durée.

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