C’est une idée élaborée par l’une des figures majeures de l’IA, aujourd’hui chez Anthropic, qui a fini par inspirer les équipes de Google Cloud.
En avril 2026, Andrej Karpathy théorisait le concept de « LLM wiki » : laisser les modèles d’IA tenir à jour eux-mêmes une documentation sous forme de fichiers markdown, puisqu’ils ne s’ennuient jamais à recouper des références ou à modifier quinze fichiers d’un coup, contrairement aux humains.
Google Cloud a transformé cette intuition en spécification technique : l’Open Knowledge Format (OKF), mis en avant sur X le 17 juin 2026.


Le problème que l’entreprise cherche à résoudre est concret. Pour répondre à une question interne à une entreprise comme « comment calcule-t-on les utilisateurs actifs hebdomadaires ? », un agent IA doit aujourd’hui fouiller dans des catalogues de métadonnées, des wikis internes, des commentaires de code ou espérer la contribution de quelques ingénieurs seniors.
Chaque outil a son propre format, incompatible avec les autres. Résultat : chaque équipe qui construit un agent réinvente la roue pour assembler ce contexte.
Du markdown, rien de plus
Concrètement, OKF est une convention d’organisation de fichiers, lisible par un humain comme par une machine. Un « bundle » OKF est un dossier composé de fichiers .md, où chaque fichier décrit un concept : une table de base de données, une métrique business, un runbook d’incident, une API.
Chaque fichier commence par un bloc de métadonnées en YAML (type, titre, description, tags, date), suivi du contenu libre en markdown, avec des liens entre fichiers qui dessinent un graphe de connaissances.
Le format repose sur trois principes : un minimum de contraintes (seul le champ « type » est obligatoire), une séparation stricte entre celui qui produit la connaissance et celui qui la consomme, et une indépendance totale vis-à-vis de tout fournisseur cloud ou framework. Comme c’est du markdown classique, ça se stocke dans un dépôt Git, ça se lit dans n’importe quel éditeur, et ça s’affiche nativement sur GitHub.
Des outils pour amorcer la pompe
Pour montrer que le format fonctionne dans la pratique, Google Cloud a notamment développé un outil capable de générer automatiquement des fichiers OKF à partir d’une base de données BigQuery. Plusieurs jeux de données publics ont déjà été convertis pour servir d’exemple et l’entreprise a également mis à jour son propre Knowledge Catalog pour qu’il puisse lire et exploiter ce nouveau format.
Google présente cette version 0.1 comme un point de départ plutôt qu’un standard figé : la spécification est volontairement minimaliste, et l’entreprise compte sur la communauté pour l’enrichir avec ses propres outils et cas d’usage. Reste à voir si OKF parviendra à s’imposer comme un véritable langage commun entre agents IA, ou s’il restera un format parmi d’autres dans un écosystème où savoir qui doit fixer les standards de l’IA reste une question ouverte.
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