Un groupe de chercheurs en sécurité a exploité une faille critique dans WeChat pour créer un logiciel malveillant auto-propagateur.

C’est ce qu’on appelle une attaque zero-click, comprenez une attaque qui ne nécessite aucune action de la victime, pas le moindre appui sur un bouton, pas la moindre ouverture de lien.

La société de cybersécurité californienne Calif a annoncé, le 8 septembre 2026, avoir mis au point un ver informatique qui aurait pu compromettre les comptes de plus d’un milliard d’utilisateurs actifs de WeChat, l’application de messagerie omniprésente en Chine.

Pour en attester, Calif a publié une démonstration vidéo. Un téléphone appelle un autre, et en quelques secondes, le compte WeChat du destinataire bascule sous le contrôle de l’attaquant, sans que la cible n’ait décroché, ni même touché son écran.

Comment ça marche, et pourquoi l’IA change tout

Si l’attaque fonctionne aussi bien sur iOS qu’Android, c’est parce que la faille se loge dans la pile VoIP de WeChat, le composant technique qui gère les appels audio et vidéo dans l’application.

Il s’agit d’un bug de corruption de mémoire : en envoyant des données malformées au moment où le téléphone reçoit un appel, l’attaquant parvient à exécuter du code sur l’appareil cible avant même que quiconque réponde.

Une fois le compte compromis, le ver prend seul le relais et puise dans la liste de contacts de la victime et recompose des appels, propageant l’infection de proche en proche.

La seule échappatoire est de refuser l’appel immédiatement. Décrocher ou laisser sonner, et le compte est compromis. « Nous pouvons lire et envoyer des messages, passer des appels et agir au nom de la victime. Combiné à d’autres failles Android et iOS (…), cela peut permettre de prendre le contrôle total de l’appareil », avancent les chercheurs.

Les chercheurs soulignent par ailleurs le rôle central de l’IA dans leurs travaux : « Grâce à l’intelligence artificielle, notre équipe a découvert la faille et a écrit le premier exploit d’exécution de code à distance (RCE) en deux jours environ. La création du ver a pris une semaine supplémentaire. Auparavant, un ver de cette envergure nécessitait des mois de travail pour une équipe importante. »

Une divulgation maîtrisée, un correctif déployé

Calif affirme avoir respecté les règles de la divulgation responsable. L’entreprise a alerté Tencent, la société mère de WeChat, dès juillet 2026. Le géant chinois a publié des mises à jour de l’application pour iOS et Android le 21 août, avant de confirmer fin août que l’exploit avait été neutralisé côté serveur pour l’ensemble des utilisateurs, sans qu’aucune action ne soit requise de leur part.

Les détails techniques les plus sensibles ne sont pas encore rendus publics, Calif prévoit de les présenter lors d’une prochaine conférence de sécurité. L’entreprise assure par ailleurs n’avoir aucune preuve que la faille ait été exploitée dans la nature avant sa divulgation.

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