C’est une affaire en plusieurs temps qui prend racine toute fin juin 2026.
Un développeur connu sous le pseudonyme « Thereallo » révèle alors un dispositif dissimulé dans Claude Code depuis mars. En s’appuyant sur une forme de stéganographie intégrée à l’invite système, ce code repérait discrètement des indices comme le fuseau horaire ou l’usage d’un proxy, afin de détecter une éventuelle connexion à des laboratoires d’IA chinois.
Rapidement, Anthropic confirme les faits par la voix de son ingénieur Thariq Shihipar et justifie cette expérimentation par la volonté de lutter contre la revente non autorisée de comptes et, surtout, contre la « distillation » : cette pratique consistant à faire tourner massivement un modèle concurrent pour en entraîner un autre moins coûteux, qu’Anthropic accuse plusieurs entreprises chinoises, dont Alibaba, DeepSeek et MiniMax, de pratiquer à ses dépens.
Depuis, le code litigieux a été retiré dans la version 2.1.198 publiée le 1er juillet 2026, mais les suspicions de backdoor ne retombent pas côté chinois.

Message d’alerte sur WeChat
Car à Pékin, l’affaire a basculé sur le terrain officiel. Le 9 juillet, la base de données nationale chinoise des vulnérabilités (CNVDB), rattachée au ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, a publié sur WeChat une alerte visant directement Claude Code.
Selon cet organisme, un « mécanisme de surveillance intégré » présent dans les versions 2.1.91 à 2.1.196 (du 2 avril au 29 juin) pouvait transmettre à des serveurs distants des données sensibles, dont la localisation et l’identité des utilisateurs, sans leur consentement.
La CNVDB a recommandé une désinstallation immédiate ou une mise à jour vers une version « sécurisée », ainsi qu’un renforcement de la surveillance des flux réseau dans les environnements professionnels. Une alerte qui intervient après qu’Alibaba a déjà interdit en interne l’usage de Claude Code à ses salariés, invoquant les mêmes craintes de porte dérobée.
La Chine est en pleine refonte de sa doctrine sur l’IA
Face à cette escalade, Anthropic a choisi de répondre directement dans les colonnes du South China Morning Post, média chinois anglophone détenu par Alibaba.
Dans un article publié le 9 juillet, l’entreprise américaine y affirme que sa politique d’utilisation a toujours interdit l’accès à Claude Code depuis la Chine, y compris Hong Kong, rendant de fait caduque l’argument d’une désinstallation à opérer localement.
Anthropic n’a, une nouvelle fois, ni démenti l’existence d’un mécanisme de traçage, ni contesté le fait que l’outil demeure, en pratique, largement utilisé par les communautés de développeurs chinois, malgré son interdiction officielle.
Des observateurs chinois cités par le quotidien estiment que cet incident pourrait inciter davantage d’entreprises locales à reconsidérer leurs fournisseurs d’IA, désormais perçus comme des maillons stratégiques exposés aux tensions géopolitiques. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation de la doctrine chinoise en matière d’intelligence artificielle.
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