Des organisations de chauffeurs, inquiètes du développement de la conduite autonome, veulent une législation protectrice à leur égard. L'une d'elles réclame même l'interdiction de ces véhicules pendant 50 ans dans l’État de New York.

Les États-Unis sont peut-être à la pointe du développement de la conduite autonome, il n’en demeure pas moins que le pays doit quand même faire face à une hostilité très forte à l’intérieur même de ses frontières. Car si les plus technophiles des Américains piaffent d’impatience à l’idée de se laisser conduire par des automobiles bardées d’électronique, d’autres y sont complètement réfractaires.

Outre-Atlantique, deux organisations de conducteurs professionnels, l’Independent Drivers Guild et l’Upstate Transportation Association, déploient ainsi un important lobbying auprès des autorités pour obtenir l’interdiction des voitures autonomes dans l’État de New York, raconte CNN. L’une d’elles, l’Upstate Transportation Association, va même jusqu’à exiger une interdiction pendant cinquante ans.

Volvo XC90 Drive Me
Une voiture autonome de Volvo.

L’autonomisation des moyens de transport suscite une réelle inquiétude. Si elle prend son envol d’ici cinq à dix ans, elle pourrait ne pas laisser suffisamment de temps aux chauffeurs concernés pour se reconvertir. Et ça peut faire du monde : le bureau de l’économie du travail et des statistiques compte rien qu’aux USA près de 6 millions de conducteurs professionnels (camions, bus, taxis, livraisons).

6 millions de personnes sont des conducteurs professionnels en Amérique

Or, il s’avère que les voitures des particuliers ne sont pas les seules à être concernées par l’automatisation. C’est le cas des camions et des voitures de transport avec chauffeur. Les États-Unis pourraient-ils diriger l’arrivée de 6 millions de chômeurs de plus en l’espace de cinq, dix ou vingt ans ? Faut-il néanmoins freiner l’émergence d’une technologie qui est tout à fait prometteuse sur le plan de la sécurité routière ?

L’État de New York aura fort à faire entre les inquiétudes légitimes de toute une profession directement exposée au développement de la voiture autonome et les aspirations de ceux qui veulent profiter des progrès technologiques pour rendre les transports non seulement plus sûrs mais aussi plus conviviaux et efficaces. Et ici, on peut être sûr que d’autres lobbys, ceux de l’industrie automobile, sont déjà à la manœuvre pour imposer leurs vues.

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