La société française Xooloo a traversé l'histoire du web, de ses débuts à celui que l'on connait aujourd'hui sur nos smartphones. Fournissant à la fin des années 1990 des contrôles parentaux intelligents, la mutation du web et sa nouvelle mobilité a forcé l'entreprise à se lancer de nouveaux défis, toujours au service des parents.

Xooloo a bâti sa réputation en éditant un contrôle parental sous forme de listes blanches dynamiques. En effet, plutôt que de se concentrer sur les pages à bloquer, Xooloo souhaitait éditer un web sûr et pertinent pour les plus petits.

Xooloo a fait entrer dans les familles une nouvelle idée de l’apprentissage des nouvelles technologies

Au début de l’aventure de cette entreprise, le tri du bon et du mauvais était réalisé par des humains, qui ont alors créé une des bases de données de pages les plus complètes et les plus sûres du web français. Mais depuis le début du millénaire, entre le tournant de l’IA et du mobile, la société a saisi deux opportunités pour mieux coller aux usages. Dans un monde où le contrôle parental des sites web devient largement dépassé par le web social et les applications mobiles, Xooloo a fait entrer dans les familles françaises une nouvelle idée de l’apprentissage des nouvelles technologies.

De l’humain à l’IA

Le premier tournant emprunté par Xooloo est le fruit d’une aubaine et de beaucoup de bon sens. Alors que jusqu’à présent, l’entreprise éditait une liste dynamique et intelligente du web pour les enfants grâce à un comité humain qui s’occupait du tri, elle va désormais compléter sa démarche grâce à du machine-learning.

Dès ses débuts, Xooloo a choisi de ne pas procéder à un unique système de mot-clés bloqués automatiquement et sans réflexion et la société s’est appuyée sur des humains pour choisir les sites et les pages objectivement sûrs pour les enfants.

Or, lorsque cette base de données du bon web, faite à la main, a rencontré un concept de machine learning issu d’un projet ambitieux d’étudiants, le résultat a été instantanément pertinent. Xooloo était en train d’apprendre à la machine ce qu’est une bonne page web pour un enfant, en réunissant technologie d’apprentissage automatique et plusieurs années de données pertinentes.

Enfant tablette

Un tournant qui n’a pas seulement permis à la société d’aller plus vite dans l’édition de son web sûr, mais qui a également permis d’aborder plus sereinement les mutations techniques du web. Ainsi, alors que le contrôle parental à l’ancienne devient de plus en plus impuissant face au web social, ses contenus dynamiques et venant de nombreux serveurs sur un même site, Xooloo a déjà une solution capable de lire une page web en quelques microsecondes et la bloquer pendant une minute si le contenu y est choquant. Et permettre la minute d’après d’y accéder à nouveau si elle a été débarrassée de sa pop-up pornographique, par exemple.

Ainsi le pionnier du contrôle parental par liste blanche tente aujourd’hui de se mettre à distance de  la concurrence en proposant toujours une idée du web sûr et positif dans lequel l’objectif est de protéger plus que d’interdire.

Une idée du web sûr et positif dans lequel l’objectif est de protéger plus que d’interdire

L’accident industriel de la mobilité

Lorsque Gregory Veret, fondateur de la société,  explique la naissance de Xooloo App Kids, il parle d’un accident industriel qui a  bien tourné. Et en effet, il y a trois ans, la société a tenté de s’immiscer sur le mobile autrement qu’en vendant des solutions aux fournisseurs d’accès à Internet, et a ciblé le grand public avec une application à mettre dans les mains de tous les parents.

Gregory Veret
Gregory Veret

Tout est parti d’un constat : les enfants volent de plus en plus les appareils mobiles de leur parents pour se distraire et jouer à des jeux, sans que ceux-ci ne puissent s’assurer de la qualité du contenu auquel ils feront face une fois sur leur appareil.

D’autant que les parents se retrouvent souvent avec des petits accidents technologiques : les enfants désinstallent des applications sans le savoir, harcèlent malencontreusement un patron avec des appels répétés etc. L’imagination des enfants avec un smartphone dans les mains est sans limite.

Or, plutôt que de pousser les parents à acheter dès le plus jeune âge du matériel informatique aux enfants, Xooloo a pensé à créer une solution d’environnement sécurisé prêt à l’emploi.

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En quelques mots, vous installez Xooloo App Kids et dès que vous lancez l’application, n’importe quelle tablette devient prête à l’emploi pour un enfant qui pourra y faire son terrain de divertissement et d’apprentissage. Avec une navigation sécurisée, du contenu sélectionné et un total contrôle, façon sandbox, les enfants ont un espace dédié dans vos appareils mobiles dans lequel ils sont à la fois en sécurité et en liberté.

Le succès de cette app est considérable et les nombreuses récompenses reçues par Xooloo mettent en lumière le travail de cette société qui est longtemps restée dans l’ombre d’un business dédié aux FAI et aux écoles. Le succès ne dément pas et Xooloo rend service aux parents en parlant leur langage, et aux enfants, en leur assurant une sécurité qui leur permet une liberté face aux outils.

Et c’est à partir de cette première expérience que la société a compris qu’elle avait un rôle concret à jouer dans les familles.

Des solutions technologiques pour désamorcer les conflits

Avec sa sandbox prête à l’emploi, la société a pointé du doigt un problème très moderne : la gestion du numérique dans les foyers. Entre les parents affolés de voir leurs enfants devenir des junkies numériques qui coupent tous les accès ou d’autres trop laxistes qui laissent leurs enfants seuls face à la brutalité du web, aucune bonne solution ne semble exister lorsqu’il faut gérer les nouvelles technologies dans la famille. D’où l’idée de créer un coach pour les enfants et les parents qui guide, informe et sécurise les expériences numériques de chacun.

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Cette fois-ci, Xooloo ne s’intéresse plus seulement aux jeunes enfants qui vont emprunter la tablette des parents, mais surtout aux premiers smartphones que les jeunes français vont avoir, dès onze ans selon la moyenne nationale.

Si, il y a quelques années, le premier téléphone était un feature phone, aujourd’hui, le premier mobile est d’abord un smartphone que l’on utilise d’abord pour ses applications — le trio gagnant : Facebook, YouTube et les jeux. Et cet appareil pose de fait la question du temps passé devant l’écran.

Pour cela Xooloo va mettre un place un programme non pas de surveillance mais de quantification de ce temps. Et permettre aux parents de garder le contrôle sur la vie numérique de leur enfant en vérifiant par exemple chaque jour que leur progéniture n’a pas passé trop de temps sur les réseaux sociaux.

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Mais pour que tout le monde soit gagnant, la société va également apporter des clés de compréhension pour saisir et analyser les vrais dangers auxquels s’exposent les enfants. Et lorsque Xooloo prouve par une étude que les parents sont en réalité bien plus effrayés qu’ils ne le devraient concernant l’utilisation des nouvelles technologies par leurs enfants, leur objectif est également d’aider les parents.

Ainsi, plutôt que de donner aux parents un rapport du seul temps passé par leur enfant sur Facebook, l’application va également leur fournir une moyenne par âge et par sexe, et bien souvent, ces derniers vont pouvoir mesurer de manière concrète que leur enfant n’est pas l’addict qu’ils présumaient.

Les parents sont bien trop effrayés par l’utilisation des nouvelles technologies faite par leurs enfants

En somme, aujourd’hui, les solutions de Xooloo semblent faites pour notre époque et développés avec l’enthousiasme d’une société n’ayant pas peur du web. Au contraire, les solutions de la société française sont là pour désamorcer les peurs et accompagner les usages qui, comme peu de sujets, peuvent cliver profondément les familles.

Xooloo veut donc redonner un peu de sérénité aux parents et aux enfants afin que les repas familiaux ne soient plus rythmés par des crises sur le temps passé par les enfants devant un écran, qui ne sont définitivement pas ces jeunes perdus dans leur monde numérique que les parents imaginent.

À lire sur Numerama : 6-14 ans  : quelle est la vie multimédia de la première génération post-télévision  ?

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