Asus a profité de l'assemblée de journalistes du Computex pour dévoiler une première tentative robotique, le Zenbo, drôle de Wall-E familial.

Il y a presque une semaine, nous parlions robotique grâce à l’InnoRobo, l’occasion pour les entreprises européennes (mais pas que) de présenter l’avancée de leur travaux en la matière. Et sur le marché du robot-majordome-domestique, on a surtout eu le sentiment que le marché, balbutiant, ne se réservait qu’à une niche d’early adopters.

Le Zenbo, la surprise Asus

Lorsque l’on découvre, par surprise, le Zenbo pendant la conférence Asus du Computex 2016, nous ne savons d’abord pas quelles conclusions tirer.

Et pourtant, rapidement, les démonstrations s’enchaînent sur scène et on comprend bien vite de quoi il s’agit : un animatronic incarnant un semblant d’intelligence artificielle. La tendance est là, il faut désormais offrir chair et os aux assistants virtuels comme Siri, Cortana ou Google Now. Et cela, pour toucher un marché encore difficile pour les constructeurs, la maison connectée.

Lorsque Amazon présente son Echo, et que Google introduit son Home, on observe que la tendance est là, dans la matérialisation de l’IA. Ces assistants ont un rôle de fer de lance de la domotique, centre névralgique des maisons connectées, ils sont l’interface de nos ampoules connectées, de nos réveils intelligents et autres Smart-bidules. On comprend donc assez rapidement l’intérêt pour les constructeurs d’arriver rapidement dans ce segment en proposant, façon iPhone en 2007, la plateforme disruptive qui lancera définitivement la tendance.

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Serait-ce le Zenbo ? C’est en tout cas l’ambition d’Asus, qui avait jusque là méticuleusement caché ce projet.

De quoi Zenbo est-il le nom ?

Alors qu’Asus n’a donné strictement aucune information technique sur son robot, ni même parlé de la solution d’assistance intégrée — sur Android comme le Buddy ? — La marque a insisté sur sa communication, avec sa très longue et scénarisée publicité mettant en scène notre Zenbo au sein d’une famille.

Une famille presque comme les autres, à la différence qu’elle, est une famille connectée vivant dans une maison forcément intelligente. Et c’est là que le Zenbo est censé changer la vie de son propriétaire. À la manière d’un Echo, il est toujours à l’écoute, attendant que l’on lui demande d’exécuter des tâches quotidiennes.

Dans la pub fleuve d’Asus, le robot lance ainsi une alarme quand une personne âgée tombe, change la couleur des lumières pour raconter une histoire, prend des photos, explique des recettes de cuisine, ou enfin, communique et joue au majordome en plastique.

Finalement, notre Zenbo n’est pas si différent des assistants virtuels, sauf qu’il apporte dans ces technologies un corps, des séries de capteurs, des caméras et bien sûr, sa propre mobilité qui lui permettent d’être utile au plus près des usagers. Oserait-on dire, au plus près des autres membres de la famille, dont il fait partie. C’est en tout cas ce qui est vendu par Asus.

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Proposé à 599 dollars, presque comme le Buddy — auquel il nous fait inévitablement penser tant ils se ressemblent — le Zenbo pourra peut-être devenir le premier robot compagnon des familles véritablement accessible, à condition que la réalité soit conforme aux promesses.

L’aime-t-on déjà ?

Parce que le consommateur est avant tout un humain doté d’émotion, le travail porté au design et à l’expérience utilisateur est essentiel pour l’attachement au produit, qui rendra possible et normale l’expérience, toujours troublante, de parler à un robot. Ici, Asus a fait le choix de la simplicité et d’une certaine sobriété du point de vue de la construction de l’appareil. Grosse boule avec une tête écran, il ressemble incroyablement au Buddy dont il tire ses principales caractéristiques.

En revanche, du côté de l’interface, on découvre deux grands yeux, et une bouche de mérou en 3D, lui octroyant, certes une sorte de personnalité, mais le faisant aussi facilement passer pour un jouet. Un robot domestique se doit d’être attachant et mignon, mais doit-il forcément ressembler à un personnage de film d’animation ?

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Ce sentiment se confirme dès que, clairement surpris, on découvre la voix anglophone de la bête, entre la version originale d’Eric Cartman, et les voix à la Warner Bros Cartoons. On hésite entre le rire, la consternation ou l’agacement. Espérons que la voix francophone, si elle existe, sera plus agréable à l’ouïe.

À l’instar du robot Pepper qui propose un SDK sous Android, Asus invite déjà les développeurs à déployer des applications pour son robot Zenbo. Avec quel SDK ? Sur quel OS ? On en saura peut-être plus demain, où nous pourrons le prendre en main à Taiwan. Nous aurons donc, très vite, l’occasion d’en reparler.

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