Chaque week-end, c'est la compilation de l'actualité de la propriété intellectuelle et de ses dérives, concoctée par Lionel Maurel et Thomas Fourmeux.

Cette semaine, le Copyright Madness revient sur L’Ode à la joie le soir de la victoire d’Emmanuel Macron, le PSG qui veut s’approprier un célèbre slogan de supporters ou encore un étrange combat juridique sur la couleur orange. Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Copyright Madness

Y a d’la joie. Dimanche dernier, Emmanuel Macron a donc décidé de diffuser L’Ode à la joie de Beethoven avant de prononcer son discours au Louvre, à la suite à sa victoire aux élections présidentielles. C’est l’occasion de revenir sur les questions de droits pour le moins « étranges » qui entourent l’hymne de l’Union européenne. Ce morceau est un extrait de la Symphonie nº 9 de Beethoven, réarrangé par le chef Herbert von Karajan en 1971. Malgré les protestations des institutions européennes, celui-ci a exigé de toucher des droits d’auteur chaque fois que l’hymne serait interprété ou diffusé… Il s’est pourtant contenté d’effectuer des retouches mineures par rapport à l’original de Beethoven. Cette présidence commence donc sous le signe du copyfraud et on n’est pas certain que ce soit très joyeux !

instrument musique guitare
CC Derek Gavey

Trademark madness

Paris est magique. Le monde du sport nous offre régulièrement de jolis spectacles. On a souvent évoqué des dérives de sportifs qui déposent tout et n’importe quoi comme marque. Cette semaine, on apprend qu’il y a un contentieux entre le PSG et une association de supporters du club parisien autour du slogan « ici, c’est Paris ». Le club de foot essaie de récupérer le slogan qui est devenu une marque déposée par l’association mais qui ne l’exploite pas commercialement. L’ association a peur que le PSG interdise son utilisation à d’autres s’il récupère le slogan. On leur suggère un autre slogan : « ici, c’est pourri » !

psg
CC Philippe Agnifili

État civil. Encore un rebondissement dans la famille Beyoncé et Jay-Z ! Depuis plusieurs années, le couple essaie de déposer le prénom de leur fille Blue Ivy. Les parents voudraient éviter que des entreprises profitent de l’occasion pour commercialiser des produits dérivés estampillés Blue Ivy. Mais leur désir risque d’être contrarié car l’entreprise Blue Ivy Communication s’y oppose ! D’après cette entreprise, les deux chanteurs n’auraient aucune intention de commercialiser des produits mais bien de bloquer des tiers d’utiliser la marque Blue Ivy. Et est-ce qu’on lui a demandé son avis, à Blue Ivy ;-) ?

beyonce
CC Erin Benson

Rainbow Warriors. Il y a des licornes partout sur Internet ! Elles sont en train de devenir presque aussi populaires que les chats avec leurs couleurs flashys. Mais évidemment, certains se battent déjà pour se les approprier… End Brooklyn, un petit café situé à New York menace ainsi de procès la chaîne Starbucks en l’accusant d’avoir copié son Unicorn Latte. Il est vrai que Starbucks a récemment lancé un Unicorn Frappucino, reprenant le concept de boisson bariolée de toutes les couleurs. Mais peut-on déposer une marque sur le concept de « licorne » ou sur les couleurs de l’arc-en-ciel ? Une chose est certaine, c’est que ces deux préparations ont l’air aussi indigestes l’une que l’autre !

Café
CC Adrian Scottow

Orange mécanique. Comment nuire à un concurrent ? Tout simplement en recourant au droit des marques. Deux organisations qui organisent des courses d’obstacles sont en train de se bagarrer autour de la couleur orange. Though Mudder a signalé à Thunder Run que ce dernier utilisait trop d’orange sur son site, ce qui risquerait de créer une confusion entre les deux courses. En effet, Though Mudder a déposé comme marque la couleur orange et fait tout pour protéger son précieux. Une affaire qui a de quoi rendre vert de rage… ;-)

orange-jaune
CC bogitw

Patent Madness

Courrier. Il ne fait pas toujours bon d’être un patent troll. L’entreprise RPost en a fait les frais récemment en voulant attaquer l’hébergeur GoDaddy pour violation de brevets. Le plaignant accuse GoDaddy de recourir à ses technologies relatives à l’envoi de mails et sur le principe de notifications d’envoi et d’accusé-réception. RPost avait déjà été débouté mais a souhaité faire appel. Rebelote, le juge a décidé que GoDaddy ne violait aucun brevet et a condamné le plaignant à prendre en charge les frais d’avocats en guise de réparation.

Troll
CC clement127

Bonus

Carpet Bombing. Cela fait maintenant plusieurs mois que le Parlement européen examine un projet de nouvelle directive sur le droit d’auteur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il semble assez mal engagé, avec des idées délirantes comme imposer un filtrage automatique à toutes les plateformes ou remettre en cause les liens hypertextes. Mozilla a cependant décidé de contre-attaquer et propose aux internautes un moyen original d’attirer l’attention des eurodéputés. Une application vous permet de larguer des tracts (virtuels) sur le Parlement européen pour exprimer votre attachement aux libertés en ligne. Ne vous en privez pas ! Cela ne vous coûtera que quelques clics et ça nous évitera peut-être de basculer encore un peu plus dans le Copyright Madness…

tract
CC Demetrius Munnerlyn

Le Copyright Madness vous est offert par :

Lionel Maurel

Thomas Fourmeux

Merci à tous ceux qui nous aident à réaliser cette chronique, publiée sous licence Creative Commons Zéro, notamment en nous signalant des cas de dérives sur Twitter avec le hashtag #CopyrightMadness !

Partager sur les réseaux sociaux