L’opérateur télécom SFR a annoncé aujourd’hui qu’il avait l’intention de proposer au dernier trimestre 2007 une offre de téléchargement de musique sans mesures de protection technique (DRM). Il s’agira d’après le communiqué exclusivement du catalogue d’EMI, avec 200.000 titres vendus au tarif imposé par EMI de 1,29 euros par titre contre 0,99 euro actuellement.

C’est la première fois qu’un opérateur mobile annonce ainsi le retrait des DRM sur une offre musicale. L’opération est d’autant plus remarquable que la musique mobile est vue d’ordinaire comme une vache à lait par l’industrie du disque, et les DRM sont généralement mieux acceptés par les consommateurs mobiles que par les internautes. Elle va aussi permettre pour la première fois de télécharger de la musique directement sur un téléphone portable en 3G et de transférer cette musique sur un PC, un Mac ou un baladeur MP3 sans surcoût ni contrainte. Un bel effort.

Bien sûr, le fait de vendre des MP3 va surtout permettre à SFR de réduire considérablement ses coûts de service après-vente et de simplifier son service au profit d’un achat d’impulsion. Le format MP3 est reconnu désormais par la quasi totalité des téléphones du marché, alors qu’il existe plusieurs « normes » de DRM mobiles qui s’affrontent, notamment celle de l’OMA (Open Mobile Alliance) et le Windows Media de Microsoft. Avant d’achever la transaction, SFR doit donc pour le moment demander au client le type de mobile qu’il possède pour vérifier la norme de DRM reconnue, et accepter ou non la transaction en fonction de son propre support du format client. Un calvaire avec toutes les chances de voir de nombreux clients fuir ou ne pas revenir.

Actuel leader en France du marché de la musique mobile, SFR Music revendique dans son communiqué 500.000 titres téléchargés pour juin 2007 (ne s’agit-il pas plutôt de mai ?), une base considérable si on la compare aux 4 millions vendus sur toute l’année 2006.

EMI étant pour le moment la seule majeur a avoir autorisé le retrait des DRM, il faut s’attendre à ce que SFR étende cette offre à mesure que les barrières tomberont. On s’étonnera juste en attendant que l’offre sans DRM ne soit pas proposée sur le catalogue des labels indépendants qui jouent également le jeu (V2, Naïve, …).

On notera enfin que SFR est une filiale du groupe Vivendi, maison mère de la maison Universal Music. Laquelle n’a pas encore officialisé son souhait d’abandonner les DRM, même si les signes se multiplient…

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