Avec l'arrivée de la PlayStation 3 et de son lecteur Blu-Ray sur le marché européen, la guerre des formats haute-définition montre d'un cran dans le vieux continent. Les partisans du HD DVD ont monté un groupe de lobbying européen pour contrer la montée annoncée du Blu-Ray...

Aux Etats-Unis, le Blu-Ray semble avoir pris une longueur d’avance sur le HD DVD, en grande partie grâce à la PlayStation 3 qui était arrivée sous les sapins de Noël dès la fin de l’année dernière. La console de jeux-vidéo de Sony est la seule du marché à proposer d’office un lecteur haute-définition (Microsoft a fait le choix d’un lecteur HD DVD externe, qu’il faut acheter séparemment) et les ventes de films en Blu-Ray ont explosé après les fêtes. En janvier, il se vendait outre-Atlantique deux fois plus de Blu-Ray que de HD DVD. Quelques semaines plus tôt, le format concurrent était encore en tête. En novembre, le HD DVD Promotional Group se congratulait de voir que le HD DVD se vendait trois fois plus que le Blu-Ray…

C’était une fausse joie. Pas question de renouveler l’erreur. Actuellement, le HD DVD est en Europe le grand champion du support haute-définition. Il remporterait 85 % du marché face au Blu-Ray. Mais c’était avant l’arrivée de la PS3, qui a été conçue par Sony pour propulser dans les foyers dans l’adoption du format Blu-Ray. Pour éviter que le cheval de Troie qui arrive en Europe ne provoque des effets dévastateurs sur le marché, le HD DVD Promotional Group a lancé cette semaine son groupement européen. Le European HD DVD Promotional Group est composé notamment par Toshiba (l’inventeur du format), Microsoft, Intel, HP, Warner Bros, Universal, Pathé, et le français Studio Canal. Ils ont pour mission de contrer la progression du Blu-Ray en vantant les mérites du HD DVD.

Méthode Coué des deux côtés de la haute-définition

« HD DVD est la marque la mieux reconnue dans le monde pour les médias proposés en haute-définition », s’est immédiatement félicité Ken Graffeo, le vice-président exécutif à la stratégie marketing HD chez Universal Studios. « Nous avons maintenant un groupe fort d’entreprises derrière elle, depuis les fabricants d’appareils jusqu’aux studios et aux distributeurs ».

De l’autre côté, Sony se veut on ne peut plus optimiste. « D’ici à trois, il n’y aura plus que du Blu-Ray », parie Frank Simonis, le responsable européen de l’association concurrente, la Blu-ray Disc Association. Sachant que le DVD a mis 10 ans à prendre le dessus sur la VHS, c’est un pari des plus audacieux… auquel personne ne croît réellement. D’autant que la véritable concurrence du Blu-Ray n’est pas le HD DVD mais les formats dématérialisés disponibles depuis les Freebox, Xbox Live et autres magnetoscopes numériques connectés à Internet.

Enquête de la Commission Européenne

Pendant l’été 2006, la Commission Européenne a ouvert une enquête préliminaire à l’encontre des partisans du Blu-Ray et du HD DVD pour savoir si les constructeurs Sony et Toshiba, par l’intermédiaire de contrats d’exclusivité avec les studios comme Universal, Warner ou 20th Century Fox, ne se partageaient pas le marché européen en duopole organisé. Comme si l’absurdité d’une bataille fratricide ne pouvait en fait que cacher un plan machiavélique parfaitement huilé par les pontes de l’industrie mondiale.

Bruxelles n’a pas pour le moment décidé l’ouverture d’une enquête appronfondie. Est-le signe que cette bataille pour la succession du DVD n’est vraiment qu’une simple absurdité fratricide ?

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