Est-ce le prolongement d'une crise ou le signe d'un changement de stratégie pour le japonais Sony ? Sans doute un peu des deux. Sony a démis de ses fonctions Ken Kutaragi, le "père de la PlayStation", pour le remplacer par Kazuo Hirai, qui dirigeait jusque là la division jeux aux Etats-Unis.

Ken Kutaragi paye peut-être son obsession à vouloir mettre un lecteur Blu-Ray dans la PlayStation 3. Celui qui est considéré comme le père de la PlayStation a fortement misé sur le lecteur haute-définition pour faire entrer la console dans l’ère de la convergence multimédia. Mais avec une lentille laser bleue qui coûte entre 100 et 300 dollars, c’était un pari risqué dans un marché où Microsoft et Nintendo s’imposent aussi avec des arguments convaincants. Aux Etats-Unis où la console de Sony est reine, la PlayStation 3 s’est vendue à 400.000 exemplaires depuis son lancement le 17 novembre. Nintendo, avec sa fameuse Wii qui arrrive la semaine prochaine en France, a écoulé sans difficulté les 600.000 consoles arrivées depuis le 19 novembre aux Etats-Unis.

Conséquence sans doute du désastre de l’approvisionnement en PS3 (qui pourrait encore retarder la console en Europe de plusieurs mois), Ken Kutaragi a été prié de laisser ses fonctions de directeur exécutif de la division jeux vidéo du groupe Sony à Kazuo Hirai, directeur de la division jeux aux Etats-Unis. Officiellement, il s’agit pour Kutaragi d’une promotion, puisque l’homme devient président du conseil d’administration de Sony Computer Entertainment. En réalité, personne n’est véritablement dupe sur le fait que le père de la PlayStation paye une stratégie ratée et une rentabilité de plus en plus douteuse.

Jamais plus de nouvelle PlayStation ?

Mais certains se prêtent même à penser que ce jeu de chaises musicales pourrait cacher un changement de stratégie profond pour le géant de l’électronique. Ken Kutaragi, homme de culture « hardware », est remplacé à son poste par Kazuo Hirai, homme du « software ». Yuta Sakurai, analyste de Nomura, voit dans ce changement de rôle « le début d’un glissement du matériel vers le logiciel« . « Je ne peux plus imaginer une PlayStation 4 maintenant« , dit-il. Dans une récente étude, iSuppli concluait que Sony devait perdre plus de 250 $ par console vendue.

Il nous semble cependant peu crédible de voir Sony abandonner une console qui est appelée à devenir de plus en plus le centre névralgique de toute la maison numérique. Microsoft commence déjà à imaginer qu’on puisse demain contrôler son chauffage ou la programmation de ses volets roulants depuis l’interface de la Xbox 360. La domotique et les loisirs numériques sont au coeur de la stratégie des fabricants de consoles de jeux-vidéo. Ca demande une plus grande expertise software, mais certainement pas d’abandonner totalement le hardware…

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