Est-il judicieux d'aligner la diffusion en vidéo à la demande (VOD) sur la sortie en salles ? Alors que la Commission européenne explore cette piste, un avis fait au nom de la commission de la culture s'oppose à cette idée, au motif que les exploitants doivent conserver leur exclusivité. Cependant, cela n'interdit pas d'ajuster la chronologie des médias pour resserrer les écarts entre les différentes fenêtres de diffusion.

Les exploitants de salles de cinéma seront heureux de l'apprendre. Alors qu'est examiné au Sénat le projet de loi de finances pour 2013, les parlementaires Jean-Pierre Leleux, Maryvonne Blondin et Pierre Laurent se sont positionnés en faveur d'une chronologie des médias qui préserve les intérêts des professionnels, en se montrant favorables à "l'exclusivité de la salle".

Dans un vaste avis concernant les domaines culturels de la création, du cinéma, du spectacle vivant et des arts visuels, les trois membres de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication jugent que l'adaptation de la chronologie des médias "doit permettre de suivre le rythme des évolutions technologiques et des nouvelles pratiques des consommateurs".

Notant que l'un des principaux points d'achoppement porte sur le positionnement de la vidéo à la demande par abonnement (SVOD), certains professionnels préconisant un "avancement de cette fenêtre autour de 22 mois contre 36 actuellement", les sénateurs sont en revanche très réservés sur le principe de sortir simultanément ou quasi-simultanément des films en salle et en VOD.

"Votre rapporteur pour avis fait part de son scepticisme sur ce point. Il souligne la nécessité de préserver l'exclusivité de la salle, sachant qu'un film peut parfaitement être diffusé sans passer par une salle", peut-on lire dans l'avis, signalé sur Twitter par Benoît Tabaka. Ce modèle de distribution, appelé day-and-date, est pourtant l'une des pistes que la Commission européenne veut explorer.

La responsable de l'éducation et de la culture au sein de la Commission européenne, Androulla Vassiliou, indiquait ainsi le mois dernier qu'une expérimentation financée par une enveloppe de 2 millions d'euros sera conduite dans plusieurs pays européens, dont la France, afin de voir les effets d'une diffusion simultanée de quelques longs-métrages en salles et sur les services de VOD.

Pour les sénateurs, l'existence de la mission Lescure devrait justement être l'occasion "d'apporter des éclaircissements sur la position des différents acteurs du secteur" sur la chronologie des médias.

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