Spotify plombé par les sommes reversées aux ayants droit

Julien L. - publié le Mercredi 12 Octobre 2011 à 16h26 - posté dans Musique Numérique

Alors que le chiffre d'affaires de Spotify progresse d'année en année, le service musical suédois ne parvient pas encore à être rentable. Parmi les causes, le montant important que reverse Spotify aux ayants droit en échange du droit d'exploitation des catalogues musicaux.

La rentabilité est décidément un objectif bien difficile à atteindre pour certains services de musique légaux, même lorsque ces derniers occupent régulièrement l'espace médiatique. C'est le cas de Spotify, qui est un acteur majeur de la musique en streaming sur le Vieux Continent. La plate-forme suédoise, lancée en octobre 2008, n'est toujours pas rentable trois ans après.

Le Financial Times s'est intéressé à la publication des résultats de Spotify pour l'année 2010. Une année importante pour le service, puisque c'est à cette date que l'ouverture de comptes gratuits sans invitation est arrivée en France, tandis que la barre des 750 000 abonnés payants a été franchie.

On apprend ainsi que les revenus de Spotify sont passés de 59,22 millions d'euros en 2009 à 72,16 millions en 2010. Les abonnements ont rapporté 51,5 millions d'euros, tandis que la publicité a permis d'engranger 20,06 millions d'euros.

Dans le même temps, le coût pour exploiter les catalogues des maisons de disques s'est aussi alourdi. Au global, les dépenses de la compagnie ont atteint 74 millions d'euros en 2010 (la grande partie de cette somme concerne le paiement de redevances aux détenteurs de droits musicaux). Cette somme s'approche fortement des estimations réalisées en novembre 2010 par un journal suédois.

Le coût du répertoire reste donc élevé et pèse lourdement sur les finances de Spotify. Pour un analyste, interrogé par le Financial Times, il n'est pas forcément urgent que le service musical rétablisse l'équilibre de ses comptes dans la mesure où il est investi dans son lancement aux Etats-Unis. Le service doit se montrer compétitif et acquérir au plus vite une part de marché importante.

À terme, il faudra toutefois envisager un "réalignement des coûts de licence" estime un autre analyste. "Les chiffres de croissance sont très positifs mais vous ne pouvez ignorer les pertes". Pour ne pas saborder le développement de l'offre légale, il faudra très certainement alléger le poids des sommes réclamées par les maisons de disques pour exploiter les catalogues.

Si les ayants droit se montrent trop gourmands, le risque est grand de reproduire l'échec qu'a connu Jiwa l'an dernier. À l'époque, le service français avait dû fermer ses portes, incapable de fournir les minimums garantis très élevés demandés par les ayants droit. Malgré plusieurs tours de table pour lever des fonds, Jiwa s'est retrouvé dans une incessante course en avant.

En 2011, Spotify a conclu un partenariat avec SFR pour que l'opérateur télécom intègre le service musical dans certains de ses forfaits. Le logiciel de streaming musical a également été contraint d'apporter quelques restrictions au niveau de l'écoute gratuite, apportant ainsi des gages de bonne volonté aux ayants droit et pour augmenter ses sources de revenus en poussant les utilisateurs à opter pour un abonnement mensuel.

Publié par Julien L., le 12 Octobre 2011 à 16h26
 
 
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Commentaires à propos de «Spotify plombé par les sommes reversées aux ayants droit»
 

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En même temps, monétiser et vouloir sa part du gâteau sur du contenu culturel, alors qu'il y a déjà d'autres personnes sur gâteau... et que, sur ces personnes, mis à part les artistes, je ne vois pas de personnes vraiment "légitimes".
Bref, financer la création, oui, engrosser les majors, euuuuuh, bof... entre les 2, ces services (spotify & co), ont leur légitimité je crois...
Perso je ne m'abonnerais jamais (en streaming, en téléchargement,...) à un *site*.

Pas pour une question de prix: Après tout je milite pour une licence globale, donc il y a aussi un coût récurrent mensuel, peu importe qu'il soit via le prélèvement d'une société tierce ou bien sur la facture télécom ou sur les impôts locaux (comme la redevance TV)

Non, le problème du site unique c'est qu'il est entièrement soumis aux ayant-droits: Si un ayant-droits décide que "tiens, tel site je lui retire mon catalogue", ben hop ! Instantanément, toutes les musiques pour lesquelles potentiellement je m'étais abonné disparaissent.

Autrement dis, un tel système s'apparente à une "licence globale privée" qui consacre les ayant-droit dans une situation de toute-puissance, apte à faire la pluie et le beau temps sur ce marché en fonction des tractations commerciales, des batailles de juristes, des rétorsions politiques (ex: "Ah le site s'est ouvert à tel label concurrent alors je retire tel et tel label à moi ou bien j'augmente les prix"), à la façon d'un microsoft qui impose aux constructeurs de PC de livrer Windows et QUE windows sur les machines neuves sous peine d'augmentation de la licence OEM...

Une licence globale , au contraire, ça diminue le pouvoir (j'allais dire le "pouvoir de nuisance") des ayants-droit: Subitement, ils ne peuvent plus utiliser leur monopole sur leurs oeuvres comme d'une arme pour faire plier les autres sociétés du secteur. Il seront de nouveau obligé de *convaincre* les acteurs économique de leur utilisé, de facturer de vrai prestation, d'aller chercher des marchés... bref de se comporter comme n'importe quelle autre société, tout en ayant quand même un avantage: Les revenus de cette licence globale, similaire à une subvention du point de vue comptable.

La seule difficulté est la coopération internationale - un problème plus politique que pragmatique.

Mais du coup, effectivement, c'est un sérieux changement dans le modèle de société recherché: On passe d'un modèle ultra-libéral, où les rentiers peuvent faire la pluie et le beau temps sur leur marché et utiliser ces bénéfices pour verrouiller un secteur économique et venir parasiter un autre secteur, à un système où le partage est entériné comme valeur naturelle et commune , même si elle implique une répartition à postériori.

Au final, on en reviens toujours au bon vieux combat de la droite contre la gauche.

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