Au Royaume-Uni, l'enseigne Tesco participe à la production d'un long-métrage, aux côtés d'un studio de cinéma. Si l'opération est un succès, Tesco compte produire environ trois films par an, pour ensuite les commercialiser directement dans ses magasins. Reste à savoir si cette initiative peut déboucher sur un modèle économique adapté à la production de contenus culturels.

Lorsque l’on évoque la production d’un film ou d’un album de musique, on imagine tout naturellement qu’un studio de cinéma ou une maison de disques s’active en coulisse pour soutenir le projet et le mener à son terme. Cette association est tout à fait naturelle. En effet, il s’agit-là des acteurs traditionnels de l’industrie culturelle.

Mais cette situation est-elle immuable ? La production de contenus culturels est-elle condamnée à n’être réservée qu’aux seuls studios de cinéma et aux grands labels musicaux ? Et surtout, des acteurs non-traditionnels peuvent-ils être à l’origine de nouveaux modèles économiques pour le secteur culturel ? Au Royaume-Uni en tout cas, une expérience est actuellement en cours.

Selon le quotidien britannique The Guardian, Tesco est en train de produire un film aux côtés d’Amber Entertainment. Si ce dernier est un studio de cinéma tout à fait classique, Tesco en revanche s’avère être une enseigne de la grande distribution. Et pas n’importe laquelle d’ailleurs : il s’agit du premier groupe de distribution au Royaume-Uni. Rien que ça.

Intitulé Paris Connections, ce long-métrage est une adaptation d’un roman de Jackie Collins, un écrivain britannique à succès. Le film mettra par ailleurs en scène un acteur français, Anthony Delon, dans le rôle de Jake Sica. Cependant, le film ne sortira pas au cinéma et sera directement commercialisé en DVD, dans les nombreuses enseignes de Tesco.

Questionné sur le rôle de Tesco dans l’adaptation cinématographique du roman, l’un des responsables du projet a expliqué qu’une seule condition a été posée par l’enseigne : que la trame narrative ne vire pas au film pour adultes. « La seule chose qu’ils nous ont demandé est de ne pas faire un film porno. Ils souhaitent garder l’avertissement PG15 (interdit au moins de 15 ans ndlr) » a expliqué Lawrence Elman.

Si le budget du film n’a pas été révélé, on peut imaginer qu’il devrait être sensiblement équivalent aux sommes généralement débloquées pour une telle production. Selon Lawrence Elman, Tesco serait prêt à produire trois films par an. Reste maintenant à savoir si ce genre d’initiatives tendra à se généraliser. Verra-t-on Carrefour, Leclerc ou Auchan apparaitre un jour sur le générique d’un long-métrage, en tant que producteur ?

L’idée, si elle semble curieuse, n’est pas impossible. En France, des enseignes comme Auchan et Darty se sont bien lancées dans le secteur des fournisseurs d’accès à Internet. Auchan Télécom avait d’ailleurs déjà un pied dans la téléphonie mobile, tout comme Tesco (Tesco Mobile) au Royaume-Uni, en partenariat avec l’opérateur O2.

(photo : BY-SA)

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