La grande distribution va-t-elle se mettre à produire des films ?

Julien L. - publié le Mercredi 11 Août 2010 à 14h58 - posté dans Société 2.0

Au Royaume-Uni, l'enseigne Tesco participe à la production d'un long-métrage, aux côtés d'un studio de cinéma. Si l'opération est un succès, Tesco compte produire environ trois films par an, pour ensuite les commercialiser directement dans ses magasins. Reste à savoir si cette initiative peut déboucher sur un modèle économique adapté à la production de contenus culturels.

Lorsque l'on évoque la production d'un film ou d'un album de musique, on imagine tout naturellement qu'un studio de cinéma ou une maison de disques s'active en coulisse pour soutenir le projet et le mener à son terme. Cette association est tout à fait naturelle. En effet, il s'agit-là des acteurs traditionnels de l'industrie culturelle.

Mais cette situation est-elle immuable ? La production de contenus culturels est-elle condamnée à n'être réservée qu'aux seuls studios de cinéma et aux grands labels musicaux ? Et surtout, des acteurs non-traditionnels peuvent-ils être à l'origine de nouveaux modèles économiques pour le secteur culturel ? Au Royaume-Uni en tout cas, une expérience est actuellement en cours.

Selon le quotidien britannique The Guardian, Tesco est en train de produire un film aux côtés d'Amber Entertainment. Si ce dernier est un studio de cinéma tout à fait classique, Tesco en revanche s'avère être une enseigne de la grande distribution. Et pas n'importe laquelle d'ailleurs : il s'agit du premier groupe de distribution au Royaume-Uni. Rien que ça.

Intitulé Paris Connections, ce long-métrage est une adaptation d'un roman de Jackie Collins, un écrivain britannique à succès. Le film mettra par ailleurs en scène un acteur français, Anthony Delon, dans le rôle de Jake Sica. Cependant, le film ne sortira pas au cinéma et sera directement commercialisé en DVD, dans les nombreuses enseignes de Tesco.

Questionné sur le rôle de Tesco dans l'adaptation cinématographique du roman, l'un des responsables du projet a expliqué qu'une seule condition a été posée par l'enseigne : que la trame narrative ne vire pas au film pour adultes. "La seule chose qu'ils nous ont demandé est de ne pas faire un film porno. Ils souhaitent garder l'avertissement PG15 (interdit au moins de 15 ans ndlr)" a expliqué Lawrence Elman.

Si le budget du film n'a pas été révélé, on peut imaginer qu'il devrait être sensiblement équivalent aux sommes généralement débloquées pour une telle production. Selon Lawrence Elman, Tesco serait prêt à produire trois films par an. Reste maintenant à savoir si ce genre d'initiatives tendra à se généraliser. Verra-t-on Carrefour, Leclerc ou Auchan apparaitre un jour sur le générique d'un long-métrage, en tant que producteur ?

L'idée, si elle semble curieuse, n'est pas impossible. En France, des enseignes comme Auchan et Darty se sont bien lancées dans le secteur des fournisseurs d'accès à Internet. Auchan Télécom avait d'ailleurs déjà un pied dans la téléphonie mobile, tout comme Tesco (Tesco Mobile) au Royaume-Uni, en partenariat avec l'opérateur O2.

(photo : BY-SA)

Publié par Julien L., le 11 Août 2010 à 14h58
 
 
15
Commentaires à propos de «La grande distribution va-t-elle se mettre à produire des films ?»
 
Bon courage pour la vision de ce qui risque d'être un chef d'oeuvre !
Disco avec France Dubosc était quasi sponsorisé par Darty... une horreur 4 ou 5 séquences avec la camionnette Darty, Deux ou trois dans le magasin Darty... je me demande combien a mis Darty pour ce nanard.
Cipsco l'aventure de la chips croustillante....:dehors:
Les enseignes de la grande distribution pourront synchroniser la sortie d'un film avec le catalogue promo afin d'intègrer ces produits dans le scénario. Pour les films d'époque, ce sera plus dur.
le studio de cinéma n'est pas forcément producteur ! il est éditeur soit, réalisateur aussi mais peut être seulement prestataire...

rien n'empêche la production de films par d'autres sources que le financement d'organismes spécialisés dans le financement d'oeuvres audiovisuelles (ex cofiloisir pour la banque mix privé/public, cnc pour l'état, et boites de prod comme europacorp pour la partie privée).

des investisseurs privés ont déjà financés intégralement des oeuvres. y'a pas si longtemps que ça, un richou du pétrole a fait produire un long métrage d'anim juste pour l'anniv de son gamin.

en israel, des holdings spécialisés dans le financement de produits multimédia ont tenté le coup pour monter un studio d'anim.

y'a que dans les pays de production de taille industrielle qu'il y a des superstructures de financement privées ou publics qui se soient institutionnalisées (avec le lobbying associés).

enfin, le sponsoring des films est apparu avec l'invention du cinéma... y'a qu'à voir le nombre de films où les acteurs fument, ont un verre de soda ou une bière à la main -sans aucun rapport avec la situation à l'écran, voire un flingue...
biglarsa, le 11/08/2010 - 15:47
Les enseignes de la grande distribution pourront synchroniser la sortie d'un film avec le catalogue promo afin d'intègrer ces produits dans le scénario. Pour les films d'époque, ce sera plus dur.

Je ne vois pas en quoi. "Voici Napoléon. À côté vous pouvez voir Cambronne. Et à sa gauche, le compte de Madrange". 'vois pas le soucis :-p
Pour ce qui est de la limitation des sujets, on connait le sujet en France depuis que les chaines de télévision investissent dans des films. Surtout avec les directives du CSA, elles préfèrent investir dans des sujets de début de soirée que sur des films qui ne pourront être exploités qu'après 23h00.

Enfin les règles du placement produit telles qu'elles viennent d'être élargies vont déjà permettre bcp de choses que l'on connait depuis des années dans les Bonds par exemples.

Des financements de plus toujours sur les mêmes types de films insipides pour être grands publiques avec du placement produit et des effets spéciaux pour palier au manque de scenario. C'est malheureusement déjà la base du cinéma actuel depuis des années.
Oazar, le 11/08/2010 - 15:53
biglarsa, le 11/08/2010 - 15:47
Les enseignes de la grande distribution pourront synchroniser la sortie d'un film avec le catalogue promo afin d'intègrer ces produits dans le scénario. Pour les films d'époque, ce sera plus dur.

Je ne vois pas en quoi. "Voici Napoléon. côté vous pouvez voir Cambronne. Et à sa gauche, le compte de Madrange". 'vois pas le soucis :-p
Ou un film sur Louis XIV, pour la billeterie culturelle (chateau de versailles) ou Godzilla tourné dans "La France Miniature";-).
Est-ce que ça ne pourra pas permettre de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière des majors pour qu'ils revoir leur copie en matière de tarif et de mode de vente? Des gros nanars, tout les majors en on produit, alors pourquoi les grandes enseignes qui ont également pas mal de sous ne pourraient pas produite de bonnes ouvres ?
Mais faire un film aujourd'hui ça ne coûte plus rien. Cette histoire est curieuse comme un combat de dinosaures, mais sans aucun intérêt. Il y a un cinéma libre, et c'est ça l'avenir.
Ah bon, ça peut même être pire que l'industrie cinématographique actuelle? Un exploit!
PPR (Pinault-Printemps-Redoute) a bien financé à presque 85% le film Home de Yann Arthus-Bertrand
Un maçon a bien réussir à faire une grande chaine TV qui a fait des records d'audience.
Pourquoi un vendeur de saucisses ne pourraient faire de grands films ?
ingenys, le 11/08/2010 - 19:11
Un maçon a bien réussir à faire une grande chaine TV qui a fait des records d'audience.
Pourquoi un vendeur de saucisses ne pourraient faire de grands films ?

Le maçon a acheté TF1 avec son fond de catalogue, et surtout sa place sur la grille et sa position dans les audiences.
On voit avec l'échec de la cinq dans les années 80, les difficultés au début sur l'audience de la 6, et canal qui doit l'explosion de ses abonnements au porno et au foot que le maçon c'est fait refiler la seule chaine qu'il ne fallait pas vendre. Ils ont déjà un font d'audience avec les hospices d'alzheimer qui comble une partie de la journée.
TF1 c'est surtout la touche 1 de la télécommande. Et c'est un emplacement de choix. Aprés il suffit de faire de la bouillie captivante pour que le zappeur y reste.

Sinon sur le sujet, ben tant mieux l'argent du cinéma n'a pas d'odeur. Si le monde du cinéma et des spectateurs acceptent ce modèle tant mieux pour tout le monde.
Télécharger
Virtual CloneDrive
Graver ou numériser - Monter un lecteur de disque virtuel
 
Trojan Remover
Anti-spywares - Suppression des trojans
 
Picasa
Photo numérique - Logiciel organisation et de gestion de vos photos numériques
 
The GodFather
Editeur de tags ID3 - Le taggeur ultime
 
Google Desktop
Navigateur Web - La recherche Google maintenant en local !
 
Août 2010
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
26 27 28 29 30 31 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31 1 2 3 4 5
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC