Alors qu'ils auraient pu facilement le pirater, 57.000 joueurs ont accepté de payer pour télécharger à leur prix le jeu World of Goo édité par 2D Boy. L'éditeur organise une opération spéciale pour l'anniversaire du jeu, où chaque joueur décide du prix qu'il souhaite payer. Les trois quarts payent plus que le minimum imposé.

Cet été, Eidos avait choisi de proposer aux internautes de fixer eux-mêmes le prix de vente de L’Entraîneur 2010. Chaque acheteur pouvait lui-même décider du prix qu’il était prêt à mettre pour télécharger la version dématérialisée du jeu de gestion d’un club de football. L’éditeur, depuis, n’a pas communiqué sur le succès de l’opération. Mais l’idée a été imitée ce mois-ci par 2D Boy, qui a choisi de fêter l’anniversaire de leur jeu phare World of Goo en proposant aux amateurs de l’acheter au prix qu’ils souhaitaient.

Une semaine plus tard, ils livrent déjà les résultats, et parlent d’un « énorme succès« . Pour le mettre en contexte, il faut bien prendre conscience que non seulement le jeu a déjà passé depuis longtemps son pic de ventes, un an après sa sortie, mais qu’en plus l’éditeur avait refusé le recours aux DRM ce qui a facilité sa diffusion sur BitTorrent, et probablement sa notoriété. Pourtant, 57.000 joueurs ont acheté le jeu en une semaine, pour un prix d’acquisition moyen de 2,03 $.

Les trois quarts des joueurs ont payé plus que le minimum de 1 centime imposé par 2D Boy :

  • 306 personnes ont payé 20 $, soit le prix de vente normal du jeu préalable à l’opération ;
  • 2154 personnes ont payé 10 $ ;
  • 7347 personnes ont payé 5 $ ;
  • 15797 personnes ont payé entre 1 et 2 dollars ;
  • 16852 personnes ont payé le strict minimum ;

L’éditeur se satisfait largement du résultat. En une semaine, c’est plus de 100.000 dollars de chiffre d’affaires qui ont été collectés, sur un titre qui est plus proche de sa fin de vie que de sa naissance. Certes, encore un quart des internautes ont choisi de payer le strict minimum, mais ils n’auraient probablement de toute façon pas acheter le jeu, ou l’auraient piraté. Là, ils peuvent y jouer, l’apprécier et le faire connaître, en ayant au moins fait le geste symbolique de payer.

A cet égard, l’opération anniversaire a eu un effet inattendu. Les ventes de World of Goo sur Steam ont progressé de 40 % par rapport à la semaine précédente, alors que la plateforme de Valve ne permettait pas de choisir son prix de vente. De même sur la plateforme Wiiware de la Wii, les ventes du jeu ont progressé de 9 % alors qu’elles avaient baissé de 5 % la semaine précédente.

Interrogés, 22,7 % des joueurs ont cité comme premier motif de choix du prix leur pouvoir d’achat, et seulement 5,4 % la valeur qu’ils attribuaient au jeu. C’est un enseignement précieux. « Combien la personne pense pouvoir se permettre de dépenser semble jouer un rôle beaucoup plus important dans la décision que combien vaut le jeu » à ses yeux, résume 2D Boy.

Une frustration ?

Apparemment pas : l’éditeur a décidé de poursuivre l’opération cette semaine.

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