Lorsque l’on veut soigner son image de marque sur Wikipedia en supprimant certaines informations sensibles, mieux vaut le faire le plus discrètement possible. Notre confrère PC Inpact rapporte ainsi que le ministère de la Culture a de nouveau édité une page de l’encyclopédie liée à la déroute de l’Hadopi, sans dissimuler ses traces. L’adresse utilisée qui apparaît dans les logs de Wikipedia est en effet 143.126.11.222, une adresse qui renvoie à proxy-valois.culture.fr. C’est-à-dire au ministère de la Culture. Sauf à ce que le ministère se soit fait piraté son accès à Internet malgré l’installation d’OpenOffice, c’est bien un fonctionnaire de la rue de Valois qui a modifié la page pour protéger un collègue, ou se protéger lui-même.

C’est le haut-fonctionnaire Olivier Henrard, juriste architecte du projet de loi Création et Internet sous les ordres de Christine Albanel, puis promu directeur adjoint du cabinet de Frédéric Mitterrand, qui a « bénéficié » de l’opération de toilettage. Sa biographie sur Wikipedia contenait en effet une partie sur la « controverse sur la loi Création et Internet » qui a été supprimée par le ministère. Eminent juriste et conseiller d’Etat, Olivier Henrard était présenté comme « co-rédacteur de la loi Hadopi« , qui a ensuite été fusillée par le Conseil constitionnel comme étant contraire à la liberté de communication, à la présomption d’innocence, aux droits de la défense et à la proportionnalité des peines.

Aussitôt retiré, le passage a été réintégré par des internautes soucieux de présenter une juste biographie de celui qui préconisait d’apporter un disque dur comme preuve de sa bonne foi devant l’Hadopi, si l’on était accusé à tort.

La prochaine fois, le ministère de la Culture serait bien inspiré d’employer un proxy extérieur pour masquer l’origine de la censure, qui ne fait pas très sérieux. Il pourrait même utiliser les services d’un réseau virtuel privé (VPN) comme IPREDator, ce qui lui permettrait au passage de comprendre à quel point un mécanisme d’avertissement et de sanction basé sur la recherche d’adresses IP est déjà dépassé, et voué à l’échec.

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