En obligeant Wizzgo à fermer ses portes sous le poids d’une lourde condamnation, les chaînes de télévision ont envoyé un message clair aux annonceurs. Elles n’ont pas l’intention de laisser les internautes s’approprier les programmes de télévision pour zapper les précieuses plages de publicité qui permettent le financement des programmes. En mettant en place leurs propres services de télévision à la demande (M6Replay, Canal+ à la demande, France TVOD,…) les chaînes veulent vendre aux annonceurs une audience cumulée qui n’est plus liée à un horaire de diffusion donné. Mais pour effectuer la transition entre la traditionnelle grille horaire et la télévision à la demande, les chaînes doivent pouvoir fournir aux publicitaires des mesures d’audience unifiées entre les deux types de consommation. Ce à quoi Médiamétrie se prépare.

L’institut de mesure d’audience teste depuis début décembre une solution de mesure de l’audience des services de télévision de rattrapge (Catch-up TV), qui n’est plus basée sur l’heure de visionnage d’une chaîne, mais sur le programme lui-même.

Alors que jusqu’à présent l’institut recueillait simplement un journal horaire des chaînes regardées, qui lui permettait de reconstituer les courbes d’audience sur une journée, Médiamétrie fournit désormais aux chaînes un tatouage (watermarking) qui leur permet d’identifier précisément chaque programme. Ce tatouage est ensuite reconnu par l’audimètre branché sur les téléviseurs des foyers qui composent le panel d’audience de l’institut. A chaque fois qu’un programme marqué est regardé, peu importe l’heure, il est crédité d’un spectateur supplémentaire.

50 foyers ont mené l’opération pilote en juin dernier, qui est progressivement étendue depuis cette semaine à l’ensemble du panel. Médiamétrie, qui a prévu 35 millions d’euros d’investissement sur quatre ans, ne commencera cependant à exploiter les données qu’au premier semestre 2010. D’ici là, les chaînes ne devraient pas se presser à développer les services de catch-up TV que les services comme Wizzgo tentaient de remplacer.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés