La RIAA perd 200.000 $ et une jurisprudence socialement absurde

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 26 Septembre 2008 à 15h14 - posté dans Société 2.0

La première internaute jamais condamnée aux Etats-Unis pour avoir téléchargé et partagé des chansons sur un réseau P2P passera de nouveau devant le tribunal. Le procès à l'issu duquel un jury populaire l'a condamné à verser 222.000 dollars à la RIAA a été annulé par le juge qui avait présidé les débats. Il estime aujourd'hui que le droit d'auteur doit être révisé et qu'il est absurde de condamner de simples internautes comme s'il s'agissait d'entreprises qui réalisent des profits grâce au piratage.

Le ciel leur était tombé sur la tête. En octobre 2007, l'internaute Jammie Thomas avait été condamnée à verser la somme abracadabrantesque de 222.000 dollars de dommages et intérêts à la RIAA pour avoir partagé... 24 fichiers MP3 protégés par le droit d'auteur. Soit 9250 dollars par chanson partagée sur Kazaa. C'était la première fois qu'un P2Piste était jugé et condamné par un tribunal, ce qui devait faire du sort de la mère de trois enfants un exemple pour toute l'Amérique. La pauvre femme ne pensait certainement pas lorsqu'elle a téléchargé une poignée de chansons, comme le font des millions d'internautes dans le monde, en être un jour résolue à vendre des strings sur Internet pour rembourser sa dette.

Mais heureusement, en mai dernier, le juge Michael Davis (photo ci-dessous) qui avait présidé le procès a été pris de remors et a décidé de reprendre le dossier de zéro. Il a en effet constaté qu'un mois plus tôt, un collègue de l'Arizona avait renvoyé la RIAA dans ses ving-deux mètres en demandant au lobby du disque de prouver en quoi le simple fait d'avoir mis des chansons en partage sur Kazaa était constitutif d'une violation de droit d'auteur. Le simple fait de "mettre à disposition" une oeuvre n'est pas suffisant pour constituer une faute au regard du droit américain, il faut prouver qu'il y a eu effectivement téléchargement à partir du disque dur de l'accusé ! Ce qui change tout.

Ni une ni deux, le juge Davis a sauté sur l'occasion pour ouvrir une révision du procès. Le jury populaire, qui avait prononcé la sentence, n'était pas informé de cette subtilité juridique. Dans un mémoire de 44 pages (.pdf), il confirme donc que le jugement est entâché de nullité, et qu'un nouveau procès devra avoir lieu.

Mais il va plus loin. "Le tribunal serait négligent s'il ne se servait pas de cette opportunité pour implorer le Congrès de modifier la loi sur le droit d'auteur pour préciser les responsabilités et les dommages dans les affaires de réseaux peer-to-peer tel que celui-ci", plaide le mémoire. Le juge Davis s'insurge conte les montants auxquels peuvent être condamnés des internautes. "L'accusée est un individu, un consommateur. Ce n'est pas une entreprise", rappelle-t-il. "Elle n'a tiré aucun profit de ses actes".

"Les dommages et intérêts accordés contre Thomas ne sont pas dissuasifs contre ceux qui piratent de la musique dans le but d'en tirer profit", prévient le juge. "La conduite de Thomas était uniquement motivée par son désire d'obtenir de la musique protégée par le droit d'auteur pour son propre usage. Le tribunal ne soutient pas les actions de Thomas, mais ça serait une farce de dire que les actes d'une mère célibataire qui utilise Kazaa sont équivalents, par exemple, aux actes de multinationales financières qui violent illégalement les droits d'auteur dans le but d'obtenir un profit sur le marché des valeurs mobilières".

Taclant au passage le gouvernement américain qui avait jugé les sommes allouées totalement légitimes, Michael Davis affirme que "les dommages accordés dans cette affaire sont complètement disproportionnés par rapport aux dommages subis par les plaignants".

Il finit son imploration à une modification de la loi sur un constat : "Malheureusement, en utilisant Kazaa, Thomas a agi comme d'innombrables autres internautes. Ses actes présumés étaient illictes, mais communs".

 
 
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Commentaires à propos de La RIAA perd 200.000 $ et une jurisprudence socialement absurde
 
Hiro
Le 26 Septembre 2008 à 15h20
"prouver en quoi le simple fait d'avoir mis des chansons des chansons en partage sur Kazaa était constitutif d'une violation de droit d'auteur.
Le simple fait de "mettre à disposition" une oeuvre n'est pas suffisant pour constituer une faute au regard du droit américain, il faut prouver qu'il y a eu effectivement téléchargement à partir du disque dur de l'accusé ! Ce qui change tout." lol lol lol et lol quelle bouffonnerie !
slayermane
Le 26 Septembre 2008 à 15h25
ca fait plaisir !)

"le gouvernement américain avait jugé les sommes allouées totalement légitimes" alors la c'est se foutre de la gueule des gens ...
Hiro
Le 26 Septembre 2008 à 15h25
Ouais la somme payé était aberrante quand même.
tomy13
Le 26 Septembre 2008 à 15h40
Hiro c’est toi le gros bouffon qui rigole bêtement tout seul. En quoi la décision d’un juge américain est une bouffonnerie à tes yeux ?
Il faut des preuves un point c’est tout, tu peux avoir mille fichiers sous droits d’auteurs sur ton disque si personne ne les télécharges ou si personne n’est pris en train de téléchargé, l’infraction n’est pas constituée. De plus, lorsque qu’a été condamnée cette mère de famille à une somme qui était la pour le moins qu’une escroquerie, tu n’a pas ramené ta science infuse pour écrire que c’était une bouffonnerie. Ce juge rectifie le tir et en ça c’est loin d’être un bouffon, car bien sur c’était un jugement aberrant sous la pression d’en faire un exemple pour dissuader, et ça c’était dégueulasse.
Ashareth
Le 26 Septembre 2008 à 15h51
hiro>> Ce n'est pas de la bouffonerie, c'est une question de manière dont est rédigée la Loi et de la manière de l'interpréter.

Mettre à disposition une oeuvre protégée n'est pas en soit un délit (nulle part ayant ratifié les traités internationaux en tout cas), ce qui en est un (et encore pas partout, heureusement vu que ça devrait être uniquement un différent commercial et n'a rien à foutre au pénal à la base) c'est de diffuser de manière effective ces oeuvres.

La nuance est énorme, et déjà que les "preuves" de la triplette MPAA/RIAA/IFPI aux USA sont plus que douteuses dans leur méthode pour la mise à disposition, ça devient encore moins valide pour prouver la diffusion EFFECTIVE (indice : il y a un mot en majuscules, il a une extrême importance).

Ne t'en déplaise, malgrès ta faible maitrise de la langue française vu comment tu t'exprimes, le français, et en particulier celui utilisé en Droit, à un sens très précis, qui change selon les mots employés et la structure grammaticale, et laisse peu de place à l'à peu près.
Il en est de même dans toutes les autres langues, surtout dans le domaine juridique.

Et presque partout (ça peut changer dans un futur proche), ce qui est illicite/illégal (ce n'est pas la même chose), c'est bien la diffusion EFFECTIVE et non pas la mise à disposition possible.
Darksol
Le 26 Septembre 2008 à 15h55
Enfin le réveil de la vraie justice(peu être que la RIAA lui a pas payé ses pots de vins^^)
pleindeuss
Le 26 Septembre 2008 à 16h09
@darksol
enfin le réveil d'un juge... pas de la justice en général, hélas...

et sinon pour les f****** vautours

ben ouais, les juges ont des enfants aussi ! et ptetre mm une floppée de divx et de mp3 chez eux et ils ont pas envie de se prendre un procès dans leur gueule non plus.

ptetre que les vendeurs de vinyles aigris comme hiro et fnac2005 enragent mais la vie, telle un fleuve, finit par toujours trouver son chemin, quelquesoient les obstacles qui se dressent devant lui. et les barrages du copyright et des brevets ne peuvent empêcher le fleuve de la vie et de la culture de couler toujours plus loin.
harakiri26
Le 26 Septembre 2008 à 16h13
.
laskov
Le 26 Septembre 2008 à 16h17
ou que le foutage de gueule généraliser de la RIAA commence à ce voir et surtout les scandales du genre des récupération d'ip illicite mais pourtant donner aux tribunaux on enfin peser sur la balance de la justice qui à du ce casser sous le poids des charges contre la riaa...
Waylandes
Le 26 Septembre 2008 à 17h12
3Malheureusement, en utilisant Kazaa, Thomas a agi comme d'innombrables autres internautes. Ses actes présumés étaient illicites (et pas illictes) , mais communs"
Je voudrais pas dire de conneries mais il me semble que dans le droit civil une règle dit(a peu prés) lorsque une pratique est de masse, constante et generalise alors celle ci doit être légalisé et encadré par la lois. C est ce que simone veil avait argumenté pour faire adopter l avortement..
tomy13
Le 26 Septembre 2008 à 18h24
Bien, bien, tout ça mais le problème est qu’ici on mélange souvent le droit français et le droit américain et dans cette affaire il s’agit de droit américain.
Et en matière de loi l’à peu prés n’existe pas, sinon tous de rouler à tombeau ouvert et bourrés, et ce n’est pas pour cela que sera légalisé le droit de le faire.
enzopitek
Le 26 Septembre 2008 à 18h26
@waylandes ... je doute que madame veil est argumenter seulement de la sorte ... elle a été victime d'une pratique de masse, constante et généraliser que l'on appelle la délation

Selon ton raisonnement, un groupe d'individus peut démarrer un génocide et légaliser cela par la loi.

L'argument du juge ici est heureusement plus nuancé ... oui c'est illicite mais elle ne le fait pas ni pour s'enrichir ni pour nuire de facon massive à l'industrie ... en clair elle n'en vit pas.

Dans le cas contraire, il ne l'aurait pas soutenu.
lewdsquirrel
Le 26 Septembre 2008 à 18h38
Bravo pour le réveil du juge, en effet. Mais il aurait peut-être pu réaliser ça avant, ça aurait évité cette condamnation absurde.
Ou alors il vient juste de s'apercevoir que son petit fils utilisait aussi Kazaa... (Le logiciel P2P No1 pour installer toutes sortes de saloperies sur un ordi - Emule is the best!!!)
Hiro
Le 26 Septembre 2008 à 18h42
tomy13
Garde tes insultes pour toi.
"En quoi la décision d’un juge américain est une bouffonnerie à tes yeux ?" J'ai jamais dit ça :)
Fluctua Nec Mergitur
Le 26 Septembre 2008 à 19h10
@ Waylandes

En effet, Simone Veil, lors de son discours du 26/11/1974 avait dit :

" Pourquoi donc ne pas continuer à fermer les yeux ? Parce que la situation actuelle est mauvaise. Je dirai même qu’elle est déplorable et dramatique.

Elle est mauvaise parce que la loi est ouvertement bafouée, pire même, ridiculisée. Lorsque l’écart entre les infractions commises et celles qui sont poursuivies est tel qu’il n’y a plus à proprement parler de répression, c’est le respect des citoyens pour la loi, et donc l’autorité de l’État, qui sont mis en cause."
darthbob
Le 26 Septembre 2008 à 19h23
le juge touche du doigt la raison essentielle de la riposte graduée à la française : sans juge, pas de procès, pas de preuves nécessaires, tout sera automatisé.

les majors sont pas bêtes, avec un juge pratiquement tous les dossiers instruits finiraient en queue de poisson et ça leur couterait des millions !!!

Leur rêve s'est de transformer Internet en cash machine grâce aux radars automatiques. Le P2P ne serait pas éradiqué mais rapporterait un max de pognon uniquement aux majors, pas aux artistes...
dupond
Le 26 Septembre 2008 à 19h25
Tu partages 24 titres musicaux, tu prends 200000$ d'ammende.

Jamais on aurait mis une telle amende à quelqu'un qui aurait volé 24 kg de pommes.

Et il faut un second jugement, ou bien comme disent certains une "manière différente d'interpréter la loi" pour que le juge en prenne conscience !!

C'est plus qu'inquiétant...
et en y réfléchissant bien cette façon de rendre la justice n'est pas si éloigné que ça de la "bouffonnerie"
TotoRhino
Le 26 Septembre 2008 à 19h32
Je t'aime juge Michael Davis :love:
Je pense que le retour à la raison ne viendra pas des hommes politiques, ni même des industriels, mais bel et bien d'homme de loi tel ce Michael Davis.
Voilà une bien belle façon de finir cette semaine :)
Gourmet
Le 29 Septembre 2008 à 10h59
La raison ne VIENDRA jamais des hommes politiques et, bien entendu, encore moins des industriels.
La raison ne peut venir que du citoyen, correctement informé (forcément par la bande) ou, plutôt, de regroupements de ces citoyens représentants davantage les intérêts communs que les leurs.
Ce sera de moins en moins évident car, forcément, la "doctrine" fait croire qu'il faut être bien "con" pour faire passer l'intérêt des autres avant le sien.
db
 
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