Tout le monde sait qu’il faut le faire, mais personne ne semble d’accord pour le calendrier. Renaud Donnedieu de Vabres s’y était cassé les dents il y a deux ans, et sa successeur Christine Albanel s’est faite particulièrement discrète sur le dossier. Mais finalement, après des années d’hésitation, un accord sur la révision de la chronologie des médias pourrait enfin avoir lieu, pour ramener la fenêtre d’exploitation de la vidéo à la demande (VOD) au niveau des DVD, soit six mois après la sortie en salle plutôt que 7 mois et demi. Ca méritait bien autant de réflexion.

Selon la lettre d’information Satellifax, les organisations professionnelles du cinéma et de l’audivisuel devraient se réunir le 10 septembre prochain au Centre National de la Cinématographie (CNC), pour discuter de la révision qui est plus que nécessaire au décollage de la VOD en France. Comme le dénonce régulièrement l’industrie elle-même, une grande partie des films proposés en salle débarquent sous forme de copies pirates sur Internet quelques semaines plus tard, bien avant la commercialisation du film en DVD ou en VOD. Les internautes se penchent ainsi vers les sites de liens BitTorrent à défaut d’offre légale alternative pour les mêmes contenus.

Jusqu’à présent, les vidéoclubs et les grandes surfaces, qui sont de loin les premiers clients de l’industrie, ont fait pression pour continuer à bénéficier d’une fenêtre d’exploitation exclusive, avant les servies en ligne. Une exclusivité virtuelle qui a fait long feu, mais qui reste un point de friction dans les discussions. Comment assurer la transition vers le numérique sans léser de trop ses partenaires historiques du monde marchand matériel ?

Mettant la charue avant les boeufs, ou le bâton avant la carotte, l’accord Olivennes qui a présidé à l’élaboration de la loi Création et Internet n’a engagé les professionnels du cinéma à réviser cette fenêtre d’exploitation que « à compter du fonctionnement effectif du mécanisme d’avertissement et de sanction« , ce qui prendra encore de longs mois. Et encore faudra-t-il que la loi soit votée, qu’elle soit validée par le Conseil Constitutionnel et que ses décrets d’application soient publiés.

De plus, l’accord n’est pas encore signé sur la fenêtre des six mois que déjà des voix s’élèvent pour proposer de supprimer purement et simplement toute idée de chronologie, dépassée dans un monde de convergence des médias. Apple aurait ainsi songé à proposer des films en VOD sur iTunes dès trois mois après leur sortie en salle, tandis que Karl Zéro a été le premier en France à proposer son film sur Internet avant-même son exploitation sur les écrans. L’arrivée d’Orange dans la production audiovisuelle pourrait aussi changer le rapport de force.

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