Bon, on va faire dans l'ordre :
Je ne partage pas ton analyse mais je trouve ton post intéressant et bien écrit.
>> Merci
Tout simplement:
- Le marché du disque a chuté de (50%) en quelques années. Je pense pour ma part qu'il est impossible de promouvoir de nouveaux talents sans protection du créateur.
>> On est d'accord. Maintenant, pendant des années, par un effet de bord douteux et une "arnaque" des distributeurs/éditeurs (le coup du "on fait les cd plus chers à cause des investissements, mais leur prix baissera très vite couplé au renouvellement global des bibliothèques musicales des gens pour passer des K7/Vinyles aux CD), le marché à atteint des sommets (sans être touché par les diverses crises économiques, les problèmes sectoriels, etc, ce qui est déjà en soit totalement anormal et surprenant d'un point de vue économique

), et il découvre maintenant, en partie à cause des nouveaux modes de consommation, en grande partie à cause d'une récession mondiale (qui est là depuis un bon moment), qu'ils ne sont pas tant que ça invulnérables, mais trop tard.
Ils cherchent des réponses partout où elles ne sont pas.
Et surtout, trop tard. Et même quand ils s'essayent de s'adapter c'est pour protéger un modèle économique (celui de la rareté) qui est mort et enterré.
Le marché de la musique (à ne pas confondre avec celui du disque, support physique) existe toujours et se porte, encore une fois, relativement bien (demandez à Live Nation ce qu'ils en pensent tiens, et si eux ils ne se gavent pas comme c'est pas possible. Ou à Ticket.Net

).
Et ça, bien utilisé, peut permettre de financer de nouveaux artistes.
Même comme ça, c'est un rôle que les majors ont abandonné depuis des années, leur préférant la production "d'artistes kleenex" genre boysband, StarAc and co, qui leur permettent un investissement quasi-nul, avec retour rapide et élevé. Maintenant ça crée des générations "zapping/consommation" ce qui leur pète à la gueule maintenant.
-Cela nous condamne à une musique insipide, tout droit sortie des émissions télé racoleuse, alors que les réels talents sont pléthoriques.
>> Oui enfin bon, encore une fois, tous ces trucs là ont commencé et explosé BIEN avant l'explosion du p2p, une étude montrait d'ailleurs qu'entre 1980 et 1999 (en gros bien avant l'essort/succès de Napster qui n'était que le précurseur), le nombre d'artistes passant en Radio en France avait été divisé par 8 et le nombre de chansons moyens par artistes était passé d'un truc genre 5 à 3.
Le tout juste par choix des majors (qui tiennent les radios par les couilles et leur imposent leurs diffusion, tout le monde le sait même si ça n'a pas encore fini au tribunal en France contrairement aux USA mais c'est la même en couleur), juste pour rentabiliser à outrance quelques artistes.
Quand on sait qu'il y a quelques années, Warner (2e ou 3e major à l'époque), devait entre 25 et 50% de son CA et de ses bénéfices à DEUX groupes (Muse et Linkin Park), et que le moindre retard/annulation de l'album d'un de ces artistes pouvait les foutres en faillite, cela donne une idée du problème :
Concentration verticale à outrance du marché, et focalisation sur la rentabilisation à court terme au lieu d'investir sur le moyen/long terme.
C'est la cause économique de mort de n'importe quelle entreprise/secteur depuis longtemps et on le sait sauf dans des marchés très porteurs et non-concurrentiels... ce que la musique n'est plus depuis l'avènement du p2p.
Les majors du disque et cinéma sont les exemples les plus pris en cours d'économie pour montrer les dérives du capitalisme option "concentration verticale" avec le point critique qui transforme cette concentration du marché en un handicap (le moment où les gains deviennent inférieurs à l'augmentation des coûts structurels de l'entité, atteint depuis quelques années, vu que le coût de rentabilisation des albums chez les majors explosent [*2 ou *3 en 10 ans] là où chez les indépendants il stagne ou diminue....).
Encore une fois, c'est un problème de choix stratégique et économique.
Il faudrait voir à ne pas reprocher aux clients/consommateurs les choix douteux de l'industrie.
- Pour la fréquentation en salle nous sommes en plein accord. Il y a seulement transfert des salles rurales vers les multiplexes. Mais c'est justement parce que ce spectacle n'est pas réellement accessible aux tricheurs.
>> Non, c'est juste par un bête phénomène de transfert et de taille relative, qui est, entre autres, à l'origine de la loi qui limite la surface totale des super/hypers en France et par région pour protéger les commerces de sécurité, car on SAIT qu'il n'y à aucun rapport entre les coûts fixes et structurels de structures de cette taille par rapport aux gros du secteurs.
Et que donc ils tuent à petit feu les dits cinémas de "quartier".
Rajoute à cela le coup des abonnements, dont les cinémas de ville hors chaines sont souvent exclus, qui représentent une part non négligeable des revenus, et tu as ton explication des fermetures malgrs un secteur florissant.
- Quand le Vidéo-club propose son film "légal" il arrive plusieurs mois après les téléchargements "pirates". Tant pis pour lui???
>> Encore une fois, le client n'est pas à l'origine de la chronologie des médias, lui il aimerait pouvoir accéder facilement aux films en DVD/VoD dès la sortie en salle (comme aux USA, dans certains pays d'Europe, en Asie...), mais l'industrie cinématographique française s'y oppose totalement pour protéger son modèle économique actuel et dépassé, au lieu de trouver un moyen de l'aménager pour satisfaire ses clients en conservant son financement.
Ce n'est pas notre faute si un secteur ne sait pas s'adapter.
- La VOD représente moins de 1% du marché. Elle est quasiment inconnue en dehors des grandes villes. Elle
ne peut exister qu'avec la fin du téléchargement illicite et le dégroupage, pas avant plusieurs années en cambrousse.
>> Le dégroupage couvre quelquechose comme 90% du territoire et 95% de la population.
Il n'est pas nécessaire pour la VoD (ça rend juste un peu plus long de récupérer ton film).
Les problèmes de la VoD sont : les drm pourris qui provoquent des problèmes, les catalogues faméliques, le prix prohibitif.
Le fait de connaitre la VoD ou pas ne dépend pas de la localisation des clients. C'est beau, c'est le principe de la dématérialisation.
Et non, elle n'a pas besoin de la fin du piratage pour exploser, elle fait même partie des solutions au dl illégal.
Les downloders sauvages sont PRETS (et le font déjà) à payer un certain montant (parfois plus de 30$) tous les mois pour avoir accès à un catalogue fourni d'oeuvres (musique, films, séries, etc).
Ils le font quand ils payent pour des accès Newsgroups.
Certains le font (la plupart en pensant que c'est légal malheureusement) quand ils payent pour des sites de liens ou pour des sites de dl financés par abonnements/paypal/allopass.
L'industrie culturelle aurait très bien pu mettre elle-même en place ces systèmes (et peu encore, mais pas pour très longtemps), en fournissant elle-même tout son catalogue, encodé proprement (non pas en mp3 pourri en cbr d'il y a 15 ans...

), avec covers, lyrics, multipiste son et subs pour les films/séries, etc, à disposition, en utilisant des réseaux p2p et des sites de référencementbien fait et en garantissant un minimum de vitesse d'accès.
Le tout, soit financé par la pub (ça commence de nouveau à remarcher), soit par des abonnements que les gens sont prets, dans l'ensemble, à payer.
Mais il faut pour cela se débarrasser des DRM.
- La haute définition de la norme Blue ray ne sera pas disponible sur la toile avant 2018/2020. C'est la bonne réponse des professionnels aux amateurs du net.
>>
Ca, on y est pour rien.
On y est pour rien si l'industrie en est encore maintenant à croire que la "qualité" c'est encoder en mp3 moisi, avec des débits pourris, en utilisant les pires encodeurs qui ont 15 ans, ou des codecs vidéos mal foutus et que des amateurs qui font ça chez eux, et ripp/diffusent sur le net font beaucoup mieux.
J'ai quelques exemples en particulier de films/séries dont les versions du commerce en DVD sont de moins bonne qualité que les rips VHS retravaillés par des rippers amateurs... si ça c'est pas choquant.
Il faut traiter le p2p pour ce qu'il est, une bête concurrence (certains chez les majors commencent à le comprendre).
Il suffit de proposer mieux (aka plus de contenu, plus facile à trouver, plus rapide à récupérer, sans risques de choper des fakes/virus and co), pour un prix raisonnable (non, 1€ le titre pour du dématérialisé en format dégradé ce n'est pas raisonnable, pas plus que 4/5€ voir 9€ la vod même pas pour de la HD).
Mais ça ils ne comprennent pas.
-En trichant abondamment et sans vergogne, les internautes ont poussé les "ayant droit" dont je fais partie à trouver des ripostes implacables. On y arrive maintenant avec cette nouvelle loi. A la lecture de vos messages, je ne vois pas l'ombre d'un argument valable pour s'y opposer.
>>Des ripostes "implacables" ??? Tu me laisses quelques heures pour me plier en quatre de rire ?
Non mais honnêtement, il y a vraiment quelqu'un qui croit qu'il a une quelconque technique "anti-pirates" qui fonctionne et est "implacable" en ce moment ?
Non parce que ce mec faut que je l'invite jeudi soir, on fait un diner à la maison....
Le problème même vient du fait que toutes ces soit-disant "mesures", en plus d'être totalement inconstitutionnelles, de violer les libertés individuelles, d'être une porte ouverte à la censure, d'être anti-démocratique, etc etc, sont TOTALEMENT innefficace (il suffit d'ailleurs de voir à quel point les poursuites aux USA sont efficaces, une augmentation de plus de 30% de la population utilisant le p2p pour dl...

).
Encore une fois, surtout dans un secteur en mutation, l'économie dicte de travailler AVEC ses clients plutôt que contre, et de chercher à les satisfaire plutot qu'à se les aliéner.
C'est les BASES de l'économie et du marketing, mais les majors, qui n'ont jamais eu à faire ni l'un ni l'autre, ne le comprenne pas.
Rien que parce qu'elles sont inconstitutionnelles et une violation des droits inaliénables et des libertés individuelles, les lois votées et en cours de présentation doivent disparaître.
Ensuite, vouloir pénaliser ce qui n'est qu'un différent commercial entre deux entités privées est anormal, cela devrait se finir au civil ou au tribunal de commerce.
Enfin, je ne vois pas, encore une fois, pourquoi l'on devrait protéger et maintenir en vie une industrie qui refuse de s'adapter au marché (on n'a pas sauver la marine marchande à voile, ni les maréchaux-ferrants, ni les services de diligence à cheval).
Surtout que ces lois n'ont RIEN, mais alors RIEN, en leur sein qui soit une protection des artistes, mais juste renforcent le contrôle des majors sur le secteur, alors que c'est l'ennemi numéro Un des auteurs à l'heure actuelle...
Avida>>
La culture survivra parce que c'est un besoin.
Et on ne fera pas pire qu'à l'heure actuelle en terme de culture "fast-food" et "kleenex".
Les films/séries sont DEJA des catalogues de pub ambulantes (c'est d'ailleurs choquant qu'on nous les fasse payer EN PLUS), et dans le PIRE des cas (qui se profile déjà en partie), cela deviendra des produits d'appels pour les fournisseurs de services (FAI, Opérateurs Télécoms, ...).
Ce sera juste les majors qui disparaîtront.
Et sinon, le secteur du cinéma a à peu près autant de retard que celui de la musique dans la réaction, et réagit toujours en essayant de protéger son modèle de dinosaure au lieu de s'adapter aux nouveaux usages et au marché.
Encore une fois, c'est une bête loi économique (ça s'appelle le capitalisme et le libéralisme économique, et c'est bizarre mais les majors et les industries culturelles s'en réclament depuis 100 ans... mais maintenant que ça leur est défavorable ils veulent s'y opposer. Hypocrites).