Service de revente de fichiers musicaux d'occasion, ReDigi a l'intention de se lancer en Europe malgré les pressions exercées par l'industrie du disque.

Apparu en 2011, ReDigi est un service américain qui veut développer un marché de l'occasion pour les morceaux de musique. Pour cela, la plateforme permet aux internautes de revendre leurs fichiers numériques qui ont été achetés légalement dans les magasins de musique en ligne. Et comme il est question d'occasion, les prix pratiqués sont moins élevés que ceux qu'on retrouve dans les boutiques légales.

Comme le remarque le blog 1709, ReDigi a l'intention de développer son activité en Europe. Sur le site officiel, il est indiqué "qu'en raison d'une demande conséquente, les amateurs de musique en Europe seront bientôt en mesure d'acheter et de vendre des fichiers musicaux d'occasion sur ReDigi". Dès maintenant, les plus impatients peuvent solliciter une invitation en renseignant leur identifiant et leur mail.

Le lancement de ReDigi en Europe survient dans un contexte particulier, car l'industrie du disque voit d'un mauvais œil ce type d'offre. L'un des labels d'EMI, Capitol Records, a d'ailleurs engagé une action en justice contre ReDigi pour l'empêcher de revendre des fichiers musicaux acquis légalement. Le label réclame la fermeture du site et 150 000 dollars de dédommagement par fichier contrefait lui appartenant.

En Europe, ReDigi va très certainement s'appuyer sur un arrêt rendu par la Cour de justice de l'Union européenne pour prendre pied sur le Vieux Continent. Cet arrêt concerne l'épuisement du droit exclusif de distribution des titulaires de droits d'auteur. En particulier, l'arrêt interdit aux ayants droit de s'opposer à la revente d'un contenu téléchargé légalement, même si le contrat de licence dit le contraire.

"Lorsque le titulaire du droit d'auteur met à la disposition de son client une copie – qu'elle soit matérielle ou immatérielle – et conclut en même temps, contre paiement d'un prix, un contrat de licence accordant au client le droit d'utiliser cette copie pour une durée illimitée, ce titulaire vend cette copie au client et épuise ainsi son droit exclusif de distribution", a écrit notamment la cour.

En outre, les juges s'opposent aux tentatives des ayants droit "d'exiger à l'occasion de chaque revente, une nouvelle rémunération alors que la première vente de la copie concernée aurait déjà permis audit titulaire d'obtenir une rémunération appropriée". Ce verdict avait été prononcé dans le cadre d'une affaire impliquant la revente d'un logiciel téléchargeable.

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